Les professionnels de la PMA se préparent à l’entrée en vigueur de la loi …. Prions car comme catholique, on ne peut pas accepter la PMA

Les professionnels de la PMA se préparent à l’entrée en vigueur de la loi

Analyse

Olivier Véran recevait, mardi 14 septembre, les professionnels de la médecine reproductive. Le ministre de la santé a précisé certains points de la loi de bioéthique.

Les professionnels de la PMA se préparent à l’entrée en vigueur de la loi
Olivier Véran a précisé certains points de la loi de bioéthique. Ici, le 7 septembre 2021.CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP

La réforme de la procréation médicalement assistée (PMA) et son extension aux femmes célibataires ou en couple homosexuel doivent être mises en place de façon « totale et rapide ». C’est le vœu du ministre de la santé, Olivier Véran, qui recevait, mardi 14 septembre en visioconférence, les professionnels des différents centres spécialisés en médecine de la reproduction.

→ ANALYSE. Loi de bioéthique : votée, l’extension de la PMA s’annonce délicateiPourquoi lire La Croix ?La Croix vous explique, avec lumière et clarté, le monde qui vous entoure, afin que vous puissiez bâtir votre opinion.+

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Au programme de la rencontre : faire le point sur les nouvelles mesures et leur application à venir. « Depuis la promulgation de la loi, le 2 août dernier, nous sommes prêts à nous mettre en ordre de marche. Manquaient encore certains détails pratiques et législatifs », précise Mikaël Agopiantz, chef de service de médecine de la reproduction au CHRU de Nancy.Newsletters La CroixiL’édition de 19H

1 000 demandes attendues, 3 500 déjà reçues

Alors que les décrets d’application de la loi de bioéthique n’ont pas encore été publiés (ils sont actuellement examinés par le Conseil d’État), de nombreux centres à Marseille, Toulouse ou Nantes, ont anticipé en accueillant en consultations de futures nouvelles bénéficiaires. « L’idée est d’éviter de se retrouver débordés par le flot des demandes, le jour J », explique Mikaël Agopiantz.

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D’autant que les sollicitations dépassent les estimations. « Les centres ont plusieurs nouvelles demandes par jour », assure Catherine Guillemain, la présidente de la Fédération des Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos).

Le ministère de la santé tablait sur 1 000 demandes supplémentaires en 2021. Environ 3 500 ont déjà été recensées. Résultat : des gynécologues ont « commencé certains examens médicaux, comme le contrôle des réserves ovariennes », explique Catherine Guillemain.

Accès à la PMA, l’âge en question

Des questions restent néanmoins en suspens. Parmi elles, celle de la limite d’âge : âge maximal des patients (actuellement, la sécurité sociale rembourse la procédure jusqu’aux 43 ans de la future mère), mais aussi âge minimum. « Si une célibataire de 19 ans vient demander une PMA, comme l’y autorise désormais la loi, faut-il accepter sa demande ? La question pourrait faire débat dans nos équipes », s’interrogeaient ainsi, au moment de l’adoption de la loi, des médecins contactés par La Croix

Un premier décret d’application publié fin septembre spécifiera cette question. Il précisera également la composition des équipes clinico-biologiques chargées d’examiner les demandes, qui ne sont pas toutes acceptées. « Il pourrait, en plus des médecins, des biologistes, des psychologues, déjà présents dans les équipes actuelles, y avoir également des assistantes sociales », cite Mikaël Agopiantz. Ceci afin de mesurer la solidité du projet parental.

Des difficultés en vue

Sera-t-il seulement possible de répondre correctement aux demandes ? Pour les PMA avec donneurs, les futurs parents doivent aujourd’hui attendre entre 6 et 18 mois selon les endroits, et les donneurs manquent. Or, aucun délai d’attente ne devra désormais dépasser « les six mois », a fixé Olivier Véran devant les professionnels.

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Un objectif « ambitieux », estime Catherine Guillemain, qui attend beaucoup de la campagne de recrutement lancée, en octobre prochain, par l’Agence de biomédecine pour trouver des donneurs de gamètes. « Nous suivrons ces objectifs si la campagne porte ses fruits et… si les moyens sont là, car nous allons avoir besoin de matériel et de personnel : gynécologues, psychologues, administratifs, etc. »

Le gouvernement annonce un investissement de 8 millions d’euros jusqu’en 2023. Un observatoire de suivi devrait aussi être installé. « Malgré toute notre bonne volonté, je doute que les premières grossesses soient lancées avant le début de l’année prochaine », prévient Catherine Guillemain, qui anticipe de premiers mois « compliqués ».

https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/professionnels-PMA-preparent-lentree-vigueur-loi-2021-09-14-1201175401