Sommet sur les abus: et le vainqueur est…

le lobby gay, qui prépare déjà l’étape suivante: mettre un terme à l’obligation pour les prêtres du célibat, et même de la chasteté. Et les révélations troublantes de Rod Dreher (l’auteur de « The Benedict option » [1]), rapportées par AM Valli (21/2/2019)

LA FICTION GAY FRIENDLY ET LA PROCHAINE ÉTAPE DE LA GRANDE MYSTIFICATION

Aldo Maria Valli
www.aldomariavalli.it 
21 février 2018
Ma traduction

* * *

Alors que se tient à Rome le sommet mondial sur les abus sexuels dans l’Église, dont les participants ont pris soin de ne pas utiliser le mot homosexualité, Rod Dreher, l’auteur du best-seller The Benedict option[1], rapporte que dès 2012 un journaliste indépendant travaillant pour le New York Times Magazine avait préparé une enquête sur l’histoire du cardinal McCarrick, mais que l’enquête ne fut jamais publiée.

Dans son intervention, Rod Dreher part du énième article dans lequel le New York Times tente de renforcer un certain type de fiction gay friendly sur la difficile situation de marginalisation et de souffrance intérieure dans laquelle vivraient les pauvres prêtres homosexuels contraints par l’Église catholique perfide et rétrograde à ne pas se déclarer. L’article (dont le titre, «Ce n’est pas un placard. C’est une cage», est une référence à une expression très répandue chez les homosexuels, pour qui «être dans le placard» signifie ne pas déclarer son homosexualité), dénonce le climat d’homophobie qui serait dominant dans l’Église, raison pour laquelle les prêtres gays se sentiraient frustrés et pénalisés. Plus encore. Selon le NYT, après l’affaire McCarrick, le climat serait devenu encore plus rigoureux, ce qui aurait entraîné une chasse aux sorcières de la part des catholiques traditionalistes. En réalité, soutient le journal, il n’y a pas de corrélation entre les abus et l’homosexualité, et la majorité de victimes masculines ne serait que le résultat du fait que, dans l’Église catholique, les prêtres sont plus susceptibles de rencontrer des garçons que des filles.

De tels arguments sont facilement réfutables, et Dreher le dit. Où serait toute cette persécution des prêtres gays? En réalité, l’affaire McCarrick elle-même montre comment un prélat homosexuel a pu faire une brillante carrière, jouissant d’un grand soutien, jusqu’aux plus hauts niveaux de la hiérarchie catholique. Et comment peut-on prétendre qu’il y a une majorité de victimes parmi les hommes simplement parce que dans les milieux ecclésiaux, il est plus facile de s’occuper d’enfants de sexe masculin? Le NYT ne sait peut-être pas que les leçons de catéchisme sont aussi suivies par des fillettes et des jeunes filles et que depuis des années, il y a même des « filles de chœur » dans les églises catholiques?

Mais venons-en à la révélation.

Dreher raconte qu’en 2012, un collègue freelance lui a dit qu’il avait préparé une enquête pour le New York Times Magazine dans laquelle la prédation en série des séminaristes par McCarrick était décrite en détail, mais l’histoire n’a jamais été imprimée.
Le journaliste, explique Dreher, possédait des documents et avait enregistré au moins une conversation avec une victime de McCarrick, mais deux mois après la fin de son travail, il se demandait toujours pourquoi l’enquête n’avait pas été publiée.
Puisque le nouveau directeur, différent de celui qui avait commandé l’enquête, ne cessait de reporter la publication, Dreher demanda à son collègue si par hasard le directeur était gay, et la réponse fut affirmative.

Dix ans plus tôt, en 2002, quelque chose de semblable était arrivé à Dreher lui-même. Il avait préparé une enquête sur les abus de plusieurs séminaristes par McCarrick, mais là aussi l’enquête resta dans un tiroir. Cette fois, cependant, non pas à cause de l’opposition du directeur, mais parce qu’aucune des sources, par peur, n’avait accepté de sortir du placard.
Le fait est, dit l’auteur, que pendant des années, quelques homosexuels puissants se sont employés à ce que l’histoire de McCarrick ne soit pas connue.
Il a fallu le mouvement Me too, dit Dreher, pour éveiller une sensibilité journalistique sur le problème des séminaristes qui ont eu des rapports sexuels avec un prélat, peut-être parce qu’ils n’y ont pas consenti mais qu’ils ont été forcés. Cela dit, la question est devenue politiquement correcte, et même le NYT a finalement dénoncé l’affaire McCarrick, grâce au travail de Laurie Goodstein et Sharon Otterman, qui ont publié certaines des informations dont le freelance de Times Magazine avait déjà eu vent en 2012. Puis ce fut au tour du Washington Post, qui publia l’histoire d’un séminariste anonyme forcé par McCarrick à une rencontre sexuelle.
Toutefois, l’ancienne fiction ne disparut pas, et ici le NYT revient ponctuellement à la charge, déclarant que l’Eglise catholique discrimine les prêtres homosexuels, alors qu’elle ne fait aucune mention des séminaristes et des adolescents victimes de prélats homosexuels.

Parmi les événements les plus récents, Dreher mentionne celui du jeune prêtre Matthew Cowan, qui a eu le courage de dire à son évêque qu’il avait été harcelé sexuellement à plusieurs reprises par le vicaire général de son diocèse, le père Dennis Stilwell, et quand il a compris que l’évêque allait enterrer l’affaire, il a dénoncé le cas publiquement. Résultat? Cowan a été suspendu par l’évêque pour avoir diffusé des informations confidentielles.
Pendant ce temps, des laïcs du diocèse de Cowan, lassés des couvertures, ont formé un groupe de contrôle qui a révélé des cas de harcèlement homosexuel de prêtres restés en service, comme un certain Père Holtz qui sur Facebook recensait des livres sur des sujets explicitement homoérotiques.

Les conclusions de Dreher sont deux.

La première. Depuis 2002, l’affaire McCarrick nous dit que pour que l’Église catholique puisse se corriger, les laïcs doivent parler, souvent et à voix haute. Un prêtre peut essayer, mais il est facilement écrasé par la hiérarchie.

La seconde. Par rapport aux réseaux de prêtres gays qui se protègent mutuellement, il est clair que les médias mainstream font souvent partie de la machination. Ils ont une fiction à soutenir. C’est pourquoi nous continuerons à lire des histoires de prêtres souffrant et marginalisés à cause de leur homosexualité, mais personne ne nous parlera d’événements comme celui du père Cowan.

Toutefois, aujourd’hui, il y a un mais. En effet, le Français Frédéric Martel vient de sortir un livre, Sodoma, dans lequel il prétend que l’Église «est devenue structurellement homosexuelle» et que l’affaire McCarrick était connue depuis longtemps dans les palais sacrés. Et alors? Comment la fiction mainstream sera-t-elle réorganisée face à cette nouvelle fournie cette fois non pas par un méchant traditionaliste animé par des obsessions obscurantistes mais par un champion bien connu de la cause gay?
C’est simple. Les arguments de Martel (qui, accueilli à bras ouverts au Vatican, a tranquillement admis qu’un «réseau gay» lui avait facilité les choses) seront utilisés pour soutenir, comme Martel le fait déjà, que «le célibat et la chasteté ont échoué» et que «tôt ou tard, quelqu’un devra en prendre acte».

C’est la prochaine étape de la grande mystification.

http://benoit-et-moi.fr/2019/actualite/sommet-sur-les-abus-et-le-vainqueur-est.html

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