Retour sur la pensée et le message subtil du Pape Émérite…

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La barque de Pierre dans la tempête

Que pense Benoît XVI? Que dit Benoît XVI? La mise au point du message pour les funérailles de son ami le cardinal Meisner (18/7/2017)

La barque de l’Eglise est sur le point de chavirer.
Parole de Benoît XVI

15 Juillet 2017
www.libertaepersona.org
Ma traduction

* * *

Que pense Benoît XVI? Que dit Benoît XVI? Est-il d’accord avec Bergoglio, ou pas? Que pense-t-il des Dubia des quatre cardinaux?
A toutes ces questions, jusqu’à présent, on pouvait répondre de manière vague.
Quelques-uns, partisans du nouveau cours, soulignaient la correction témoignée par Benoît XVI envers son successeur: jamais une critique, car il est d’accord!
D’autres, critiques de nombreux choix de François, notaient plusieurs faits plutôt significatifs dans le sens opposé, comme les préfaces de Benoît XVI aux livres du cardinal Robert Sarah, pas vraiment sur la même ligne liturgique et doctrinale que François.

Et pour les Dubia? Que Benoît XVI soit d’accord avec les quatre cardinaux, beaucoup de choses donneraient à le penser: son magistère passé; sa profonde amitié avec eux – dont deux sont Allemands comme lui -; les déclarations de son secrétaire Georg Gänswein, qui, dans un discours, avait publiquement déclaré, se référant à Amoris Laetitia, qu’on ne change pas la doctrine avec une note, tandis que dans une autre occasion, il communiquait que Benoît XVI suivait de près le débat sur les Dubia (une expression qui semble indiquer qu’il les considère au moins comme intéressants, certes pas sans fondement).
Aujourd’hui, après le message de Benoît écrit pour commémorer la mort de son ami, le cardinal Joachim Meisner, il est difficile de faire semblant de ne pas comprendre.

Pourquoi?
Tout d’abord parce que Benoît XVI révèle qu’il a parlé au téléphone avec le Cardinal Meisner la veille de sa mort:
«Quand j’ai appris mercredi dernier par un appel téléphonique la mort du cardinal Meisner, d’abord, je ne l’ai pas cru. La veille nous avions parlé au téléphone. Sa voix était pleine de gratitude parce qu’il était désormais en vacances … ».

Ainsi Benoît XVI et le cardinal Meisner, l’un des quatre cardinaux signataires des Dubia, ont continué à se parler jusqu’à la fin.
Difficile d’imaginer que Benoît ait pris ses distances avec l’action si éclatante de son cher ami; difficile de penser qu’ils n’ont pas parlé de la mise à pied d’un autre cardinal allemand, Müller, puisque celui-ci, grossièrement renvoyé surtout pour ne pas s’être plié à une interprétation «rupturiste» d’Amoris laetitia , avait été nommé par Benoît XVI lui-même.
Notons que Meisner, la veille de sa mort, a parlé à Benoît XVI et au même Müller, lui disant qu’il était «profondément attristé» par son éviction. Benoît XVI n’a-t-il pas été attristé, lui aussi?
Quoi qu’il en soit, nous avons un cardinal allemand, signataire des Dubia, qui jusqu’à la veille de sa mort suit les vicissitudes de l’Eglise, interrogeant deux amis, tous deux connus pour leur orthodoxie, Müller et Joseph Ratzinger.

Et qu’écrit Benoît en souvenir de ce cardinal ami intime?
Il écrit:
«Nous savons qu’il était un pasteur passionné, et l’office de pasteur est difficile, précisément à un moment où l’Église a besoin de pasteurs qui savent résister à la dictature de l’esprit du temps».
Il y a déjà là un jugement clair, entièrement positif, sur le «pasteur passionné» qui va à contre-courant, contre «la dictature de l’esprit du temps». De quel côté se trouve l’esprit du temps, sur les Dubia, ce n’est pas difficile à comprendre … Certainement pas du côté de Meisner-Caffara-Burke-Brandmüller ….

Mais ce n’est pas tout:
«Mais j’ai été encore plus ému par le fait que, dans la dernière période de sa vie, il ait appris à prendre les choses de plus en plus sereinement et qu’il vive de plus en plus dans la conviction profonde que le Seigneur n’abandonne jamais son Eglise, même si parfois la barque s’est remplie presque au point de chavirer».

Benoît XVI n’a aucun doute: Meisner n’a pas trahi l’Eglise en remettant en question, «dans la dernière période de sa vie», la validité de passages-clés d’Amoris laetitia; Meisner a toujours aimé l’Eglise, même en voyant la barque de Pierre sur le point de chavirer!
Ce «même si parfois la barque s’est remplie presque au point de chavirer» est un jugement définitif, qui relie Meisner, sa foi, sa lutte contre la dictature de l’esprit du temps pénétré dans le temple, et la terrible crise dans laquelle verse l’Eglise .

Benoît XVI conclut ainsi:
«Quand, le dernier matin, le cardinal Meisner n’a pas paru pour la messe, il a été retrouvé mort dans sa chambre. Le bréviaire avait glissé de ses mains. Il est mort en priant, les yeux tournés vers le Seigneur, dans le dialogue avec lui. La mort qui lui a été accordée, nous montre une fois encore comment il a vécu: en présence du Seigneur et en conversation avec lui».

Pour quelqu’un qui a été accusé par les hommes d’Église les plus en vogue d’être contre le pape, de vouloir diviser l’Eglise, etc., il ne pouvait y avoir d’éloges plus éloquents venant d’un homme qui s’habille encore en blanc et qui se fait appeler «Benoît XVI, Pape émérite».

http://benoit-et-moi.fr/2017/actualite/la-barque-de-pierre-dans-la-tempete.html

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