Considérations de Saint Prosper d’Aquitaine sur l’Enfer

Considérations de Saint Prosper d’Aquitaine sur l’Enfer :

 » Que veulent dire ces paroles, être réduit au silence et lié par les pieds et les mains, sinon être privé de toute action dans l’enfer, où il n’y a personne qui chante les louanges du Seigneur ; de même que d’être jeté dans les ténèbres extérieures, signifie être rejeté de Dieu qui est la lumière de nos esprits ? Les pleurs et les grincements de dents indiquent les douleurs cuisantes de ces malheureux damnés voués au supplice d’une mort éternelle et privés du sens de la vue pour n’avoir plus d’autre sentiment que celui de leurs souffrances.

Leurs  gémissements continuels, leurs tortures horribles, leurs supplices sans fin ne leur laissent la vie que pour être eux-mêmes éternels ; et si ce feu qui ne s’éteint point n’éteint pas non plus en eux la flamme de la vie, c’est pour qu’ils conservent éternellement le sentiment de leurs souffrances, pour rendre immortelle cette seconde mort qui perpétuera éternellement ses horreurs.

Ce que dit l’Evangile, que le ver qui les ronge ne mourra point, et que le feu qui les brûle ne s’éteindra point, comprend l’ensemble des peines des damnés qui tourmentera éternellement le feu d’une pénitence stérile et que dévorera de même sans fin le ver rongeur d’une conscience bourrelée. Lors donc qu’on parle de celle seconde mort des damnés, on ne veut pas dire que la vie les abandonne, mais seulement qu’ils souffrent tout ce que la mort fait souffrir de plus affreux. (…)

Mais ne nous arrêtons pas, croyez-moi, à occuper notre esprit de ces châtiments, qui frappent l’esprit des fidèles d’une terreur salutaire, qui les obligent à renoncer aux plaisirs défendus, et dont les voluptueux ne pourront du reste faire l’expérience que, lorsque, pour comble de malheur, ils ne pourront plus ni s’en garantir, ni se corriger ; ne nous arrêtons pas, dis-je, à nous occuper de ces pensées, mais songeons de plus au bonheur qu’il nous est ordonné d’espérer, aux biens célestes qui doivent être l’objet de nos désirs ; et puisque ceux qui veulent faire des progrès dans la vertu doivent, après avoir commencé par se bien pénétrer d’une crainte salutaire, entrer par degrés dans les secrets de l’amour divin, nous devons donc aussi parler maintenant des motifs d’aimer Dieu, après nous être étendu suffisamment, à ce qu’il nous semble, sur ceux que nous avons de le craindre.  »

Source : jesusmarie.free.fr

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