San Damiano, des faits irrécusables

Les Editions du Parvis, publie un livre du Père Flichy qui prend source autour des faits de San Damiano: L’Eglise et ses prophètes. Dans la seconde partie de ce livre dit du cinquantenaire, «à la recherche de la vérité», l’auteur donne le cadre de la famille Quattrini et les premières interventions célestes auprès de Mamma Rosa, suivi de la réponse rapide de l’Eglise locale. Extraits:

Le cadre familial

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A 70 km au sud de Milan et à 20 km au sud de Plaisance se trouve le village de San Damiano qui comptait 1000 habitants avant que Mussolini ne décide d’expulser une partie de la population pour y construire un grand aéroport. San Damiano ne compte aujourd’hui que 150 habitants. Ce hameau, appartenant à la commune de San Giorgio, constitue cependant une paroisse indépendante sous le patronyme de saint Cassien. Rosa Quattrini est la fille de Federico Buzzini, pieux et honnête ouvrier d’une entreprise de matériel agricole.

Federico et son épouse Giacomina, née Peveri, ont sept enfants dont trois meurent très jeunes. Rosa, née le 26 janvier 1909, est la troisième des quatre survivantes. Toutes ses sœurs entrent en religion. Pierina devient sœur du Sacré-Cœur au Brésil, Anna sera franciscaine dans l’île de Ceylan, Giuseppina entrera dans un carmel proche de Lucques.

L’année même de la naissance de Rosa, Federico est amputé d’une jambe; il meurt deux ans après. Au retour du cimetière, Giacomina conduit ses quatre filles devant le Saint-Sacrement et elle déclare:

«Jésus, maintenant je n’ai plus d’époux. C’est toi que je veux pour époux. Je n’en veux plus d’autre. Et je te consacre mes filles pour qu’elles soient toutes tes épouses.» (1 Mais, 16)

A l’âge de 28 ans, en 1937, Rosa épouse Giuseppe Quattrini, qui est ouvrier dans une briqueterie. Les époux ont trois enfants: Giacomina, née en 1938; Paolo, né en 1943; Pier Giorgio, actuel président de l’Association, né en 1952. Suite à des accouchements difficiles, la santé de Rosa ne cesse de se détériorer. En raison de cette situation, la tante paternelle de Rosa, Adèle, vient habiter le même domicile. L’indigence et diverses tribulations obligent la famille à changer souvent d’habitation: de 1943 à 1953, on les trouve à San Damiano; de 1954 à 1960, dans le village de Villò; après 1960, en diverses habitations de San Damiano. Rosa est guérie dans la casa Biondelli et elle reçoit la première grande apparition à la maison dite du Borgo Palia.

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Transformation physique du messager

Le 29 septembre 1961, fête de saint Michel Archange, l’existence monotone de Rosa est secouée par un grand événement dont nous possédons au moins sept versions: trois émanent de Rosa; quatre proviennent de tante Adèle Buzzini. Voici un résumé de la déposition faite par Rosa à l’écrivain italien Dino Buzzati.

De l’hôpital on ramène Rosa Quattrini à son domicile, car on estime qu’il n’y a plus d’espoir pour elle.

Le 29 septembre, arrive dans sa demeure une jeune femme qui demande une obole. Cela en vue d’acheter trois cierges et trois petites lampes destinés au sanctuaire de Padre Pio.

Tante Adèle, paysanne économe, lui répond:
«Mais nous sommes très pauvres. A la maison, entre nous tous, nous n’avons que 1000 lires, et encore, nous les a-t-on prêtées.» Sans se laisser impressionner la dame lui déclare calmement: «L’offrande, tu dois la faire quand même.» Adèle résiste: «Nous ne pouvons pas. Il y a là ma nièce, Rosa, qui est malade, et souffre un enfer. Il nous faut la soigner et nous n’avons que ces 1000 lires.»

La dame demande à voir la malade qui déclare: «Je suis tout éventrée. Ils m’ont ramenée de l’hôpital parce qu’il n’y a plus d’espoir.»

Avec une extrême énergie, la dame lui intime plusieurs fois l’ordre de se lever, mais l’infirme prétend ne pas y arriver: «Je lui ai donné mes deux mains (à la dame), explique enfin l’épouse Quattrini. J’ai senti une grande secousse… Je me lève et je suis guérie…

Ensuite, j’ai toujours été bien, je n’ai plus jamais été au lit.»

La dame a un visage très beau. Elle est plus blonde que brune. Elle a des vêtements de pauvre. Sur la tête un fichu bleu azur. La robe d’un bleu pâle grisâtre. Elle a une bourse noire. Elle dit qu’elle vient de loin.

Le dialogue entre la dame et la miraculée continue:
«Va aussitôt chez le Padre Pio.
– Avec quel argent?»

