Monseigneur Viganò : Traditionis Custodes contient des « erreurs canoniques grossières », est « illégitime et invalide ».

Monseigneur Viganò : Traditionis Custodes contient des « erreurs canoniques grossières », est « illégitime et invalide ».

(Ma traduction) Source : Lifesitenews


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Lun Jan 3, 2022 – 2:41 pm EST
(LifeSiteNews) – En lisant les Responsa ad Dubia récemment publiées par la Congrégation pour le culte divin, on se demande à quels niveaux abyssaux la Curie romaine a pu descendre pour devoir soutenir Bergoglio avec une telle servilité, dans une guerre cruelle et impitoyable contre la partie la plus docile et fidèle de l’Église. Jamais, au cours des dernières décennies d’une crise très grave dans l’Église, l’autorité ecclésiastique ne s’est montrée aussi déterminée et sévère : elle ne l’a pas fait avec les théologiens hérétiques qui infestent les universités pontificales et les séminaires ; elle ne l’a pas fait avec le clergé et les prélats fornicateurs ; elle ne l’a pas fait en punissant de manière exemplaire les scandales des évêques et des cardinaux. Mais contre les fidèles, les prêtres et les religieux qui ne demandent qu’à pouvoir célébrer la Sainte Messe tridentine, aucune pitié, aucune miséricorde, aucune inclusivité. Fratelli tutti ?

Jamais comme sous ce « pontificat » l’abus de pouvoir par l’autorité n’a été aussi perceptible, pas même lorsque deux mille ans de lex orandi ont été sacrifiés par Paul VI sur l’autel de Vatican II, imposant à l’Église un rite aussi équivoque qu’hypocrite. Cette imposition, qui comprenait l’interdiction de célébrer dans l’ancien rite et la persécution des dissidents, avait au moins l’alibi de l’illusion qu’un changement améliorerait peut-être les chances du catholicisme face à un monde de plus en plus sécularisé.

Aujourd’hui, après cinquante ans de terribles désastres et quatorze ans de Summorum Pontificum, cette faible justification n’est non seulement plus valable, mais elle est répudiée dans son inconsistance par l’évidence des faits. Toutes les nouveautés apportées par le Concile se sont avérées néfastes ; elles ont vidé les églises, les séminaires et les couvents ; elles ont détruit les vocations ecclésiastiques et religieuses ; elles ont vidé les catholiques de tout élan spirituel, culturel et civil ; elles ont humilié l’Église du Christ et l’ont confinée aux marges de la société, la rendant pathétique dans sa tentative maladroite de plaire au monde. Et vice-versa, depuis que Benoît XVI a essayé de guérir ce vulnus en reconnaissant les pleins droits à la liturgie traditionnelle, les communautés liées à la Messe de Saint Pie V se sont multipliées, les séminaires des Instituts Ecclesia Dei se sont développés, les vocations ont augmenté, la fréquence de la fréquentation des fidèles a augmenté, et la vie spirituelle de nombreux jeunes et de nombreuses familles a trouvé un élan inattendu.

Quelle leçon aurait-il fallu tirer de cette  » expérience de la Tradition  » invoquée à l’époque également par Mgr Marcel Lefebvre ? La leçon la plus évidente et en même temps la plus simple de toutes : ce que Dieu a donné à l’Église est destiné au succès, et ce que l’homme y ajoute s’effondre misérablement. Une âme non aveuglée par la fureur idéologique aurait reconnu l’erreur commise, en essayant de réparer les dégâts et de reconstruire ce qui a été détruit entre-temps, de restaurer ce qui a été abandonné. Mais cela exige de l’humilité, un regard surnaturel et une confiance dans l’intervention providentielle de Dieu. Cela exige aussi de la part des pasteurs la conscience d’être des intendants des biens du Seigneur, et non des maîtres : ils n’ont pas le droit d’aliéner ces biens, ni de les cacher, ni de les remplacer par leurs propres inventions ; ils doivent se limiter à les garder et à les mettre à la disposition des fidèles, sine glossa, avec la pensée constante de devoir répondre devant Dieu de chaque brebis et de chaque agneau de son troupeau. L’Apôtre avertit : « Hic iam quæritur inter dispensatóres, ut fidélis quis inveniátur » – « Ici maintenant, il est exigé parmi les dispensateurs, qu’un homme soit trouvé fidèle » (1 Co 4, 2).

