L’Eglise et ses prophètes

Abonnés, lecteurs fidèles de la revue Stella Maris, chaque mois vous guettez son arrivée. Mais connaissez-vous l’histoire et la mission des Editions du Parvis?

Avec la parution du livre du Père Marc Flichy: L’Eglise et ses prophètes une occasion unique se présente de découvrir à travers l’avant-propos des éditeurs, Etienne et Jean-Marie Castella, comment est née cette revue, comment son fondateur André Castella, à San Damiano, a reçu l’appel à diffuser des messages du Ciel et des meravillia Dei; comment avec deux de ses fils, la revue s’est développée dans le temps, alors que pointent les cinquante ans de parution de Stella Maris.

Tandis que l’obscurité et la confusion s’étendent sur la terre, que le grand combat spirituel est à son apogée, Dieu «qui est sans changement» ne cesse d’envoyer son Esprit Saint à ses petits prophètes pour répandre sa lumière et son amour dans les cœurs assoiffés et ouverts. Comment ne pas lui rendre grâce pour tant de soutiens à garder et croître dans la foi, l’espérance et la charité? Oui merci Seigneur pour tant de lumière, d’amour, de bénédictions, de libérations, de guérisons, de consolations et de joie profonde, reçues à travers ta revue: Stella Maris!

Christian Parmantier

Engagé avec des amis à étudier la doctrine sociale de l’Eglise, notre père, André Castella, entend parler d’apparitions dans le nord de l’Italie, à San Damiano. Trois de ses amis y font un voyage éclair et en reviennent bouleversés. Deux mois plus tard, nous nous rendons à San Damiano. Après ce court séjour, nos parents sont intérieurement convaincus de l’origine céleste de ces apparitions. Ce fut le point de départ des Editions du Parvis.

Aujourd’hui, notre père est parti vers le ciel. Nous poursuivons la mission initiée par lui et nous sentons le besoin de nous retourner pour manifester notre gratitude envers Marie, pour apprécier le chemin parcouru, pour en discerner les écueils, pour nous corriger éventuellement, pour ajuster notre action comme notre pensée aux désirs de l’Eglise.

Notre famille a reçu des grâces évidentes à San Damiano, elle a eu le privilège d’être admise dans le cercle des amis intimes de Mamma Rosa, d’en recevoir un enseignement vigoureux, d’être formée par elle à l’école exigeante de Marie.
Dans cette mesure, comment était-il possible d’enterrer le talent? Comment ne pas reprendre le cri de Pierre et de Jean: «Nous ne pouvons pas, quant à nous, ne pas publier ce que nous avons vu et entendu!» (Act 4,21)

Notre père, très conscient des prérogatives et des devoirs liés à la grâce du baptême, s’est lancé avec passion dans la diffusion des enseignements donnés par la Vierge Marie. Il s’est conduit en laïc responsable, soumis, mais non asservi à l’autorité. Quoique traditionnel de formation, il faisait preuve d’une liberté peu habituelle dans le contexte ecclésial de l’époque.

Nous-mêmes, à sa suite, touchés au vif par les signes évidents d’une présence du Ciel, témoins des grâces de transformation et de lumière accordées à Mamma Rosa, avons ressenti un appel à devenir des apôtres de Marie, … d’autant que les enseignements de la Vierge étaient assortis de pressantes invitations à les faire partager.

Les Editions du Parvis sont donc nées, non d’un projet humain, mais de ce que nous avons cru être un appel pressant de Marie.

Dans les débuts, la revue Stella Maris a été fondée principalement pour répandre les messages de la Sainte Vierge.

Nous nous considérions comme des autodidactes, mais des autodidactes poussés par le Saint-Esprit.

Le contexte du temps, nos maladresses peut-être, ont ouvert la voie à toutes sortes de malentendus.

L’hostilité contre les apparitions en général et celles de San Damiano en particulier s’est notablement apaisée.

Depuis un demi-siècle, nous assistons, au niveau planétaire, à une prolifération de manifestations surnaturelles aussi extraordinaires que celles de San Damiano. Un certain nombre de chrétiens ont cessé de s’étonner et se contentent de rendre grâce.

Dans le même temps, l’attitude de l’ensemble de l’Eglise a profondément changé, tant chez les prélats, chez les clercs que chez les fidèles. Les baptisés ont pris leur juste place dans l’Eglise, les prophètes – souvent des laïcs mariés – se sont multipliés, prenant position au grand jour. La Hiérarchie elle-même, prenant acte d’une évolution qu’elle a elle-même désirée, ne traite plus les laïcs comme des enfants. De grands pas ont été faits, même s’il faut déplorer trop souvent une mise à l’écart qui, à notre avis, nuit profondément à la Mission.

Avec la grâce, l’expérience et le temps, les Editions du Parvis et la revue Stella Maris ont fait leur chemin.

Nous avons élargi notre champ de vision. Nous avons fait connaître des apparitions autres que celles du nord de l’Italie.

