Les États-Unis se disent « prêts » à frapper une nouvelle fois en Syrie « si nécessaire »

Rédaction du HuffPost avec AFP

Yuri Gripas / Reuters
Les États-Unis se disent « prêts » à frapper une nouvelle fois en Syrie « si nécessaire »

INTERNATIONAL – Bachar al-Assad, menacé par de nouvelles représailles? Vendredi 7 avril, les Etats-Unis ont averti qu’ils étaient prêts à lancer de nouvelles frappes contre le régime syrien et à mettre en place de nouvelles sanctions économiques, au lendemain du bombardement d’une base de l’armée syrienne.

« Nous sommes prêts à en faire plus, mais nous espérons que cela ne sera pas nécessaire », a prévenu l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, devant le Conseil de sécurité. La diplomate s’exprimait lors d’une réunion d’urgence du Conseil consacrée à la première action militaire de Washington contre le régime de Bachar al-Assad en six ans de guerre.

La frappe a eu lieu trois jours après l’attaque chimique présumée contre la ville rebelle de Khan Cheikhoun au nord-ouest du pays qui a choqué le monde et pour laquelle le pouvoir syrien a été pointé du doigt. Le Pentagone soupçonne les Syriens d’avoir été aidés pour mener à bien cette opération, mais les militaires américains ne sont pas allés jusqu’à accuser la Russie.

Vers 03h40 locales vendredi 7 avril, 59 missiles de croisière Tomahawk ont donc été tirés par deux navires américains en Méditerranée, vers la base aérienne d’al-Chaayrate dans le centre du pays. Quelques heures plus tard, l’armée syrienne a fait état de « six morts, de blessés et d’importants dégâts matériels ». L’agence de presse officielle Sana a elle annoncé ensuite la mort de neuf civils, dont des enfants, dans des villages environnants. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a pour sa part indiqué que huit militaires avaient été tués, dont un médecin.

La salve de missiles américains a provoqué la colère de la Russie, alliée indéfectible de Bachar al-Assad, avec l’Iran. « Les Etats-Unis ont attaqué le territoire souverain de la Syrie. Nous qualifions cette attaque de violation flagrante de la loi internationale et d’acte d’agression », a déclaré le représentant de Moscou à l’ONU, Vladimir Safronkov, lors de cette réunion.

La réaction russe « est très décevante », a regretté le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson. Mais malgré l’ire de la Russie, sa visite à Moscou la semaine prochaine n’a pas été annulée pour le moment.

La piste de décollage épargnée

Selon une source militaire syrienne à l’AFP, l’armée de Bachar Al-Assad avait eu vent de l’action américaine et avait « pris des précautions ». La Russie a aussi souligné que la frappe n’avait guère été efficace, moins de la moitié seulement des missiles ayant explosé sur la base visée, selon elle.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a semblé accréditer cette thèse et a noté que deux avions de chasse syriens avaient même pu redécoller de la base dès vendredi pour mener de nouvelles frappes, près de Palmyre.

Face à ces critiques sur l’inefficacité de ce bombardement, Rex Tillerson a précisé que les Américains avaient délibérément épargné la piste de décollage elle-même, sans expliquer pourquoi. Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a ajouté que Washington allait prochainement « annoncer des sanctions supplémentaires contre la Syrie ».

La présidence syrienne a quant à elle qualifié ces frappes d' »acte idiot et irresponsable ». Le chef de l’ONU, la France et le Royaume-Uni ont plaidé pour leur part en faveur d’une solution « politique » en Syrie.

Peu avant la réunion du Conseil, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait ainsi appelé à la « retenue » et souligné qu’il n’y avait d’autre solution que « politique » à la guerre qui déchire la Syrie.

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