Les Responsa ad Dubia sont cohérentes avec la Traditionis Custodes, et clarifient la nature subversive de ce « pontificat », dans lequel le pouvoir suprême de l’Église a été usurpé afin d’obtenir un but diamétralement opposé à celui pour lequel Notre Seigneur a constitué en autorité les pasteurs sacrés et son Vicaire sur terre. C’est un pouvoir indocile et rebelle contre Celui qui l’a institué et qui le légitime, un pouvoir auquel on croit fide solutus, pour ainsi dire, selon un principe intrinsèquement révolutionnaire et donc hérétique. Ne l’oublions pas : la Révolution se réclame d’un pouvoir qui se justifie par le seul fait d’être révolutionnaire, subversif, conspirateur et antithétique au pouvoir légitime qu’il entend renverser ; un pouvoir qui, dès qu’il en vient à remplir des rôles institutionnels, s’exerce avec un autoritarisme tyrannique, précisément parce qu’il n’est ratifié ni par Dieu ni par le peuple.

Permettez-moi de souligner un parallèle entre deux situations apparemment déconnectées. De même que, face à la pandémie, on refuse les traitements efficaces en imposant un « vaccin » inutile qui est en réalité nuisible et même mortel, de même la Messe tridentine, le vrai médicament de l’âme, a été coupablement refusée aux fidèles à un moment de très grave pestilence morale, en la remplaçant par le Novus Ordo. Les médecins manquent à leur devoir, alors que les traitements sont facilement disponibles, et imposent au contraire aux malades comme aux bien portants un sérum expérimental, qu’ils s’obstinent à administrer malgré l’évidence de sa totale inefficacité et de ses nombreux effets indésirables. De même, les prêtres, médecins de l’âme, trahissent leur mandat, alors qu’il existe un « médicament » infaillible, testé depuis plus de deux mille ans, et qu’ils font tout pour empêcher ceux qui ont expérimenté son efficacité de l’utiliser pour guérir du péché. Dans le premier cas, les défenses immunitaires du corps sont affaiblies ou annulées afin de créer des malades chroniques qui seront dépendants des entreprises pharmaceutiques ; dans le second cas, les défenses immunitaires de l’âme sont compromises par une mentalité mondaine et par l’annulation de la dimension surnaturelle et transcendante, afin de laisser les âmes sans défense face aux assauts du Diable. Et cela vaut comme réponse à ceux qui prétendent affronter la crise religieuse sans considérer la crise sociale et politique qui lui est parallèle, parce que c’est précisément la double nature de cette attaque qui la rend si terrible et révèle qu’elle est guidée par un seul et même esprit criminel.

Je ne veux pas m’étendre sur le bien-fondé des délires des Responsa : il suffit de connaître la ratio legis pour pouvoir rejeter Traditionis Custodes comme un document idéologique et partisan, rédigé par des personnes vindicatives et intolérantes, pleines d’ambition vaine et d’erreurs canoniques grossières, avec l’intention d’interdire un rite canonisé par deux mille ans de saints et de pontifes et d’imposer à sa place un rite fallacieux, copié sur les luthériens et rafistolé par les modernistes, qui en cinquante ans a causé un terrible désastre au corps ecclésial et qui, précisément en raison de son efficacité dévastatrice, ne peut admettre aucune exception. Ici, il n’y a pas seulement faute : il y a aussi malice et double trahison du Législateur divin et des fidèles.

Les évêques, les prêtres, les religieux et les laïcs se retrouvent une fois de plus à devoir choisir leur camp : soit avec l’Église catholique et sa doctrine bimillénaire et immuable, soit avec l’Église conciliaire et bergoglienne, avec ses erreurs et ses rites sécularisés. Et cela se passe dans une situation paradoxale où l’Église catholique et sa contrefaçon coïncident dans la même Hiérarchie, à laquelle les fidèles sentent qu’ils doivent obéir comme expression de l’autorité de Dieu et en même temps ils doivent désobéir comme traîtres et rebelles.

