Un décret autorise (et encadre strictement) la délivrance de Plaquenil en traitement du Covid-19

« Il n’y a pas d’élargissement des cas qui sont pris en compte », soit les cas les plus graves, précise le gouvernement au Huffpost. © Copyright 2020, L’Obs

La délivrance de Plaquenil, médicament dérivé de la chloroquine, sous les feux des projecteurs car promu par certains comme un traitement possible du Covid-19, est désormais encadrée par un décret paru jeudi 26 mars au « Journal officiel », qui interdit notamment son exportation.

Afin de « protéger » les patients qui en ont besoin et d’« éviter les risques de rupture » de leur traitement à cause d’ordonnances « sans aucune justification », la délivrance de ce médicament à base d’hydroxychloroquine en officine sera limitée à ses indications médicales strictes (polyarthrite rhumatoïde, lupus, et en prévention des lucites – allergies au soleil…).

Le Plaquenil n’est pas utilisable « dans la prise en charge du Covid-19 en (médecine de) ville », a souligné l’agence du médicament l’ANSM auprès de l’AFP, alors que ce médicament fait actuellement l’objet d’une demande massive.

Une autorisation à titre dérogatoire

Le décret prévoit par ailleurs l’interdiction de l’exportation des spécialités contenant de l’hydroxychloroquine, mais aussi des médicaments contenant l’association lopinavir/ritonavir, antiviraux eux aussi expérimentés contre le Covid-19.

Le décret confirme également, comme annoncé par le ministre de la Santé Olivier Véran, qu’à titre dérogatoire « l’hydroxychloroquine et l’association lopinavir/ritonavir peuvent être prescrits, dispensés et administrés sous la responsabilité d’un médecin aux patients atteints par le Covid-19 ».

Cela doit se faire « dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que, pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile ».

« Une erreur d’interprétation »

Sur Twitter, le professeur Raoult, qui prône l’usage de la chloroquine comme traitement contre le Covid-19, a remercié jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran « pour son écoute », après la parution de ce décret : « Dans le cadre de l’urgence sanitaire, l’hydroxychloroquine peut être prescrite en traitement du COVID-19 », a-t-il écrit.

Plusieurs personnalités politiques ont également salué cette décision, à l’image de Bruno Retailleau (LR) qui écrit sur Twitter : « Un nouveau décret pris par Olivier Véran élargit l’usage sous contrôle médical de l’hydrochloroquine alors que le précédent la réservait aux cas graves ».

Cité par le Huffington Post, le ministère de la Santé a toutefois voulu mettre les choses au clair : « Il n’y a pas d’élargissement des cas qui sont pris en compte. Ce décret ne change rien à ce qui avait été décidé avant et ne déroge pas à la dernière prise de parole d’Olivier Véran sur le sujet », précise -t-on.

« Tout ceci est basé sur une erreur d’interprétation », souligne l’entourage d’Olivier Véran. Et d’insister : « La situation n’a pas changé depuis la parution du décret ». Lundi, le ministre de la Santé, avait annoncé un encadrement de l’utilisation de la chloroquine, qui serait « accessible aux équipes médicales hospitalières qui le souhaitent ». Il disait s’être notamment appuyé sur les recommandations du Haut Conseil de Santé publique de ne pas utiliser l’antipaludique chloroquine, sauf pour des formes graves et sous surveillance médicale stricte.

Interrogé jeudi soir, le directeur général de la Santé Didier Salomon a semblé indiquer, sans plus de précision, que la prescription de chloroquine concernait bien des cas graves.

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/coronavirus/un-décret-autorise-et-encadre-strictement-la-délivrance-de-plaquenil-en-traitement-du-covid-19/ar-BB11LdOV?ocid=spartandhp