Livre sur le paradis – Chapitre 1

Did the Old Testament teach about heaven after death - induced.info

CHAPITRE 1

Quand les saints anges nous rencontrent,
Alors que nous allons rejoindre leur groupe,
Connaîtrons-nous les amis qui nous accueillent
Dans ce paradis céleste glorieux?
Verrons-nous ces mêmes yeux briller sur nous
Comme autrefois?
Sentirons-nous leurs chers bras nous étreindre
Tendrement comme avant ?
Allons-nous nous reconnaître là-bas ?

  • Rev. R. Lowry

J’étais à plusieurs centaines de kilomètres de la maison et de mes amis, et j’étais malade depuis plusieurs semaines. J’étais entourée de personnes étrangères, et mon seul accompagnateur, bien que de bonne humeur, ne connaissait rien des devoirs des soins d’un malade ; par conséquent, je n’ai bénéficié d’aucune de ces attentions délicates, nécessaires, pouvant aider un malade à maintenir ses propres forces. Je n’avais pris aucune nourriture d’aucune sorte depuis près de trois semaines, à peine de l’eau, et j’étais considérablement réduite en chair et en os si bien que ma conscience semblait parfois m’abandonner. J’avais un désir inexprimable de la présence de mes bien-aimés ; pour le toucher doux et les mots d’amour et de courage qu’auraient pu me chuchoter mes bien-aimés ; mais ils ne sont jamais venus – ils ne pouvaient pas. Je ne voulais pas qu’ils se déplacent, souvent de très loin, parce que je ne souhaitais pas qu’ils se sentent obligés de laisser tomber leur responsabilité.

J’étais étendue dans une grande pièce, au deuxième étage d’une maison à Kentville. Mon lit se trouvait dans un coin à une extrémité de l’appartement, à côté d’un grand vitrail qui s’ouvrait sur une véranda donnant sur la rue. Pendant la plupart du temps de ma maladie, j’étais étendue en face de cette fenêtre, tournant le dos à la pièce. Je me rappelle avoir pensé à quel point il serait facile de passer au travers de la fenêtre de la véranda si on le désirait.

Lorsque, le désir de voir les visages de mes bien-aimés lointains devenait insupportable, je priais que le Christ aimé m’aide à sentir sa présence bénie ; et puisque mes bien-aimés de ce monde ne pouvaient pas prendre soin de moi, je le suppliais de pouvoir ressentir la présence des autres chers qui sont « tous des esprits serviteurs ». En particulier, j’ai demandé leur soutien dans le cas où je serai amenée à traverser, seule, les eaux sombres. Ce n’était pas une prière légère et la réponse fut venue aussitôt. Toutes les inquiétudes et les soucis se sont évaporés, comme un vêtement usé, et la paix du Christ m’a enveloppé. J’étais prête à attendre que Dieu choisisse le moment pour la venue des miens et je me suis dit plus d’une fois « sinon ici, ce sera là ; il n’y a aucune crainte de déception là-bas.” En ces jours merveilleux de souffrance angoissante et de grande paix, j’ai senti que j’avais vraiment trouvé, comme jamais auparavant, le refuge des « Bras Éternels.» Ils m’élevèrent; ils me portèrent; ils m’enveloppèrent. Je me reposais dans eux, comme un enfant fatigué dans le sein de sa mère.

What Will Heaven Be Like? | Christian Bible Studies

Un matin sombre, froid et venteux, après un jour et une nuit d’intense souffrance, je pensais que j’étais debout sur le sol près du lit, devant le vitrail. Quelqu’un était près de moi et, lorsque je regardai, je vis que c’était le frère préféré de mon mari qui avait « traversé le déluge, » il y a plusieurs années.

« Mon cher beau-frère Frank! » ai-je crié joyeusement, « que tu es gentil de venir! »
« C’était une immense joie pour moi que je puisse le faire, petite sœur » dit-il gentiment.

