Dieu le Père à Ste Catherine : 7 leçons (rapportées dans Le Dialogue)

Dieu le Père à Ste Catherine : 7 leçons (rapportées dans Le Dialogue)

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Discernement

Le discernement est cette lumière qui dissout toute obscurité, dissipe l’ignorance, et mûrit toute vertu et tout acte vertueux. Il possède une prudence qui ne peut être déçue, une constance jusqu’à la fin, et rejoint le ciel et la terre, c’est-à-dire de la connaissance du moi à la connaissance de soi-même, de l’amour du moi à l’amour de son voisin. La prudence très humble du discernement évite tout piège du diable et de la créature, et d’une main désarmée – c’est-à-dire, à travers la souffrance – il vainc le diable et la chair. Par l’entremise de cette douce lumière glorieuse, l’âme voit et avec justesse dédaigne sa propre faiblesse; et en ce faisant d’elle-même une sotte, elle regagne la maîtrise du monde, la foulant sous pied par son amour, la méprisant comme étant sans valeur. (p. 44)

 

Le baptême et le Précieux Sang

Dès que l’âme a reçu le saint baptême, le péché originel lui est arraché et la grâce y est infusée. Cette inclination au péché, qui est la trace qui demeure du péché originel, est une faiblesse comme je l’ai dit, mais l’âme peut la mettre en garde si elle le désire. L’âme est alors un vaisseau prêt à recevoir la grâce et la faire grandir en elle autant qu’elle le choisit pour elle-même, par l’affection et le désir, de m’aimer et de me servir. Ou bien elle peut se tourner vers le mal; même si elle a reçu la grâce lors du saint baptême. Et lorsqu’elle est suffisamment d’âge pour distinguer l’un de l’autre, par sa liberté elle peut choisir le bien ou le mal comme il lui plaît. Mais telle est la liberté de votre humanité, que ni le diable ou quelqu’autre créature puisse vous contraindre au moindre péché à moins que vous le vouliez. (p. 53)

 

Libre arbitre

Chacun d’entre vous a sa propre vigne, votre âme, dans laquelle votre libre arbitre est l’ouvrier assigné durant cette vie. Une fois que votre vie s’est passée, votre volonté ne peut travailler ni pour le bien ou pour le mal; mais lors de votre vivant elle peut cultiver la vigne de votre âme où je l’ai placée. Cet ouvrier de votre âme a reçu une telle force que ni le diable ou quelqu’autre créature puisse la voler sans le consentement de la volonté. Car lors du saint baptême la volonté a été armée avec un couteau qui est l’amour de la vertu et la haine du péché. Cet amour et cette haine se trouvent dans le sang. Vous avez alors ce couteau à l’usage de votre volonté alors que vous en avez le temps, pour déraciner les épines du péché mortel et planter les vertus. C’est la seule façon dont vous pouvez recevoir le fruit du sang de ces ouvriers que J’ai placés dans la sainte Église. Donc si vous receviez le fruit de ce sang, vous devez d’abord vous éveiller à une contrition qui vient du cœur, un mépris du péché, et l’amour de la vertu. (p. 60)

L’enfer et l’orgueil

Il y a trois vices principaux : le premier est l’égoïsme, qui à son tour donne naissance au second, l’auto suffisance. De cette vanité vient le troisième, l’orgueil, avec l’injustice perfide et la cruauté ainsi que les péchés malins dédaigneux engendrés par ceux-ci. Donc, alors, Je vous dis, en enfer il a quatre tourments majeurs, et tous les autres en sont des produits. Le premier est que ces âmes sont privées de Me voir. Cette première souffrance ravive le ver de la conscience, et c’est ceci leur second tourment Car lorsqu’ils voient que leur iniquité les a privés de Moi et de la compagnie des anges et leur a permis au lieu de voir des démons et de partager leur compagnie, la conscience les ronge constamment. La vue du diable est leur troisième souffrance, et ceci amplifie tout autre tourment. Lorsqu’il Me voient, les saints sont en exalation continue, débordant d’amour. Ceci est précisément l’opposé de ces malheureuses petites âmes. (p. 80)

