Le retour de Benoît XVI suscite des réactions furieuses

Chers membres,

Un prêtre vient de m’envoyer ce texte important.

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Le discours avec lequel Benoît XVI revient publiquement à se prononcer sur la vie de l’Eglise, a suscité de vives réactions par rapport au climat d’intolérance profonde établie par Bergoglio et son establishment (cf article de Marco Tosatti).

Ce commentaire a l’intention de se concentrer sur le « point tournant » du Pape Benoît XVI.

Le retour de Benoît XVI (qui n’a peut-être jamais quitté la papauté): c’est le sentiment de beaucoup de catholiques.

Deux prises de positions suffirent pour provoquer la colère de l’establishment bergogliano et – de l’autre côté – l’enthousiasme de nombreux croyants (perdus et confus) qui ont reconnu la voix du vrai Pasteur.

Il y a trois semaines, dans un message lors d’une conférence sur sa pensée politique voulue par le Président de la République de Pologne et les évêques de ce pays, Benoît XVI avait souligné « une question clé pour l’avenir de notre continent » c’est-à-dire « la comparaison entre les conceptions radicalement athées de l’Etat et la naissance d’un état radicalement religieux dans les mouvements islamistes ».

Le Pape Ratzinger avait déclaré que cette tenaille entre la laïcité (ou l’athéisme marxiste) et l’islam, deux idées fausses, « conduit notre temps vers une situation explosive, dont nous expérimentons les conséquences tous les jours. Ces radicalismes nous poussent vers un besoin urgent de développer une conception convaincante de l’Etat, pour soutenir la lutte par rapport à ces défis et les surmonter ».

C’était une référence claire à son discours historique de Ratisbonne qui – sans surprise – avait déclenché la colère d’une certaine laïcité italienne et d’un certain monde islamiste.

De plus, ces dernières heures, on nous a annoncé une autre intervention de Benoît XVI, qui provoque un véritable tremblement de terre au Vatican.

Sorti du SILENCE

Benoît XVI a en effet préfacé un livre du Card. Robert Sarah, « The Power of Silence » (éditions Cantagalli) où – selon Riccardo Cascioli – il prend directement la défense du Cardinal Sarah, qui en tant que préfet de la Congrégation pour le Culte Divin, a maintenant été isolé et marginalisé suite aux nominations récentes du Pape Bergoglio.

Sur la liturgie – qui apparemment n’intéresse que les spécialistes, alors que dans l’Église elle est son essence même, le cœur de sa vie et la véritable expression de sa doctrine – on serait prêt à déclencher une attaque finale d’une telle gravité que Benoît XVI a décidé de s’exposer en personne pour l’éviter. Il en va de la vie de l’Église elle-même ; car comme on dit, à mots extrêmes, remèdes extrêmes.

Le Pape Ratzinger protège ainsi le Card. Sarah, le définissant un véritable « maître spirituel » et il conclut: « Avec le Cardinal Sarah la liturgie est entre de bonnes mains. »

Furibonds

Combien perturbant est cette intervention, nous le comprenons de la réaction indignée du théologien Andrea Grillo, représentant parfait de la révolution bergoglienne. Grillo parle d’ « un véritable incident », comme si Ratzinger avait soudainement renoncé à son renoncement et chercherait à influencer les décisions de son successeur.

Suite à une attaque lourde contre Sarah, le théologien Grillo s’est lancé directement contre Benoît XVI, qu’il définit de façon controversée « évêque émérite » et non « pape émérite. »

Grillo continue par dire que « l’acte de Benoît XVI est d’autant plus grave si on considère les changements quant à l’affectation du poste de Préfet. Une sorte de défense in extremis d’un Préfet quasi discrédité.

« Une chose est certaine … l’interférence qu’une intervention de ce genre exerce sur le libre exercice de l’autorité du successeur, constitue une grave ingérence et l’altération des équilibres ecclésiales. Le choix de la discrétion et de l’humilité, tout à fait nécessaire pour ceux qui exerce une « renonciation au ministère » semble profondément altéré de cette manière ».

En bref, ils sont furieux. Ce qui le plus les « dérangent » c’est surtout une position publique et claire du Pape Ratzinger dans la défense de la liturgie catholique: un véritable « non possumus » prononcé par celui qui a le ‘munus’ pétrinien, et qui, dans son dernier discours public, a dit textuellement: « ma décision de renoncer à la charge active du ministère n’est pas une révocation de celle-ci».

