La France déploie la police militaire dans les îles des Caraïbes en raison de l’agitation suscitée par l’obligation de se faire vacciner

La France déploie la police militaire dans les îles des Caraïbes en raison de l’agitation suscitée par l’obligation de se faire vacciner

Le gouvernement français a déployé la police militaire sur les îles antillaises de la Martinique et de la Guadeloupe dans le cadre d’une intensification des protestations contre l’obligation de se faire vacciner contre le COVID-19 et d’autres restrictions liées à la pandémie.

Après plusieurs semaines de troubles et de violentes protestations contre les mesures du COVID-19 – notamment l’obligation vaccinale pour les personnels de santé – des renforts de police ont été envoyés mardi dans les territoires français des Caraïbes.

La vaccination obligatoire des personnels de santé, une mesure déjà introduite sur le continent français, avait alimenté le ressentiment de la population des îles.

Sébastien Lecornu, le ministre français des outre-mer, a déclaré que 70 gendarmes étaient arrivés en Martinique plus tôt dans la journée, en plus de deux escadrons déployés à l’improviste depuis la métropole, pour aider à lever les barrages routiers.

Le ministre français des Outre-mer Sébastien Lecornu parle alors qu’il assiste à une conférence de presse lors de sa visite officielle à Fort-de-France sur l’île française des Caraïbes de la Martinique, le 30 novembre 2021. (Alain Jocard/AFP via Getty Images)

« Le dialogue social n’est pas possible sans une base solide et cette base solide, c’est le rétablissement des libertés (…) et notre capacité à rétablir l’ordre », a déclaré M. Lecornu lors d’une conférence de presse en Martinique après avoir rencontré ses dirigeants et ses syndicats.

En Guadeloupe, où vivent quelque 400 000 personnes, 70 renforts de police ont été envoyés mardi, ainsi que 10 membres supplémentaires de l’équipe SWAT, afin de renforcer la sécurité, a indiqué M. Lecornu

Des manifestants brandissent des drapeaux de la Confédération générale du travail de la Guadeloupe (CGTG) alors qu’ils manifestent contre la vaccination obligatoire devant la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre, dans l’île française de la Guadeloupe, dans les Caraïbes, le 29 novembre 2021. (Christophe Archambault/AFP via Getty Images)

La gestion des crises sanitaires par le gouvernement suscite une méfiance historique en Guadeloupe, après que de nombreuses personnes ont été systématiquement exposées aux pesticides toxiques utilisés dans les bananeraies dans les années 1970. Les manifestants ont insisté sur le fait qu’ils devraient être autorisés à faire leurs propres choix en matière de traitement médical.

Les protestations se poursuivent, bien que Paris ait déclaré la semaine dernière qu’elle reporterait l’obligation de vaccination contre le COVID-19 pour les travailleurs du secteur public, en raison de l’ampleur des protestations.

L’obligation de vaccination et les autres restrictions liées au COVID-19 ont attisé des griefs de longue date concernant le niveau de vie et les relations entre les îles françaises des Caraïbes et Paris.

Le président français Emmanuel Macron a qualifié les troubles actuels de situation « explosive ».

Le président français Emmanuel Macron au palais de l’Élysée à Paris, en France, le 27 août 2021. (Benoit Tessier/Reuters)

Plus de trois douzaines de manifestants ont été interpellés la semaine dernière en Guadeloupe, tandis que de nombreux témoignages font état de pillages et d’individus érigeant des barricades dans les rues pour ralentir la circulation.

La situation reste « très difficile » en Guadeloupe, a déclaré mardi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à la radio France Inter. « Il y a encore des scènes d’extrême violence avec des forces de police qui se font tirer dessus avec de vraies munitions », a-t-il ajouté.

La semaine dernière, des journalistes de la télévision française, des agences de presse et de photo ont été agressés, a indiqué le groupe de médias Altice dans un communiqué.

En Martinique, une île de 375 000 habitants, des manifestants auraient tiré sur des policiers et des pompiers, selon l’Agence France-Presse. Les autorités locales ont déclaré qu’un policier a été gravement blessé et a dû être opéré.

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