Sainte Benoîte Rencurel et Notre-Dame du Laus

Sainte Benoîte Rencurel et Notre-Dame du Laus.

Les veuves

Une veuve «ne commettait pas tout à fait le péché, mais … faisait toutes sortes de saletés avec les hommes.  Elle le nie d’abord, mais pressée par les raisons de Benoîte et par la vérité, elle l’avoue, souhaitant d’être auprès de Benoîte parce qu’elle vivrait beaucoup mieux. Benoîte lui conseille de se marier parce que si elle continue dans ses déréglements, elle se damnera ( … ), elle suit l’avis ( … ) et se marie»

(Gaillard, C.A., 292).

L’avortement

Les cas où la sexualité est en jeu, souvent aggravés de pratiques abortives, sont nombreux. « Benoîte, en divers temps, avertit 200 et tant de personnes qui faisaient mal avec des femmes,  des filles et des veuves.  Ils avaient abusé d’elles plus de mille fois, leur donnant des breuvages afin qu’elles ne fussent pas grosses, et ne s’étant jamais confessés» (Gaillard, CA. 290).

L’adultère,le suicide,le sacrilège avec le prêtre. la punition du Ciel

Elle, si soucieuse de sa propre pureté qu’elle priait son ange de l’y garder, ne se montre jamais bégueule, et sait discerner les urgences. Elle « rencontre une femme qui s’allait précipiter pour n’avoir pas eu l’absolution de six enfants qu’elle avait eus d’un prêtre du lieu : ils étaient tous aveugles, et elle était grosse d’un septième, son mari étant impuissant. Benoîte lui conseille de dire à ce prêtre de lui donner de quoi les nourrir, et de n’avoir plus de commerce avec lui. Ce qu’elle promit et fit. Après, elle eut l’absolution: elle a vécu depuis chastement. 

Le commentaire de Bernos : Cette histoire est exemplaire à plus d’un titre. D’abord, Benoîte n’assène aucune leçon de morale à cette femme accablée, qui avait pourtant tout contre elle. Affublée d’un mari impuissant, elle ne lui en devait pas moins respect et fidélité; n’importe quel théologien moraliste lui aurait signifié, en outre, que son adultère était aggravé d’un sacrilège puisque son amant était prêtre; et puis, cette ribambelle d’enfants handicapés aurait parue à plus d’un prédicateur de son époque comme un excellent exemplum d’une juste punition du ciel pour un péché particulièrement grave ;  ct, pour couronner le tout, elle allait se suicider.

Pratique, Benoîte commence par prévoir l’entretien des enfants, tout naturellement aux frais du géniteur. Alors, et alors seulement, elle ose dire, comme Jésus à la femme adultère:« va et désormais ne pèche plus » (Jean 8, Il).

Concubinage des prêtres.

Le cas précédent illustre aussi l’existence du concubinage des prêtres, apparemment fort répandu dans ces montagnes. «Le jour de la Conception immaculée de la Très Sainte Vierge », en 1687, l’ange lui dit qu’« il y avait un prêtre et une femme qui vivaient mal, de les avertir que, si après cela ils ne se convertissaient pas, ils tomberaient dans les enfers dans peu de jours »

(Peythieu, CA., 398).

 Mais ce mal ne se limite pas à tel cas particulier. Le 20 avril 1710, Benoîte doit avertir 22 femmes qui faisaient mal avec des prêtres depuis douze ans (Gaillard, CA., 231).

Sado-masochisme et fausses dévotions

 Son jugement est assez bon pour déjouer le piège des bonnes intentions ou des faux actes de dévotion. Sans savoir ce que pouvait être le sado-masochisme, dont l’abbé Jacques Boileau dénonçait les risques au même moment  «elle avertit quatre prêtres et quatre filles qui se baillaient la discipline les uns les autres, que s’ils continuaient, ils se damneraient » (Gaillard, CA., 237).

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