Il est vrai qu’il n’est pas facile de désobéir au tyran : ses réactions sont impitoyables et cruelles ; mais bien pires ont été les persécutions subies au cours des siècles par les catholiques qui se sont trouvés confrontés à l’arianisme, à l’iconoclasme, à l’hérésie luthérienne, au schisme anglican, au puritanisme de Cromwell, au sécularisme maçonnique de la France et du Mexique, au communisme soviétique, au communisme en Espagne, au Cambodge, en Chine… Combien d’évêques et de prêtres martyrisés, emprisonnés, exilés ? Combien de religieux massacrés ? Combien d’églises profanées ? Combien d’autels détruits ? Et pourquoi tout cela est-il arrivé ? Parce que les ministres sacrés n’ont pas voulu renoncer au trésor le plus précieux que Notre Seigneur nous a donné : la Sainte Messe. La Messe qu’Il a appris aux Apôtres à célébrer, que les Apôtres ont transmis à leurs successeurs, que les Papes ont gardée et restaurée, et qui a toujours été au centre de la haine infernale des ennemis du Christ et de l’Eglise. Penser que cette même Sainte Messe, pour laquelle les missionnaires envoyés en terre protestante ou les prêtres emprisonnés dans les goulags ont risqué leur vie, est aujourd’hui interdite par le Saint-Siège est une cause de douleur et de scandale, ainsi qu’une offense aux martyrs qui ont défendu cette Messe jusqu’à leur dernier souffle. Mais ces choses ne peuvent être comprises que par ceux qui croient, qui aiment et qui espèrent. Seulement par ceux qui vivent de Dieu.

Ceux qui se limitent à émettre des réserves ou des critiques sur la Traditionis Custodes et les Responsa tombent dans le piège de l’adversaire, car ils reconnaissent ainsi la légitimité d’une loi illégitime et invalide, voulue et promulguée dans le but d’humilier l’Église et ses fidèles, pour contrarier les « traditionalistes » qui n’osent rien de moins que s’opposer aux doctrines hétérodoxes condamnées jusqu’à Vatican II, qu’elle a fait siennes et qui sont devenues aujourd’hui la devise du pontificat bergoglien. Traditionis Custodes et les Responsa doivent tout simplement être ignorés, renvoyés à l’expéditeur. Ils doivent être ignorés car il est clair que leur intention est de punir les catholiques qui restent fidèles, de les disperser, de les faire disparaître.

Je suis consterné par la servilité de tant de cardinaux et d’évêques qui, pour plaire à Bergoglio, foulent aux pieds les droits de Dieu et les âmes confiées à leurs soins, et qui mettent un point d’honneur à montrer leur aversion pour la liturgie « préconciliaire », estimant mériter les éloges publics et l’approbation du Vatican. C’est à eux que s’adressent les paroles du Seigneur : « Vous vous estimez justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs : ce qui est élevé devant les hommes est détestable devant Dieu » (Lc 16, 15).

La réponse cohérente et courageuse face à un geste tyrannique de l’autorité ecclésiastique doit être la résistance et la désobéissance à un ordre inadmissible. Se résigner à accepter cette énième oppression signifie ajouter un précédent à la longue série d’abus tolérés jusqu’à présent, et se rendre responsable, par sa propre obéissance servile, du maintien d’un pouvoir comme une fin en soi.

Il est nécessaire que les évêques, successeurs des Apôtres, exercent leur autorité sacrée, dans l’obéissance et la fidélité à la Tête du Corps mystique, pour mettre fin à ce coup d’État ecclésiastique qui s’est produit sous nos yeux. L’honneur de la papauté l’exige, qui est aujourd’hui exposée au discrédit et à l’humiliation par celui qui occupe le trône de Pierre. Le bien des âmes l’exige, dont le salut est le suprema lex de l’Église. La gloire de Dieu l’exige, à l’égard de laquelle aucun compromis n’est tolérable.

L’archevêque polonais Mgr Jan Paweł Lenga a dit que c’est le moment d’une contre-révolution catholique, si nous ne voulons pas voir l’Église sombrer sous les hérésies et les vices des mercenaires et des traîtres. La promesse du Non prævalebunt n’exclut pas le moins du monde une action courageuse et ferme ; au contraire, elle demande et exige une telle action de la part des évêques et des prêtres, mais aussi des laïcs, qui n’ont jamais été autant traités comme des sujets qu’aujourd’hui, malgré les appels futiles à l’actuosa participatio et à leur rôle dans l’Église. Constatons-le : le cléricalisme a atteint son apogée sous le  » pontificat  » de celui qui, hypocritement, ne fait que le stigmatiser.

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