« On y va maintenant ? » et il m’a attiré vers la fenêtre.J’ai tourné ma tête et j’ai regardé en arrière dans la pièce que, je sentais, j’étais sur le point de quitter pour toujours. Tout était dans le bon ordre habituel : une pièce gaie et belle. Mon accompagnateur s’est assis près du poêle à l’extrémité, bien installé avec un journal et sur le lit, gisait une forme blanche et immobile, tournée vers la fenêtre avec l’ombre d’un sourire sur un visage fatigué. Mon beau-frère m’a attiré gentiment et j’ai cédé, en passant avec lui au travers de la fenêtre, sur la véranda; et de là, de manière inexplicable, jusqu’en bas dans la rue. Là, je me suis arrêtée et j’ai dit sincèrement :« Je ne peux pas laisser Will et notre cher fils. »«Ils ne sont pas ici, mais à des centaines de kilomètres d’ici, » m’a-t-il répondu avec un ton rassurant.« Oui, je sais, mais ils viendront ici. Mais, Frank, ils auront besoin de moi – laisses-moi rester! » ai-je supplié. « Ça ne vaudrait pas mieux que je te ramène un peu plus tard – après qu’ils soient arrivés? » dit-il avec un gentil sourire.« Le ferais-tu vraiment ? » lui demandai-je.« Oui, si tu le désires vraiment. Tu es épuisée par la longue souffrance, et un petit repos te donnera une nouvelle force.

Je sentis qu’il avait raison au fond de moi. Nous avons commencé alors lentement à marcher dans la rue. Il avait attiré ma main sur son bras, et essayé de me parler d’autre chose, comme nous marchions. Mais mon cœur s’accrocher à mes aimés auxquels je pensais que je ne reverrais sur terre et à plusieurs reprises je me suis arrêtée à regarder avec nostalgie le chemin derrière nous. Frank était très patient et doux avec moi, attendant toujours pour continuer le chemin jusqu’à ce que je sois prête, mais à la fin mon hésitation était si grande qu’il dit gentiment :

Tu es si faible, je pense que je ferais mieux de te porter, » et sans attendre une réponse, il s’est abaissé et m’a prise dans ses bras, comme si j’étais un petit enfant; et, comme un enfant, j’ai cédé, reposant ma tête sur son épaule, et j’ai posé mon bras autour de son cou. Je me sentais si en sécurité, si heureuse, de bénéficier de sa protection. Cela semblait si doux, après la longue lutte solitaire, d’avoir quelqu’un qui, s’occupe enfin de moi avec autant tendresse.

Il marchait d’un pas ferme et rapide, et je pense que j’ai dû dormir car je me suis retrouvée assise dans un coin abrité, fait d’arbustes, sur le gazon le plus doux et le plus beau avec des fleurs odorantes, beaucoup d’entre elles étaient des fleurs que j’avais connues et aimées sur terre. Je me souviens remarquer l’héliotrope, les violettes, les lis de la vallée et la mignonnette, mais aussi d’autres espèces de même nature mais que je ne connais pas du tout. Mais même dans ce premier moment, j’ai noté à quel point chaque plante et fleur était parfaite à sa manière.

Par exemple : l’héliotrope, qui, chez nous pousse dans de longues tiges rugueuses, ici, il poussait sur des tiges courtes et lisses et chaque feuille était parfaite, lisse et brillante au lieu d’être rugueuse et grossière et les fleurs à peine écloses de l’herbe profonde, tellement comme du velours, avec un aspect soyeux, doux et beau, comme pour inviter le promeneur à les admirer.

