« Le miracle »

« Le miracle »

Une série diffusée actuellement sur Arte relate (ou plutôt prend pour toile de fond) les « manifestations » mariales de Citvitàvecchia, où en 1995, une statue de la Sainte Vierge a pleuré des larmes de sang (14/1/2019)

Depuis une semaine, Arte diffuse une série italienne en 8 épisodes intitulée « Il Miracolo » et inspirée d’une histoire vraie: les évènements advenus en 1995 à Civitàvecchia, petite ville du Latium, où une statue de la Sainte Vierge (achetée à Medjugorje!) a pleuré des larmes de sang dans le jardin d’une humble famille italienne, la famille Gregori, à quinze reprises entre le 2 février et le 15 mars 1995 (je précise que je n’ai pas vu la série, on trouvera une critique ICI). 
L’histoire de «la Madonina di Civitàvecchia» est racontée de façon assez détaillée sur le site www.appel-du-ciel.org. Ceux que cela intéresse pourront lire ma traduction d’une longue interview de Fabio Gregori (le père de famille) parue «dans la revue très sérieuse proche de l’Opus Dei, ‘Studi Cattolici‘ (n. 652, juin 2015)» (dixit Antonio Socci, voir ICI: benoit-et-moi.fr/2015), que j’ai déjà publié en 2015 ici: benoit-et-moi.fr/2015-II .

L’auteur de la série, Niccolò Ammaniti, un écrivain reconnu, est, cela va sans dire, athée, il n’a pas été touché par la grâce, le regard qu’il pose sur l’histoire de «la Madonina» n’est pas un regard de foi, son propos n’est donc pas de relater les faits avec bienveillance, ni même avec objectivité – ce qui, compte tenu des choix de programmation d’Arte et de la « sensibilité » de gauche de la chaîne franco-allemande (c’est une litote), n’est pas vraiment une surprise. Ceci dit, je conçois très bien qu’on puisse regarder la série sans trop se poser de question, comme un simple divertissement, baignant dans une atmosphère de ce « mystère » dont le public est si friand. Ce sera sans doute le cas de la majeure partie des spectateurs.

La série est sortie l’année dernière en Italie, et je me suis souvenue d’avoir lu à l’époque une « critique » sur La Bussola.
Je l’ai retrouvée, et en voici ma traduction. Elle peut servir de contrepoint, peut-être, aux intentions de l’auteur.

LE MIRACLE, L’OCCASION MANQUÉE D’AMMANITI

lanuovabq.it 
10 mai 2018
Ma traduction

* * *

La nouvelle série de Sky « Le Miracle » signée par le célèbre écrivain Ammaniti s’inspire de ses souvenirs personnels sur la Vierge de Civitavecchia. Il a trouvé les portes fermées et s’est convaincu que c’était du sang de poulet. C’est une falsification de sa part. Il est dommage qu’un désir aussi authentique [que le sien] se soit décliné à partir d’une hypothèse erronée qui a fait perdre à Ammaniti l’opportunité d’affronter un mystère qu’il a préfabriqué. Alors qu’à Civitavecchia….

Niccolò Ammaniti, lauréat encensé du Prix Strega [littéralement « Prix Sorcière!! Prix littéraire, un peu l’équivalent italien du Prix Goncourt en 2007], considéré comme un joyau dans notre panorama littéraire, a fait ses débuts de réalisateur avec un feuilleton télévisé – Il Miracolo – qui tourne autour de l’histoire d’une statuette en plastique de la Vierge, qui pleure huit/neuf litres de sang par heure. Il s’est inspiré de l’histoire de la «Madonnina di Civitavecchia», que l’auteur récompense toutefois en la couvrant de ridicule. En effet, dans un entretien avec des journalistes du Corriere et de la Repubblica, Ammaniti a révélé qu’il s’était autrefois rendu à Civitavecchia avec sa grand-mère, mais qu’il avait trouvé la paroisse de la Madonnina fermée, car cette histoire était une «falsification» assaisonnée, «va savoir, avec du sang de poulet». Se déclarant promptement athée, le célèbre écrivain entend préciser en contrepoint qu’il n’a pas fait un film sur la religion – à tel point que l’Église est représentée uniquement par un prêtre en crise de foi qui se console avec le jeu et va voir les prostituées -, mais qu’il a voulu analyser les réactions, d’abord sur lui-même, puis à travers les personnages, à l’irruption du mystère dans les réalités de la vie déjà remplies de complications en elles-mêmes souvent indéchiffrables…

Dommage que son désir si authentique se soit décliné à partir d’une hypothèse erronée qui a fait perdre à Ammaniti l’occasion de se confronter à un mystère, non pas préfabriqué par lui – celui-là, oui, irrémédiablement faux – mais du Mystère qui est tel, car quand on le pénètre, il montre une partition imprévisible, parce que non écrite par une main humaines. Le mystère est un produit commercial, confectionné pour la consommation; le Mystère, au contraire, quand il se manifeste, est un instrument de salut. Si ce jour-là, à Civitavecchia avec sa grand-mère, Niccolò Ammaniti avait trouvé les portes de l’église ouvertes, les choses auraient pu se passer différemment pour lui… Je suis sûr qu’il ne serait pas resté à la surface des faits, mais il aurait dû aller au fond car de la vérité de ces faits dépend aussi la vérité de chacun. Du moins, telle est mon expérience….