La visiteuse semble ne pas entendre:
«Quittez ce lieu sur-le-champ. Cherchez une autre maison. Et puis, toi, tu dois te rendre chez le Padre Pio.
– Mais je n’ai même pas d’argent pour manger. Je n’ai pas de vêtements pour le voyage.
– Ne pense pas à cela. Quand ce sera l’heure, tu auras tout ce qu’il faut.»

De fait, ce qui est nécessaire arrive à point nommé.
Quand l’intervenante, prête à partir, est sur le seuil, des gens sont là. Le petit Pier Giorgio est seul à voir la mystérieuse dame.

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L’intervention d’un saint

A peine guérie, Rosa vaque aux travaux ménagers. Giuseppe, Son mari, trouve un nouveau lieu d’habitation.

Rosa assure le déménagement en poussant, sur deux kilomètres, une charrette à bras!

Elle est désormais capable de marcher quotidiennement jusqu’à l’église.

En mai 1962, elle se rend à San Giovanni Rotondo avec son curé, Don Edgardo Pellacani.

Dans l’église arrive un frère qui demande, au nom du Padre Pio, où est la miraculée de San Damiano.

Le lendemain, samedi matin, voici que la Dame qui l’avait guérie se présente:
«Je suis la Mère de la Consolation et des affligés… Après la messe, nous nous retrouverons près de la Table Sainte, et je t’accompagnerai jusqu’au Padre Pio.»

Tout se passe comme prévu. La Maman céleste ouvre une porte. Padre Pio se trouve juste derrière:
«Je m’agenouille devant lui. Je lui dis que je ne sais que penser de tout cela.

Il me dit:
«Voici celle qui te le confirme. Et il me montre la Madone, qui se trouve là, sur le côté.
«Rentre chez toi, ajoute le capucin, va à l’hôpital soigner les malades.»

Pendant les mois qui suivent, Rosa assiste des personnes souffrantes, d’abord son oncle Ernest Peveri, puis divers infirmes à l’hôpital de Plaisance. Elle explique elle-même que «pendant les années où elle a soigné les malades, elle est allée très souvent chez Padre Pio».

Lors d’un pèlerinage qui a lieu en un mois de septembre, elle se confesse au prêtre stigmatisé qui lui enjoint de ne plus quitter sa maison, de prier devant la petite chapelle et d’invoquer l’archange Michel:
«Qu’il t’illumine, te guide, t’assiste et te défende, car il t’adviendra un grand événement. Prépare-toi, prépare-toi, prépare-toi… par la prière, par le sacrifice. Je t’assisterai.»

Rosa obéit. Elle répète le conseil donné par l’homme de Dieu:
«Ne te décourage jamais. Saint Michel et notre Maman du Ciel te seront toujours proches, et moi aussi. Prie beaucoup. Sois très humble. Porte la croix avec Jésus.»
Arrive le moment où tante Adèle est affectée d’une bronchite avec pneumonie. L’homme du Gargano lui signifie qu’elle doit passer à une nouvelle phase de son existence: «Maintenant, ta mission (auprès de l’hôpital) est terminée. Rentre chez toi soigner ta tante. Un grand événement t’attend.»

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L’apparition inaugurale et publique

«Le vendredi 16 octobre 1964, se trouvant dans sa maison, au lieu-dit Borgo di Paglia, Rosa Quattrini s’entend appeler de l’extérieur. Sortant dans la cour, elle a une vision de la Vierge au-dessus d’un poirier, dans le verger. Elle reçoit un message à transmettre et, pour être crue, demande un signe. Elle voit alors l’arbre sur lequel s’est posée la Vierge fleurir hors saison et avec luxuriance.» (1 Mais, p. 34)

Nous possédons au moins neuf narrations écrites, sûres et concordantes, de cet événement décisif. Sept sont de simples transcriptions des récits faits directement par la voyante au curé Pellacani et à d’autres. Plusieurs ont été prises au magnétophone.

Ce vendredi 16 octobre (fête de sainte Marguerite-Marie, date de la future élection de Jean Paul II), Mlle B.I. visite Rosa jusqu’à midi et la quitte au moment où va sonner la cloche de l’Angélus. A ce moment, la dame Quattrini récite les prières. Et voici qu’elle entend une voix féminine ténue qui l’appelle à divers reprises: «Viens, viens, avance…» Elle entre dans le jardin, franchit le premier, puis le second grillage. C’est alors qu’elle voit descendre une grande nuée blanche, comme une grosse boule de neige. Elle voit aussi des étoiles innombrables et une pluie de roses. La nuée couvre bientôt le feuillage du prunier. La Très Sainte Vierge se montre alors sur le tronc du prunier. Elle a un manteau blanc, la robe bleue serrée à la taille, avec une ceinture blanche dont pend un chapelet. Elle est belle et triste et s’exprime ainsi:

«Ecoute, ma fille, je viens de si loin pour annoncer au monde qu’il faut prier, prier beaucoup, car Jésus ne peut plus porter sa croix. Toi, aide-le à la porter…

Va promptement chez le prêtre annoncer ces choses…»

Rosa de répondre: «Maman, je ne suis pas capable d’annoncer ces choses: on ne me croira pas, on dira que je suis folle…

Donnez-moi un signe, que tous puissent voir et croire.»
«Quand je partirai, ces arbres fleuriront.»

