Le clergé dénoncé par “L’Osservatore Romano” comme « principal obstacle » aux projets du pape François

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Le pape François célèbre une messe avec les cardinaux à l’occasion du 25ème anniversaire de sa consécration en tant qu’évêque, au Vatican, le mardi 27 juin 2017.

Si le pape François rencontre des difficultés pour mettre en œuvre ses projets pour l’Eglise, c’est en raison d’une « bonne part du clergé », à la fois en haut et en bas de l’échelle hiérarchique. C’est ce qu’affirme le quotidien du Vatican, L’Osservatore Romano, qui dénonçait en début de semaine « la fermeture, sinon l’hostilité » de nombreux prêtres, évêques et cardinaux à la politique pontificale. De quoi sont-ils coupables ? D’attachement aux manières de penser et aux pratiques traditionnelles, assure le P. Giulio Cirignano, prêtre italien spécialiste de la Sainte écriture qui enseigne à la faculté de théologie d’Italie centrale.

Il s’agit là, selon lui du principal obstacle rencontré par le pape François qui a su au contraire convaincre les laïcs ordinaires de l’opportunité de la « conversion » vers laquelle il veut conduire l’Eglise. « La plupart des fidèles ont saisi, malgré tout, le moment favorable, le kairos que le Seigneur donne à sa communauté. La plupart d’entre eux sont dans la célébration. »

Les projets du pape François freinés par le clergé, de bas en haut

« Malgré cela, la partie (de la communauté) la plus proche de ces pasteurs mal éclairés est bloquée derrière un horizon ancien, l’horizon des pratiques habituelles, celui du langage démodé, de la pensée répétitive sans vitalité », assure Don Cirignano qui a dû bien potasser le petit livre des insultes papales.

Il propose sa propre explication de cette résistance du clergé : ils sont nombreux à avoir un « niveau culturel modeste », une mauvaise image du sacerdoce, et à baigner dans la confusion théologique en ce qui concerne Dieu et la religion. Ils sont nombreux à raisonner à partir d’une « théologie antique », associée à la contre-réforme. Cette théologie est « sans âme », juge sévèrement l’abbé, qui l’accuse d’avoir transformé « l’aventure passionnée et mystérieuse de “croire” » en « religion » qui n’atteint pas le niveau d’une véritable « foi ».

Il fallait bien qu’on y arrive : à l’idée que la religion catholique traditionnelle ne mérite même pas le statut de religion véritable, ce qui permet au passage de l’exclure de tout dialogue inter-religieux…

Selon le P. Cirignano, une telle « religion » produit un « dieu hypothétique » qui « constitue en grande partie une projection de l’esprit humain ». Le dieu d’une « religion suscitée par la peur et les besoins humains » – pourquoi pas l’opium du peuple, tant qu’on y est !

L’Osservatore Romano dénonce le principal obstacle rencontré par le pape François

Voici donc le prêtre traditionnel accusé d’être « trop marqué par une mentalité religieuse plutôt que par une foi limpide : alors, tout devient plus compliqué, (car) il risque de rester otage de beaucoup de choses inventées par l’homme à propos de Dieu et de sa volonté ».

La publication d’un tel libelle par le journal quasi officiel du Vatican n’est certainement pas le fruit du hasard. Sa diffusion marque une volonté et s’inscrit au demeurant dans un ensemble : celui des nombreuses dénonciations par le pape François des clercs d’esprit traditionnel, ces« docteurs de la loi » auxquels il reproche de manière répétée leur étroitesse d’esprit et leur « rigidité » lorsqu’ils remettent en cause des prises de position « pastorales » en soulignant l’effet de ces dernières sur l’intégrité de la doctrine.

Jeanne Smits

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