La première chose qui m’a frappé en tant que pèlerin à Civitavecchia a été de trouver la paroisse de Saint Augustin à Pantano ouverte la nuit. Cela m’a frappé parce que l’église est située sur le littoral, à la périphérie de la ville, isolée dans les derniers contreforts de la Maremme. A la lumière des bougies, je pouvais voir les visages et les jambes fléchies dans la prière des fidèles qui avaient décidé de passer cette soirée d’une manière différente, heureux de profiter d’une compagnie spéciale. Au centre de l’autel, l’ostensoir brillait et j’ai fait l’expérience de la Présence de Dieu dans l’Eucharistie, qui est vraiment mystérieuse, parce que je ne la saisissais pas avec mes sens, mais je la sentais et la savourais, vivifiante, au fond de mon âme.

Dans la vitrine à côté de l’autel, il y avait une minuscule statue de la Vierge qui pleura du sang, des années auparavant, du 2 février 1995, jour de la Chandeleur, au 6, où elle pleura à plusieurs reprises, de façon significative la date célébrant la Journée de la Vie.

J’appris plus tard que la Sainte Vierge elle-même, dans ses messages confiés lors d’apparitions à la petite Jessica Gregori, six ans, et à son papa Fabio, avait demandé que les églises restent ouvertes le plus possible, afin que Jésus Eucharistie, le Cœur vivant des autels, puisse être adoré. En d’autres termes, pour citer saint Pie X, afin que le Seigneur, dans la contemplation, soit mieux connu, aimé et servi. Car par Lui, maintenant comme à jamais, passe le salut de chaque homme et de toute l’humanité.

Dans la paix de ce lieu, j’ai mûri le désir d’approfondir les faits de Civitavecchia, de cette grande mariephanie (manifestation de Marie), qui impliquait la famille Gregori – père, mère et trois enfants, propriétaires de la statue -, l’évêque de la ville, Mgr Girolamo Grillo, entre les mains duquel la Vierge pleura le 15 mars de la même année, choisis comme instrument pour annoncer à l’Église et au monde que le Ciel tout entier, dont nous venons, est attristé jusqu’aux larmes de sang à la vue d’une humanité de plus en plus dispersée, de plus en plus désespérée pour tourner le dos à son créateur.

J’appris ainsi que Notre Dame des Roses, Mère de l’Eglise et Reine des Familles, était apparue plusieurs fois aux Grégoriens, implorant l’unité de l’Eglise et l’unité des familles autour du Christ et des Sacrements, car les temps viendraient – et ce sont ceux [que nous vivons] – où l’Eglise et les familles seraient attaquées. «S’ils se taisent, les pierres crieront», lisons-nous dans l’Évangile à propos des disciples de Jésus enfermés et bâillonnés par l’esprit du monde. A Civitavecchia c’est une statue de la Vierge remplie de plâtre à l’intérieur qui «crie du sang», là où les mots ne servent plus à faire fondre les cœurs endurcis.

En ces jours, j’ai aussi vu de mes propres yeux, et avec moi toute ma famille, une seconde statue de la Vierge, identique à la première – envoyée en cadeau à Gregorio par Jean-Paul II de la part de son cher ami, le cardinal Andrzej Maria Deskur -, exuder une huile parfumée. A Civitavecchia, c’est une statue de la Vierge remplie de plâtre à l’intérieur qui «crie» bénédiction, confirmant dans l’huile chrismale l’amour et la paix que Dieu est toujours prêt à offrir à ceux qui remmttent leur confiance en Lui.

Je me suis documenté. Et j’ai découvert qu’à la suite des larmes de sang, la famille de Civitavecchia avait dû beaucoup souffrir à la fois à du fait de l’Église, parce qu’initialement l’évêque n’avait pas cru ce qui s’était passé chez eux, et de l’État, parce que le Parquet ouvrit une enquête qui dura 5 ans pour présomption de délits de fraude, association criminelle, profit, et tromperie de l’opinion publique. Mgr Grillo a ensuite tout prouvé, y compris les apparitions, et a travaillé jusqu’à la fin de sa vie terrestre (22 août 2016) pour promouvoir la vérité de la venue de la Sainte Vierge à Civitavecchia, trouvant un soutien très autorisé en saint Jean Paul II, qui, à la suite de ces événements, fit l’acte solennel de Consécration du monde à la Vierge Marie le 8 octobre 2000, pendant le Jubilé. Le même mois, quelques jours plus tard, l’État publiait également la sentence d’acquittement total de la famille Gregori, donnant la preuve certaine que les larmes de la Madone étaient de sang humain et que leur origine était totalement inexplicable, puisque la statue n’avait été ni altérée de l’extérieur ni contrfaite de l’intérieur.

De ma connaissance de ces faits, j’ai obtenu la confirmation que, dans les temps sombres de l’histoire, Marie est l’Etoile qui brille au Ciel, voulue par Dieu pour illuminer le chemin perdu qui nous ramène à Lui. J’ai eu la chance de trouver l’église Saint Augustin ouverte et je ne me sens plus seul sur mon chemin.

http://benoit-et-moi.fr/2019/actualite/le-miracle.html