Marie quitte alors les lieux. Elle vole en direction de l’église. De ses mains qui se meuvent pleuvent des pétales de roses…

Le poirier se couvre de fleurs. Une branche du prunier fleurit aussi. La floraison dure dix-sept jours. Cela, en dépit de la pluie, du vent et de la neige.

Quand on se trouve en face d’une succession d’apparitions, il est très utile de prêter attention aux paroles initiales qui sont comme le portique de ces manifestations.

Notons d’emblée le contenu du premier message de San Damiano:
«Ma fille, je viens de loin. Annonce au monde que tous doivent prier, car Jésus ne peut plus porter sa croix. Je veux que vous soyez tous sauvés, tous, bons et mauvais. Je suis la Mère de l’Amour, la Mère de tous, et vous, vous êtes tous mes enfants. Je veux que vous soyez tous sauvés. Aussi suis-je venue avertir le monde car les châtiments sont proches.

Je reviendrai chaque vendredi. Je te donnerai des messages et tu devras les annoncer au monde.» (1 Mais, p. 43)

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Les réactions du diocèse…

La nouvelle de ces événements se répand très rapidement de bouche à oreille, avant d’être publiée par la presse locale. Des milliers de visiteurs accourent au cours des jours suivants (1 Mais, p. 34-38).

«Les autorités ecclésiastiques de Plaisance, écrit Roland Maisonneuve, prirent très rapidement une position de réserve, puis de scepticisme, enfin de négation.»
(1 Mais, 48)

Nous reviendrons sur cet important sujet. Notons que les pèlerins de San Damiano ont en général un sens aigu de l’Eglise. De ce fait, ils prennent très à cœur les jugements des évêques, même s’ils ne leur donnent pas toujours un assentiment complet. Cela explique pourquoi l’histoire de San Damiano se confond, pour une part, avec les appréciations des évêques successifs de Plaisance.

Peu de temps après le début des apparitions, Mgr Umberto Malchiodi envoie à tous les curés des environs de San Damiano une lettre destinée à mettre en garde les fidèles.

Trois notes s’ensuivent (01.11.1970, 15.12.1976, 02.02.1968). Elles sont précises, abruptes, amères, sévères en ce qui concerne la personne de Mamma Rosa. En 1968, Mgr Malchiodi ordonne même, un temps, la fermeture de l’église Saint-Cassien.

Il prend surtout une initiative qui portera un coup fatal, peut-être irréversible, à la mission de San Damiano. Le 13 novembre 1968, il envoie à Mgr Giovanni Benelli, substitut de la Secrétairerie d’Etat, futur cardinal archevêque de Florence, une note d’information longue de sept belles pages éloquentes, substantielles, documentées contre le phénomène San Damiano (version intégrale en 1 Mais 68R, pp. 308-314). Cette dissertation invite la Secrétairerie d’Etat à prévenir les évêques de nombreux pays d’Europe, afin qu’ils mettent en garde leur peuple. Cela explique l’ignorance ou l’hostilité générale des prêtres et des fidèles d’Europe envers San Damiano. Aujourd’hui encore, beaucoup ne connaissent les faits qu’à travers les communiqués de presse inspirés de ce document. En posant cet acte, l’évêque du temps a commis l’irréparable.

On connaît l’expression populaire: Dites du mal des gens, il en restera toujours quelque chose. A la femme qui s’accusait de médire, saint Philippe Néri demandait de courir dans les rues de Rome pour récupérer les plumes qu’elle avait arraché à une poule. Que dire alors des jugements sévères qui ont été répercutés avec les puissants moyens d’un organisme international? Comment, après cela, redresser l’opinion publique?

Mgr Enrico Manfredini (1969-1983), prenant la suite de Mgr Malchiodi, porte un jugement également négatif sur l’affaire San Damiano. Dans les notifications du 20.05.1977 et du 01.05.1980 il se montre tout aussi résolu que son prédécesseur et prend des mesures très restrictives envers les prêtres et les pèlerins extérieurs.

Mgr Antonio Mazza, évêque de Plaisance entre 1983 et 1995 assume l’héritage de ses devanciers. Raide est sa notification du 01.09.1986. Mais, probablement influencé par Jean Paul II qui aurait déclaré: «Il faut dépoussiérer le dossier de San Damiano», il prend une série de dispositions pastorales apaisantes et positives en vue d’assurer l’animation pastorale du pèlerinage. Après lui, Mgr Luciano Monari, évêque du diocèse entre 1995 et 2007, adopte une stratégie conciliatrice.

Sachons seulement que l’histoire du pèlerinage et celle de Rosa seront un long martyre.

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