Ensuite, ce qui irrite, c’est que Benoît XVI démontre la stature spirituelle du Card. Sarah, qui sous une certaine manière rappelle Karol Wojtyla, lui aussi dans son pays, s’opposa courageusement à la dictature, risquant de sa personne.

Un VRAI HOMME DE DIEU

Par ailleurs, Sarah – qui est né pauvre et qui vient d’un village africain, par conséquent du Tiers-Monde – ne cède d’aucune manière face à la démagogie de gauche et au populisme bergoglien sur l’ émigration: « L’Église, écrit Sarah, s’est très gravement trompée sur la nature de sa vraie crise, pensant que sa mission essentielle était d’offrir des solutions à tous les problèmes politiques en matière de justice, de paix, de pauvreté, d’accueil des migrants, ect … laissant de côté l’évangélisation ».

Benoît XVI cite une autre pensée du Card. Sarah sur la prière et sur son expérience intense du silence. Puis le Pape mérite commente :

« Ces phrases montrent clairement ce que le cardinal vit, c’est-à-dire qu’il donne à ses paroles toutes leurs profondeurs intérieures. De cette position privilégiée, il peut voir les dangers qui menacent continuellement la vie spirituelle, même celle des prêtres et des évêques, et qui mettent par là même l’Église en danger. En elle, il n’est pas rare que la Parole soit remplacée par un verbiage il dilue la grandeur de la Parole ».

Qui sont ceux qui, dans l’Église d’aujourd’hui, remplacent la Parole de Dieu avec son verbiage ?

On arrive mieux à le comprendre en continuant la lecture de Benoît XVI: « Je voudrais juste citer un passage (de Sarah) qui peut devenir un examen de conscience pour tout évêque : ‘Il arrive qu’un bon et pieux prêtre tombe rapidement dans la médiocrité une fois élevé à la dignité épiscopale, se préoccupant uniquement du succès mondain. Accablé par le devoir, préoccupé par le pouvoir, par l’autorité et les nécessités matérielles de son ministère, il perd petit à petit toute énergie.’

Le cardinal Sarah est un maître spirituel qui parle des profondeurs du silence de Dieu, de son union intérieure avec lui, raison pour laquelle il a vraiment quelque chose à dire à chacun d’entre nous.

Au dernier Synode sur la famille, Sarah a parlé fortement contre la « révolution » de Kasper (sponsorisée par Bergoglio): « J’affirme donc solennellement que l’Église en Afrique s’opposera fermement à toute rébellion contre l’enseignement de Jésus et du Magistère ».

Les cardinaux qui, au Synode ont soutenu l’enseignement millénaire de l’Église, sur les pas de Paul VI, de Jean-Paul II et de Benoît XVI, représentent aujourd’hui pour les catholiques la vraie voix de l’Eglise.

LES GRANDS CARDINAUX

L’un de ceux qui les représentent le plus, le cardinal Carlo Caffarra, et qui est parmi les signataires de la « Dubia » en rapport à Amoris laetitia, a prononcé pas plus tard qu’hier un discours puissant au ‘Rome Life Forum’, rassemblement internationale ‘prolife’ à la veille de la Marche pour la vie à Rome.

Le cardinal Caffara – vrai pasteur avec une grande profondeur théologique – a lancé un halte là très fort, le comparant à l’Apocalypse – bataille finale entre le Christ et Satan – et en l’appliquant à la période actuelle.

Il a expliqué qu’il y a « deux piliers de la création » : la sacralité de la vie humaine, et l’union conjugale entre l’homme et la femme, lieu où Dieu crée de nouvelles personnes humaines à son image et ressemblance (c’est la loi de la coopération humaine au gouvernement divin … Dieu célèbre la liturgie de son acte créateur dans le temple saint de l’amour conjugal).

La transformation de l’avortement en un droit, ratifié par tous les systèmes juridiques (un milliard d’avortements en 20/25 ans) c’est la démolition de la première colonne » de la création à travers laquelle la vie humaine est sacrée.

L’autre démolition, affirme Caffara, est l’annulation du mariage comme « union légitime de l’homme et la femme, source de vie » pour une liquidité des formes qui ne reconnaissent plus l’ordre mâle / femelle de la création.

Ainsi Caffara trace une descente dramatique de la civilisation humaine: la descente sur laquelle nous sommes aujourd’hui. Avec Benoît XVI et ces cardinaux on entend à nouveau la véritable voix de l’Église.

Antonio Socci

Tiré de « Libero », du 20 mai 2017

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