La fête de L’Assomption de la Vierge Marie

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Se préparer à la fête de L’Assomption de la Vierge Marie

Frères et soeurs, quels enseignements pouvons-nous tirer pour notre foi en cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie ?

Tout d’abord nous pouvons confesser que, oui, c’est bien vrai, la mort est vaincue. Un être de notre race humaine, une femme, fille des hommes, s’est endormie dans la mort mais n’a pas été anéantie par elle. En montant au ciel, Marie s’adresse à nous tous en nous disant : «Oui, mon Fils, le Christ-Jésus, a terrassé la mort par sa pâque sur la croix. La Porte du ciel est ouverte ! La mort est morte.»

Mais Marie nous dit plus encore par son Assomption. Si la mort n’est plus un point final, un anéantissement, elle est désormais une entrée dans la gloire. Toute destinée humaine s’achève par la résurrection. Notre vie n’est pas bornée par la mort. Elle est faite pour communier à la vie de Dieu. Jésus l’avait annoncé : «Je suis la Résurrection et la Vie. Qui vit et croit en moi, fût-il mort, vivra. Et quiconque vit et croit en moi,  ne mourra jamais» (Jn 11,25-26). En Marie, elle qui a vécu et cru pleinement en Jésus,  s’est réalisée la promesse du Christ. Et Marie nous dit en ce jour avec l’Apôtre Paul :  «Pour vous, votre cité se trouve dans les cieux  d’où vous attendez ardemment le Seigneur Jésus Christ. Il transfigurera votre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire» (cf. Ph 3,20-21). Le Seigneur veut tous nous glorifier dans son Royaume.

La fête de l’Assomption de la Vierge Marie est donc une fête de l’espérance. Elle nous dit quelque chose sur notre devenir. Nous en avons déjà la connaissance par la mort et la résurrection de Jésus mais, aujourd’hui, un supplément d’espérance nous est donné. En effet, la glorification de Jésus est celle d’un être qui est pleinement homme mais aussi pleinement Dieu. Tandis que la glorification de Marie est celle d’un être pétri d’humanité sans avoir part à quelque chose de divin. Marie est l’une d’entre nous. Elle est la première de cordée de toute  l’humanité en marche vers l’accomplissement du Salut. En la fête de l’Assomption paraît ce que l’humanité sera quand toutes choses seront accomplies et que Dieu sera «tout en tous».

Mais cette fête ne se contente pas de tourner nos yeux vers le futur. Elle nous invite à voir ce qui est déjà là. Elle manifeste ce qui est déjà donné, ce qui est présent dès maintenant. Elle a pour but de nous aider à voir et donc de modifier notre regard pour mieux voir la grandeur du présent. Le monde à venir n’est pas un monde qui viendrait s’ajouter au monde actuel ou le remplacer. Le monde à venir n’est pas un complément du monde présent. Il est ce monde, l’unique et même monde, pleinement arrivé à  maturité. Il est ce monde, non pas nié, mais achevé, parce qu’il a donné le fruit qui justifie tout le temps de la maturation et de la croissance. Il est un monde pleinement humanisé, l’humanité ayant elle-même donné le meilleur d’elle-même.

Or, frères et soeurs, n’est-il pas triste de voir que de génération en génération se transmet toujours, bien que sous des formes différentes, la même croyance qui voudrait que ce monde soit bassement matériel, lourd et opaque à l’action de l’esprit ? Une croyance en un dualisme entre la matière qui serait mauvaise et l’esprit qui serait bon. Or la foi chrétienne démonte ce dualisme par l’incarnation du Verbe où l’esprit rejoint la chair et par la Résurrection du Christ où la chair est glorifiée dans l’esprit. Marie, glorifiée au ciel en sa chair humaine, atteste que toute chose est habitée par un dynamisme qui est spirituel. Chaque être humain porte en lui quelque chose que le temps et l’espace dans leur forme actuelle ne peuvent enfermer. Quelque chose de profondément accordé à la volonté du Créateur et qui lui répond. Quelque chose qui a valeur de promesse. Ainsi l’histoire humaine nous apparaît comme une graine dont la forme ne laisse pas deviner l’ampleur de l’arbre, ni le bourgeon, l’éclatante couleur du fruit. Ainsi l’histoire humaine est-elle comme le grain de blé qui dort dans la terre, cerné par des forces de mort, avant de jaillir dans la lumière et l’or de la moisson. Dans notre humanité, dans notre corps, dans notre âme, dans notre coeur, il y a la puissance de l’Esprit qui nous donne part à la dignité d’enfants de Dieu. Nous portons en chacun de nous  des germes d’éternité qui ne demandent qu’à éclore en une «masse éternelle de gloire» (2 Co 4,17).

Chers frères et soeurs, il est grand le mystère de notre foi ! Mais qu’est-ce qu’il est beau ce message qui relève l’homme, le guérit, le libère ! Sur cette terre d’Aubrac où les vastes étendues donnent l’impression que le ciel touche la terre, il y a de quoi méditer sur le mystère de l’homme et de Dieu, le mystère de l’homme qui regarde vers Dieu et le mystère de Dieu qui se penche vers l’homme.

Toi, Marie, Vierge bénie, qui, de la terre, est directement montée au ciel parce que ta vie de la terre touchait déjà, par sa sainteté et sa pureté, la joie du ciel, fais-nous grandir dans l’espérance.

Après toi, comme toi, avec toi, nous pourrons passer un jour de la vie de la terre à la gloire du ciel.

Soit bénie de venir en ce jour nous visiter pour nous conduire au Christ, la Porte unique par laquelle l’humanité peut entrer dans le Royaume du ciel.

(tiré d’une homélie de Jean-Michel Maldamé)

Homélie du frère Jean-Christophe – Fraternité Monastique de Jérusalem

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