Nous avons pris conscience que beaucoup de fidèles avaient le cœur transpercé par certaines «paroles de sagesse» formées par l’Esprit Saint.

Nous avons réalisé qu’un service spécial était nécessaire pour que les pauvres puissent accéder à ce qui leur était caché. En effet, l’Esprit parle aux Eglises, mais ses porte-paroles sont parfois bâillonnés ou privés de moyen de diffusion. Nous avons senti que la mission spéciale de Stella Maris était et restera de les faire connaître.

Ceci ne pouvait se faire sans prendre en compte la possibilité de se tromper. Mais ce risque, nous l’avons affronté au nom même de l’Evangile: le serviteur qui enfouit le trésor est condamné (Mt 25,26). Pour contenir ce risque et éviter d’induire en erreur un grand nombre de fidèles, nous nous sommes entourés de collaborateurs réguliers ou occasionnels avec diverses compétences, de théologiens chevronnés, laïcs ou prêtres, d’universitaires de talent, des spécialistes dans divers domaines religieux.

Ainsi, nos publications sont devenues comme une agora spirituelle. Nous avons été la fontaine du village qui donnait à boire à un petit peuple assoiffé, souvent perdu dans la Cité séculière. Nous avons constaté avec joie que nos lecteurs isolés constituaient une famille invisible et portaient du fruit dans leurs communautés et paroisses.

Le climat étant devenu plus serein, la revue a progressé dans son charisme particulier. Elle s’est efforcée de répondre aux critiques formulées et de présenter moins les phénomènes extraordinaires que les messages offerts au Peuple de Dieu.

Dès le départ, Stella Maris a étendu cet effort aux spirituels du passé faisant l’objet d’un grand consensus. Elle a étoffé les parties consacrées aux commentaires bibliques, aux enseignements du Magistère, aux considérations basées sur la raison éclairée par la foi.

En fin du compte, la visée de nos éditions n’est pas dévotionnelle avant tout, elle est profondément missionnaire.

L’expérience a montré qu’une certaine famille d’âmes est sensible aux irruptions parfois spectaculaires de l’Esprit.

Mais une fois mis en route, ces convertis, ces futurs saints de l’ère moderne sont disposés à tous les sacrifices d’ordre personnel ou communautaire. Ils deviennent les apôtres de ce monde, même si les circonstances les obligent à œuvrer dans une grande solitude.

Nos publications ont aussi une orientation pédagogique. Talonnés par les exigences immédiates de l’actualité chrétienne, les pasteurs et théologiens se sont investis dans les problèmes d’ecclésiologie, négligeant bien souvent la théologie spirituelle.

Au début du XIXe siècle, les éducateurs de la foi se sont intéressés aux questions mystiques: en font foi les études du Père Poulain, du Père Garrigou-Lagrange, du Père Arintero, de Mgr Saudreau et, plus tard, les publications de la revue du Carmel ou les écrits du Père Marie-Eugène.

Depuis quarante ans, un ouragan de grâces mystiques déferle sur l’Eglise, et les théologiens s’y intéressent très peu.

A notre petite mesure, nous avons conscience que les chrétiens enthousiastes ont besoin d’être formés, c’est pourquoi nous avons eu recours à des spécialistes comme Mgr René Laurentin ou les Pères Oliva Melançon, Patrick de Laubier ou Jean-Pierre Torell.
L’essai du Père Marc Flichy nous a semblé vraiment représentatif de l’apostolat que nous poursuivons depuis tant d’années.

L’auteur a connu des tribulations semblables aux nôtres. Il a été confronté aux mêmes oppositions, aux mêmes réactions de «prudence», comme nous, il a persévéré dans la recherche de la vérité et dans l’effort apostolique.

Ce livre prend du recul, il a pour but de témoigner du vrai San Damiano, celui des priants, non celui des raisonneurs.

Il élargit sa recherche au vaste domaine de la mystique secondaire, de la prophétie en général.

Le lecteur trouvera ici ce qui manquait depuis longtemps: un ouvrage de base sur les faits surnaturels. Il ne se contente pas de donner un témoignage étayé sur San Damiano, il aborde aussi les questions de fond.

L’Eglise et ses Prophètes, le titre peut paraître ambitieux, mais il est justifié: il s’agit d’un traité substantiel sur la grâce prophétique, sur sa place dans l’histoire, sur son rôle dans le champ pastoral et sur son intégration dans l’institution ecclésiale.

Avec le temps, l’auteur a mis au point une méthode empirique de discernement applicable par d’autres. Appuyé sur ces convictions, il présente humblement les mesures pastorales qui s’imposeraient.

Il ose faire des propositions nouvelles concernant la vigilance ecclésiale, mais il le fait sous sa propre responsabilité, celle d’un modeste pasteur. Il précise bien qu’il s’agit ici d’un essai, non d’un manuel de doctrine.

Ce volume rejoint tellement les préoccupations missionnaires du Parvis! Il est un peu pour nous: «Le livre du cinquantenaire!»

Etienne et Jean-Marie Castella, Editions du Parvis

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