Les prêtres

Le Christ sur terre (« Christ sur terre » est le nom favori de Catherine pour le pape en tant que vicaire du Christ) a donc alors les clefs du Sang… J’ai voulu vous enseigner le respect que doivent avoir les laïcs envers ces ministres des miens, nonobstant qu’ils soient bons ou mauvais, et combien Je suis mécontent de leur manque de respect. Vous savez que Je mets devant vous le corps mystique de la sainte Église sous l’image d’un cellier à vin. Dans cette cave à vin se trouvait le sang de mon seul Fils engendré, et à partir de ce sang tous les sacrements dérivent leur puissance vivifiante. Le Christ sur terre se tient à la porte de ce cellier à vin. Il a été chargé d’administrer le sang, et ce fut son devoir de déléguer des ministres pour lui venir en aide dans le service du corps universel de la Chrétienté. Seuls ceux qui ont été acceptés et oints par lui peuvent donc exercer le ministère. Il est la tête de l’ordre des clercs, et il a assigné chacun à son propre office pour administrer le sang Glorieux. (p. 216)

Miséricorde Divine

O ma fille la plus chère, comme Je te l’ai dit si souvent, Je désire être miséricordieux envers le monde et procurer chaque besoin à mes créatures raisonnables. Mais les sots considèrent la mort ce que Je donne comme vie, et donc sont cruels envers eux-mêmes. Je procure, et Je veux que vous sachiez que ce que J’ai donné à l’humanité et la providence suprême. C’est la providence qui vous a créés, et losque J’ai contemplé ma créature en Moi-même, Je suis tombé en amour avec la beauté de ma création. Il m’a plû de vous créer à mon image et ma ressemblance par la grande providence. Je vous ai munis du don de la mémoire afin que vous teniez fermes à mes bienfaits et deveniez ceux qui partagent la puissance du Père Éternel. Je vous ai donné l’intellignence pour que vous puissiez, dans la sagesse de mon bien-aimé Fils, comprendre et savoir ce que veut le Père éternel. Je vous ai donné des grâces avec un amour brûlant. Je vous ai donné le désir d’aimer, vous laissant donc partager en la miséricorde du Saint-Esprit, afin que vous puissiez aimer ce que votre intelligence perçoit et connaît. (p. 277)

Combat Spirituel

Est-ce que tu sais, chère fille, comment J’ai soulevé l’âme de son imperfection ? Quelquefois je la vexe par des pensées malignes et une pensée stérile. Il lui semblera que Je l’ai complètement abandonée sans quelque sentiment. Elle ne semble pas être dans le monde, car, de fait, elle n’y est pas ; ni semble-t-elle être en Moi car elle ne sent rien d’autre que le fait que sa volonté ne veut pas le péché. Je ne permets pas aux démons de se heurter à la porte de l’âme qui est libre. Je permets aux démons et aux autres ennemis de l’humanité de se heurter aux autres portes, mais pas contre celle-ci, qui est la porte principale qui protège la vie de l’âme. Je ne désire pas la mort de l’âme aussi longtemps qu’elle n’est pas aussi sotte jusqu’à ouvrir la porte de sa volonté. Ils ne peuvent y entrer à moins que sa volonté choisisse de leur permettre ainsi. (p. 299)

Prière de conclusion de Ste Catherine de Sienne

Merci, merci à Toi, Père éternel, car Tu ne m’as pas méprisée, ta créature, ni détourner ton visage de moi, ni fait peu de mes désirs. Toi, la Lumière, tu as regardé avec indifférence mon obscurité; toi, la Vie, n’a pas considéré que je suis la mort, ni toi, Docteur, n’a considéré ces grandes faiblesses qui sont miennes. Toi, le Pureté éternelle, a fait peu de cas de ma malheureuse saleté; toi qui est infini a passé outre le fait que je suis limitée, et toi, Sagesse, le fait que je suis sottise. Pour toutes celles-ci et tous les autres maux sans fin et mes péchés, ta sagesse, ta misériccorde, ton infinie bonté ne m’ont pas méprisée. Non, en ta lumière tu m’as donné la lumière. En ta sagesse j’en suis venue à connaître la vérité; en ta miséricorde, j’ai trouvé ta charité et ton affection envers mon prochain. Qu’est-ce qui t’y a porté? Pas mes vertus, mais seule ta charité. Merci à toi. Amen.

(Ste Catherine de Sienne, Le Dialogue, Paulist Press, New York, 1980, p. 364)

 

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