Et quelle vue contemplais-je en me reposant sur ce tapis, doux et parfumé, isolé et mais pas caché! J’ai réalisé que, loin, loin, ce tapis de gazon parfait, composé de fleurs s’étalait au-delà des limites de ma vision. Ici, poussaient des arbres tout aussi merveilleux dont les branches tombantes étaient chargées de fleurs délicates et de fruits de toutes sortes. Je me suis souvenue de la vision de Saint Jean à l’île de Patmos, avec « l’arbre de vie, » qui grandit au milieu du jardin, portant «douze sortes de fruits, dont les feuilles étaient utilisées essentiellement pour la guérison des nations. »

En dessous des arbres, il y avait de nombreux groupes d’enfants heureux, riant et jouant, qui courraient avec joie en attrapant dans leurs petites mains les oiseaux aux ailes brillantes qui volaient autour d’eux, comme pour partager leurs sports. C’était probablement le cas. Partout dans le parc, les personnes âgées marchaient, parfois en groupes, parfois à deux, parfois seules, mais toutes avec un air de paix et joie qui s’est fait sentir même par moi qui était étrangère.

Tous étaient vêtus en blanc impeccable, bien que beaucoup portaient sur eux ou bien dans leurs mains des bouquets de fleurs. Comme je regardais leurs visages heureux et leurs robes impeccables, je pensais « ceux sont eux qui ont lavé leurs robes puis les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. »

Partout où je regardais, j’ai vu, à moitié caché par les arbres, des maisons élégantes et belles à l’architecture étrangement attrayante qui me laissaient à penser que les habitants étaient heureux dans ce lieu enchanté. J’ai aperçu des fontaines scintillantes dans de nombreuses directions et, près de moi, coulait une rivière paisible et avec une eau claire comme du cristal. Les chemins qui parcouraient le parc m’apparaissaient être – et je l’ai confirmé ensuite – des pierres à l’image de perles impeccables et pures, bordées de chaque côté par d’étroits ruisseaux d’eau translucide qui passaient au-dessus des pierres d’or. La seule pensée qui s’est imposée à moi alors que je regardais, essoufflée et sans voix, sur cette scène était « Pureté, pureté ! » ; pas la moindre poussière, pas de parasites, pas de champignon ou tâche sur les fruits ni les fleurs. Tout était parfait, tout était pur. L’herbe et les fleurs avaient l’air d’être fraîchement lavées par les ondées d’été et pas une seule herbe n’était d’une couleur autre qu’un vert étincelant. L’air était doux et tempéré bien que revigorant et, à la place de la lumière du soleil, il y avait partout un soleil rougeoyant doré et rose, quelque chose comme la rémanence d’un coucher de soleil en plein été.

Comme j’ai pris mon souffle, halètement rapide de plaisir, j’ai entendu mon beau-frère, qui se tenait à côté de moi, me dire doucement : « et alors ? » et levant les yeux, j’ai découvert qu’il était en train de me regarder avec un plaisir. J’avais à ma grande surprise, entièrement oublié sa présence. Rappelée à moi-même par cette question, j’ai vacillé :
« Oh, Franck, que je » quand un irrésistible sens de la bonté de Dieu et de ma propre faiblesse m’a balayée au point que j’ai laissé tomber mon visage entre mes mains, et j’ai éclaté en sanglots incontrôlables et très humains.
« Ah ! » dit mon beau-frère sur un ton d’auto reproche, « Je n’ai pas été soucieux envers toi. » Et me soulevant doucement sur mes pieds, il a dit, « Viens, je veux te montrer la rivière. »
Lorsque nous avons atteint le bord de la rivière, à quelques pas, j’ai vu que la belle pelouse continuait même jusqu’au bord de l’eau et à certains endroits j’ai vu des fleurs qui fleurissaient paisiblement dans les profondeurs parmi les galets multicolores dont tout le lit de la rivière est couvert.


