Fuite d’un document de la Commission sur les apparitions à Medjugorje: «Ça ne peut pas être démoniaque» mais il y a un manque de direction spirituelle. Il faut entendre que les apparitions sont vraies et que les voyants doivent être bien guidés spirituellement par l’Eglise.

Ma traduction

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David Murgia, journaliste religieux qui a produit un certain nombre de projets pour les réseaux de télévision nationaux en Italie, et qui soutient également les apparitions à Medjugorje, écrit sur son blog Il Segno di Giona («Le signe de Jonas») que il est entré en possession d’une copie du rapport de la commission Ruini.

Dans ce billet, je présenterai un projet de traduction en anglais de ses extraits du rapport.

Ce groupe d’étude a été lancé sous le pape Benoît XVI en 2010 et dirigé par le cardinal Camillo Ruini, l’ancien chef du vicariat de Rome. Il a passé quatre ans à recueillir des informations sur l’affaire et a transmis son résultat, un document de trente pages, à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le pape François a félicité le groupe pour son travail et certaines fuites sont apparues au sujet de ses conclusions, mais ni le pape ni le CDF n’ont pris de mesures vers une approbation ou un rejet officiel des revendications d’apparition. Au lieu de cela, le pape François a nommé un évêque – plutôt sympathique au phénomène de Medjugorje – de l’extérieur de la Bosnie-Herzégovine pour assurer la supervision pastorale.

Les extraits de documents fournis par M. Murgia sont cohérents avec l’histoire liée ci-dessus, mais abordent certains aspects des positions de la commission. Le premier extrait donne un exemple de prose académique assez typique en italien: une préférence pour de nombreux noms et quelques verbes, pour des expressions impersonnelles et pour la longueur:

«Après avoir identifié l’objet formel et le matériel spécifique capables d’offrir et de décrire la physionomie d’un événement religieux d’un intérêt spécifique, du point de vue de son éventuelle origine surnaturelle, cela peut alors être reconnu, de manière suffisante et raisonnable, dans les sept premières apparitions présumées, qui auraient eu lieu du 24 juin au 3 juillet 1981 à Ivanka Ivanković, Mirjana Dragičević, Vicka Ivanković, Ivan Ivanković, Milka Pavlović et Ivan Dragičević « 

« L’hypothèse d’une origine démoniaque dès les débuts du phénomène apparaît gratuite et infondée … par les fruits positifs dérivés du phénomène lui-même »

«Sur la base de ces données, la Commission internationale considère qu’elle peut affirmer avec une certitude raisonnable que les sept premières apparitions s’avèrent intrinsèquement crédibles, car elles ont été capables de susciter chez ceux qui les ont vues un éveil de la foi, une conversion dans leur mode de vie et un sentiment d’appartenance renouvelé à l’Église. »

Les membres de la commission ont voté en faveur de la proposition selon laquelle le début du phénomène n’était « pas attribuable à la seule dynamique humaine, mais avait une origine surnaturelle » [le vote était: 13 pour, 1 contre, avec un membre reportant sur la question].

Compte tenu de la promotion généralisée de la croyance au phénomène: «…. On peut donc affirmer que les trente années d’histoire qui se sont succédées depuis les événements originaux se sont propagées si loin et si profondément qu’elles excluent une manipulation individuelle ou de masse. Nous sommes confrontés à une dynamique – avec toutes les précautions possibles pour cette analogie – de la petite graine qui porte de grands fruits. »


La Commission ne pense cependant pas que tout ce qui est revendiqué par les voyants porte des signes d’authenticité céleste: «La Commission internationale a dû tenir compte de la banalité répétitive de certaines des communications que les témoins déclarent avoir reçues de la Gospa, ainsi que du manque d’éléments d’incalculabilité et de transcendance, qui est propre au caractère surnaturel – tandis que le contenu de ces communications reste généralement conforme à la fides Ecclesiae.

La commission, malgré sa mission d’enquête, ne pensait pas avoir le pouvoir d’insister sur la divulgation des «dix secrets» qui auraient été confiés aux voyants: «La manière dont les témoins présumés parlent de ces réalités, à travers certains aspects analogues, rappelle la fonction assumée par des éléments à la fois au cours de phénomènes authentifiés par l’Église – en premier lieu, Fatima – et dans le domaine de phénomènes non reconnus comme tels par l’autorité ecclésiastique compétente mais qui continuent, d’une manière ou d’une autre, à avoir une crédibilité parmi certains secteurs du peuple chrétien. La Commission internationale s’estime dans l’impossibilité d’ordonner aux voyants présumés de révéler le contenu des «secrets» et n’a donc pas le pouvoir d’inclure cela dans ses décisions…. De plus, les voyants présumés les décrivent comme des réalités cachées qui, sur ordre de la Gospa, ne peuvent être révélées qu’au moment opportun, qui leur sera montré exclusivement par la Madone. »
Par conséquent, les «secrets» et la «vie de Marie» et des textes analogues «ne peuvent bénéficier d’aucune approbation ecclésiastique».

La commission conseille que pour tout événement en cours «la formulation linguistique des prétendus messages de la Vierge… devrait avoir lieu en présence du prêtre chargé de l’accompagnement spirituel du voyant présumé». Il s’agit d’un conseil étonnant, exhortant les autorités à faire traiter les prétendus messages du Ciel par une inspection doctrinale avant qu’ils ne soient jamais prononcés ou écrits. Il deviendrait impossible de séparer le phénomène mystique lui-même de l’activité humaine de ses superviseurs, et ainsi juger de l’authenticité de nouveaux messages sur la base de leur compatibilité avec une saine doctrine deviendrait pratiquement impossible …