Card. Sarah: trois pas en avant, deux en arrière

Card. Sarah: trois pas en avant, deux en arrière

Juil 25, 2019 

Le préfet de la Congrégation pour le culte divin a fêté le 19 juillet ses cinquante ans de sacerdoce. A cette occasion, il a donné une interview à l’agence Rome Reports (ou du moins, l’interview est reproduite par Rome Reports), dans laquelle il réitère son soutien inconditionnel au Pape

De quoi être perplexe… comme c’est le cas pour le blog <Chiesa e Post Concilio>


Dernière interview du cardinal Sarah. Perplexité….

chiesaepostconcilio.blogspot.com
19 juillet 2019
Ma traduction


Le Cardinal Sarah, qui à maintes reprises n’a pas hésité à parler haut et fort, lui aussi dit et ne dit pas! Lui aussi, qui pourrait être considéré comme l’un des principaux bastions de résistance au nouveau parcours Bergoglien!

[L’auteur de l’article renvoie au site La fede quotidianaqui donne une transcription de l’interview du cardinal].

Extrait:

Le cardinal accomplit sa mission au Vatican depuis 2001. Il a collaboré avec Jean-Paul II, Benoît XVI et maintenant avec le Pape François dont il regrette d’être présenté comme un adversaire.
« Je suis tranquille parce que je suis très fidèle au Pape. Personne ne peut citer un mot, une phrase, un geste par lequel je m’oppose au Pape. C’est ridicule. Je suis au service de l’Église, du Saint-Père, de Dieu. Assez ».
« Les gens écrivent des choses pour s’opposer à nous, contre le Saint-Père, contre les évêques et les cardinaux. C’est ridicule. Nous ne devons pas tomber dans ce piège. Nous devons continuer à enseigner. Ce qu’ils disent ne m’intéresse pas ».

<Chiesa e postconcilioreprend alors le commentaire d’un utilisateur de Facebook, qui interpelle directement le cardinal, à travers des citations de ses propres interventions]:

Éminence,

le 18 mars dernier – je vous cite entre guillemets – vous avez dit que « l’Eglise est devenue un repaire de ténèbres« . Vous avez ajouté que « l’Église meurt parce que les pasteurs ont peur de parler avec vérité et clarté » ; et encore : « Les théologiens et même les prêtres jouent à déconstruire les dogmes, en les privant de leur sens profond. Le relativisme est le masque de Judas déguisé en intellectuel« . 
Je m’arrête ici. Je pourrais continuer jusqu’à remplir une page entière et fatiguer mes vingt-cinq lecteurs. Qui peuvent de toute façon consulter, s’ils ne l’ont pas déjà fait, vos derniers livres : « La force du silence », « Dieu ou rien » et « Le soir approche et le jour tombe déjà ». 

Diantre! tout ce que vous avez écrit est un contre-chant conscient à la dérive de l’église de Bergoglio. 
Point par point: le rejet du relativisme éthique déguisé en « discernement », la défense de la famille naturelle, le thème des sacrements à ceux qui ne sont pas dans la grâce de Dieu, la priorité à la défense de la vie sur celle – païenne – de la nature. 
Même l’accent mis sur le fait que les Africains – vous venez de ce continent, vous savez et ne proposez donc pas une image idéologique de celui-ci comme centre social – doivent être aidés en Afrique. 

Et maintenant vous vous en sortez avec cette phrase : « Je n’ai jamais parlé contre le Pape François ». Cela, c’est de l’hypocrisie purement jésuite, cela s’appelle ménager la chèvre et le chou.
Bien sûr : vous n’avez jamais accusé DIRECTEMENT Bergoglio de quoi que ce soit. Mais tout votre travail d’évêque et de savant n’a pas SEMBLÉ par erreur, mais A ÉTÉ et EST en opposition totale à ce que Bergoglio écrit et surtout dit, quand il parle a braccio et se révèle pour ce qu’il est. 

Éminence, soyez à la hauteur de vos idées. 
De quoi avez-vous peur? De mettre votre position au Vatican en danger? Ce serait misérable. Et vous n’êtes pas misérable. Craignez-vous que les choses s’effondrent au point de sombrer dans le schisme? Mais, même si ce n’est pas officiel, le schisme est déjà en cours, Éminence. Les fidèles sont divisés, radicalement divisés. Et j’ajoute que c’est bien ainsi, parce que beaucoup d’entre eux, se mirant dans l’horreur du bergoglisme, ont retrouvé la foi. La Foi vraie et forte, qui n’est pas « ouverte » au monde mais qui convertit le monde. 

Et donc, assez avec ce « dire et ne pas dire » . Vous, Burke et Müller ressemblez à trois crabes – rouges bien sûr – qui font un pas en avant et trois pas en arrière. Ou trois “milites gloriosi” qui menacent de foncer et s’enfuient à peine une papalina [calotte papale blanche] se pointe-t-elle à l’horizon. Même si sous cette papalina , il n’y a personne.

(Biagio Buonomo sur Fb)

Il y a un fond de vérité là-dedans
Quelque sympathie que l’on éprouve par ailleurs pour le cardinal Sarah, sur qui beaucoup de catholiques fidèles fondent de grands espoirs, on doit admettre que c’est un motif de critique possible, et pour certains, de déception… 
En tout cas, la perplexité de <Chiesa e post Concilio> n’est pas totalement incongrue.