« Je veux que tu vois ces magnifiques galets » dit mon beau-frère, entrant dans l’eau et me pressant de faire de même.
J’hésitais, disant, « je craints qu’il fasse froid. »
« Pas du tout » dit-il avec un sourire rassurant. « Viens. »
« Comme je suis ?» dis-je, regardant ma jolie robe, qui, à ma grande joie, me semblait similaire à ceux des habitants de cet endroit heureux.
“Comme tu es! » rajouta-t-Il avec encore un sourire rassurant.
Ainsi encouragée, je suis entrée dans la « rivière qui coule doucement » et à ma grande surprise j’ai trouvé l’eau, en température et en densité, presque identique avec l’air. Au fur et à mesure, la rivière devenait de plus en plus profonde, jusqu’à ce que je sente les ondulations douces touchant ma gorge. Comme je me suis arrêtée, mon frère m’a dit, «
Un peu plus loin encore. »
« Ça va au-dessus de ma tête. » ai-je lancé.
« Bien et quoi alors ? »
« Je ne peux pas respirer sous l’eau- je vais me noyer. »

Un scintillement amusé est apparu dans ses yeux, bien qu’il ai dit sobrement, « nous ne faisons pas ces choses-là ici. »

J’ai réalisé l’absurdité de ma position, et avec un rire joyeux j’ai dit, « Eh bien, allons-y» et j’ai plongé directement dans l’eau claire qui rapidement ondulait à plusieurs centimètres au-dessus de ma tête. À ma surprise et mon délice, j’ai découvert que je pouvais non seulement respirer, mais rire et parler, voir et entendre, aussi naturellement sous l’eau comme au-dessus. Je me suis assise, entourée des galets multicolores et je les ai pris dans mes mains comme un enfant l’aurait fait. Mon beau-frère s’est allongé sur les galets, comme il l’aurait fait sur la pelouse verte, puis, il ria et parla joyeusement avec moi.
« Fais ça, » dit-il, se frottant ses mains sur son visage, passant ses doigts dans ses cheveux noirs.

J’ai fait ce qu’il m’a dit et la sensation était délicieuse. J’ai retroussé mes manches amples et ai frotté mes bras, puis ma gorge et encore une fois ai enfoncé mes doigts dans mes longs cheveux lâchés, pensant dans quelle confusion ce serait quand je serais partie de l’eau. Au moment où nous nous sommes enfin levés pour sortir de l’eau, je me demandais: «Que devons-nous faire pour les serviettes? » car les pensées de ma vie terrestre s’accrochaient encore; et je me suis demandée si la jolie robe n’était pas entièrement salie. Mais, alors que nous nous approchions du rivage et que ma tête émergeait une fois de plus de l’eau, au moment où l’air frappa mon visage et mes cheveux, j’ai réalisé que je n’aurais pas besoin de serviette ni de brosse. Ma chair, mes cheveux et même mes beaux vêtements étaient doux et secs comme avant que l’eau ne les touche; le tissu dans lequel ma robe était fabriquée ne ressemblait à rien de ce qui m’était familier. C’était doux et léger, il brillait à peine, me faisant penser davantage à du crêpe de soie mais infiniment plus beau. Il tombait autour de moi dans des plis doux et gracieux que l’eau semblait avoir rendue encore plus brillante qu’auparavant.

“Quelle eau merveilleuse! Quel air merveilleux!” m’exclamais-je à mon beau frère, alors que nous marchions à nouveau sur la pelouse fleurie « Est-ce que toutes les rivières ici sont comme celles-ci? »

« Pas seulement les mêmes, mais similaires, » répond-il.

Nous avons fait quelques pas, quand je me suis retournée et j’ai regardé en arrière la rivière qui coulait tranquillement. « Franck, qu’est-ce que cette eau m’a fait ? Dis-je. « J’ai l’impression de pouvoir voler. »

Il m’a regardé avec des yeux sincères et tendres en répondant, « Elle a t’a lavé de ta vie terrestre, et t’a préparé pour ta nouvelle vie que tu viens de commencer »

« C’est divin ! » chuchotais-je.

« Oui, c’est divin. » dit-il.


Chapitre II – A suivre…