Meurtrie par l’incendie, Notre-Dame menacée par la canicule

Meurtrie par l’incendie, Notre-Dame menacée par la canicule

Vue aérienne du Notre-Dame de Paris, le 14 juillet 2019.
Vue aérienne du Notre-Dame de Paris, le 14 juillet 2019. afp.com/Kenzo TRIBOUILLARD

Fragilisée par l’incendie du 15 avril dernier, le bâtiment souffre à présent des fortes chaleurs. La voûte peut encore s’écrouler prévient l’architecte du monument.

Le danger d’une aggravation de la situation de Notre-Dame n’est pas écarté. Trois mois après l’incendie du 15 avril qui a englouti la flèche de la cathédrale parisienne et ravagé une partie du bâtiment, l’architecte du monument, Philippe Villeneuve, alerte sur le risque que représente la canicule pour la bâtisse.  

« La voûte peut tomber »

Cité par France Soir et Euronews, l’architecte en chef des monuments historiques a estimé mercredi que « les voûtes pourraient tomber, car depuis le 15 avril on n’a pas pu accéder aux voûtes ni par le dessus ni par le dessous. »  

« Les maçonneries sont gorgées d’eau, elles n’ont pas bougé, poursuit Philippe Villeneuve. On a mis des capteurs partout, elles n’ont pas bougé. Mon angoisse c’est que les joints ou les maçonneries, à force de sécher, perdent leur cohérence, leur cohésion, ou leur qualité structurelle et que la voûte puisse tomber. » « Ça peut encore s’écrouler à tout moment », a-t-il encore insisté. Avec le spectaculaire incendie qui s’est déclaré en avril, des tonnes d’eau ont été déversées sur le bâtiment. 

Encore dans une phase de sécurisation

L’heure est donc à sécuriser et panser les plaies de la cathédrale, face aux risques d’éboulement et d’effondrement. « Il y a un endroit de la croisée des transepts qu’il va falloir surveiller », a averti Philippe Villeneuve mi-juillet, lors d’une visite de chantier.  

Si le joyau gothique a plutôt résisté à l’incendie, « on n’est pas du tout dans la (phase de) restauration, on est encore dans l’urgence impérieuse de sécurisation », souligne celui qui est au chevet de la cathédrale depuis 2013. Les travaux avancent vite assurent les équipes en place.  

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Sous la haute voûte de Notre-Dame, deux robots s’affairent et ramassent des gravats, morceaux de bois et tas de pierres indistincts noircis par l’incendie. Ces machines sont les seules à pouvoir accéder à certains endroits, rendus dangereux par les risques d’éboulement.  

« Rien ne va à la benne, rien ne va à la décharge », souligne Philippe Villeneuve. Chaque pierre est répertoriée, triée et analysée de façon à obtenir une connaissance ultra-précise et scientifique de la cathédrale. 

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