Témoignage du jeune Anglican Edward Kendall qui a rejoint cette année l’Eglise catholique.

Résultats de recherche d'images pour « Oremus”, le magazine de la Cathédrale de Westminster (GB), »Le numéro de septembre d’ “Oremus”, le magazine de la Cathédrale de Westminster (GB), rapporte ce témoignage du jeune Anglican Edward Kendall qui a rejoint cette année l’Eglise catholique.

« J’ai été baptisé par un prêtre épiscopalien et j’ai grandi au sein de l’Eglise d’Angleterre. A l’âge de 13 ans, je fus envoyé dans un internat dépendant de l’école cathédrale de Canterbury : nous avions là le grand privilège d’utiliser la cathédrale comme notre chapelle quotidienne.

Durant les vacances de Noël et de Pâques, je suivais la liturgie de la cathédrale Saint-Jean de Hong-Kong, ville où vivaient mes parents à cette époque et chez qui je passais mes vacances. Mon expérience dans ces deux cathédrales, à Canterbury et à Hong-Kong, m’a inculqué pour la vie le sens de la musique sacrée et de la liturgie.

A l’école, et par la suite, j’ai été attiré par l’anglo-catholicisme (Le terme d’anglo-catholicisme est employé pour désigner des personnes, des communautés, des mouvements d’idées, des coutumes et des pratiques qui, tout en existant au sein de l’anglicanisme, insistent sur la continuité avec la tradition catholique. Source : Wikipedia) avec toutes ses richesses liturgiques et son atmosphère si particulière. Et une fois que quelqu’un est imprégné d’anglo-catholicisme, il lui est difficile de ne pas se laisser séduire par le catholicisme romain.

Il y eut alors plusieurs faits qui, doucement, mais de façon cumulative, m’ont conduit jusqu’à la conversion. Tout d’abord, j’ai été amené à percevoir dans la foi catholique une grande intégrité intellectuelle. Je me suis mis à étudier les bases de la philosophie et de l’éthique, et j’ai ainsi appris à connaître de nombreux philosophes de sensibilités très diverses. Mais certains ont retenu mon attention plus que d’autres : S. Irénée, S. Augustin, S. Thomas d’Aquin et, plus récemment, Elisabeth Anscombe et Alasdair MacIntyre. Je notais qu’ils étaient tous catholiques et que leur philosophie était inspirée et tout imprégnée par leur foi. J’ai également commencé des études d’histoire, me concentrant en particulier sur l’Allemagne d’après-guerre dirigée par le politicien catholique Conrad Adenauer. Ses idées concernant la politique sociale me semblaient correspondre à ma pensée personnelle et je fus surpris de savoir que ces idées reposaient sur la doctrine sociale de l’Eglise Catholique. A ce stade, pourtant, malgré mon intérêt théorique pour le catholicisme, je n’avais aucune expérience personnelle de la liturgie catholique. Pour cela, il me fallut attendre d’avoir quitté l’école.

Ma première expérience de liturgie catholique remonte à mai 2014. Au cours d’un voyage en Europe dans le cadre de mon année de césure, j’ai pu observer la messe célébrée à la cathédrale de Ljublijana. C’était une messe célébrée en langue vernaculaire, sans parties chantées, mais très digne et solennelle. Malgré le fait que je ne pouvais pas comprendre ce qui se disait, je me suis senti attiré par la dignité de cette célébration et j’admirai le grand respect que les catholiques ont pour l’Eucharistie. La simplicité de cette messe, conjuguée à la splendeur baroque de l’édifice, me faisait penser que, malgré toutes les vicissitudes traversées, le rite central de l’Eglise, la messe, était pour l’essentiel resté identique à ce qu’il était lorsqu’il fut institué dans la “chambre haute” il y a plus de deux millénaires.

En septembre de cette même année, je débutai mes études universitaires à l’Université de Bangor (Pays de Galles). J’en profitai pour rejoindre la communauté catholique de cette université et je commençais à fréquenter la messe dominicale dans l’église catholique locale. La messe était dite en anglais, mais par ailleurs, avec la même dignité et la même solennité que celle que j’avais connues à Ljublijana. Par la suite, le caractère universel du rite et de la liturgie dans la diversité des langues à travers le monde entier que j’avais pu vivre là fut pour moi une autre de ces raisons qui m’ont attiré vers le catholicisme. Cette Eglise représentait pour moi une incarnation vivante de l’unité dans la diversité.

J’ai appris aussi l’existence de l’Ordinariat personnel de Notre Dame de Walsingham. Cet ordinariat a été créé par le Pape Benoît XVI pour permettre aux Anglicans cherchant la pleine communion avec l’Eglise catholique d’être reçus dans l’Eglise, sans avoir à renoncer à leurs pratiques liturgiques ancestrales auxquelles ils sont très attachés, et donc de venir enrichir encore la diversité culturelle de l’Eglise catholique. Cet ordinariat constitue également une réponse aux prières de nombreux Anglicans qui, comme moi, regrettent le schisme advenu au temps de la Réforme protestante et désirent depuis longtemps une réconciliation avec Rome. Bien que cette situation ne constitue pas une unité institutionnelle de l’Eglise anglicane et de l’Eglise romaine, le geste du Pape Benoît a été un geste très magnanime, ressemblant plutôt à la mise en place des Eglises Catholiques d’Orient : des Eglises, en pleine communion avec l’Eglise catholique et qui utilisent maintenant la même liturgie que leurs voisins orthodoxes et leurs ancêtres. L’existence de cet ordinariat a beaucoup compté dans ce processus qui m’a confirmé dans ma voie : ma vocation est d’être un chrétien laïc au sein de l’Eglise catholique.

Autour de l’Université de Bangor, il n’y avait cependant pas de paroisse relevant de l’ordinariat. J’ai demandé alors à l’aumônier de l’université si je pouvais être reçu directement dans l’Eglise catholique. Et, le 27 avril de cette année 2016, l’Evêque de Wrexham, Mgr Peter Brignall, vint à l’Aumônerie de l’Université pour me recevoir dans la pleine communion de l’Eglise catholique romaine. Il me conféra le sacrement de Confirmation et me donna la Sainte Eucharistie, ce dont je suis infiniment reconnaissant à Dieu. »

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