Amoris laetita, les 4 cardinaux vont-ils être dégradés ?

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Le 14 novembre dernier, 4 cardinaux rendent public leur lettre au pape, concernant les doutes qu’ils expriment au sujet de l’exhortation apostolique Amoris laetita.

Les dubia sont une forme ordinaire des demandes exprimées au Saint-Père. Elles visent à obtenir du souverain pontife des clarifications sur des points qui laissent planer des zones d’ombre. En cela, les cardinaux, conseillers ordinaires du pape, sont dans leur rôle. Il est indéniable qu’Amoris laetitia manque par endroit de clarté. Les divergences d’interprétation qui émergent depuis sa sortie en sont le témoignage douloureux, car ces divergences conduisent à des crispations parfois violentes.

Plusieurs fois sollicité le Saint-Père n’a pas souhaité jusque là expliciter les points de doutes. Il a affirmé que « oui des choses avaient changé », mais pour toute explication, il s’est contenté d’un « Point final ! » et de renvoyer à l’interprétation par l’épiscopat argentin qu’il considère être la meilleure explicitation de l’exhortation.

Pas suffisamment satisfaits sur certains points précis, les cardinaux Burke, Brandmüller, Caffara et Meismer ont alors exposé des dubia, c’est à dire des questions demandant une réponse par oui ou non.

Jusque là rien que de très normal dans le fonctionnement ordinaire de la Sainte-Eglise. Les cardinaux ont alors décidé de rendre public ces dubia, ce que le Vatican considère comme une faute ayant entraîné la confusion chez les fidèles. Une cause de scandale, évoquée après des réactions assez vives de « l’opposition » accusant les cardinaux de remettre en cause le pape et même le Saint-Esprit.

C’est en tout cas ce que vient d’expliquer Mgr Pino, Doyen de la Rote, la haute juridiction ecclésiastique, qui évoque même la possible dégradation des quatre cardinaux, pour cause de « grave scandale ».

C’est donc bien, officiellement, la publication qui pose problème. Une publication qui engrange le soutien d’évêques et de théologiens qui ne comprennent pas la sourde oreille vaticane. Il est pourtant vrai que des clarifications du Saint-Père mettrait un terme aux polémiques, au risque d’en créer d’autres. Mais elles auraient le mérite de sortir du doute.

Cette menace de dégradation, que le pape n’est pas obligé d’appliquer, précise Mgr Pinto a entraîné une nouvelle vague de soutiens aux quatre cardinaux. Parmi ceux-ci notons le cardinal Pell (dont on sait les difficultés qui l’oppose au cardinal secrétaire d’Etat) qui rappelle l’importance d’éduquer la conscience, laquelle dans sa distinction du bien et du mal doit pouvoir se référer à la loi claire de l’Eglise.

Loin de s’apaiser, la polémique autour de l’exhortation post synodale poursuit les tensions qui ont entouré les deux synodes sur la famille. Dans une position délicate, le Saint-Père se trouve à la croisée des chemins, entre unité et division. C’est à lui que revient la délicate entreprise de rassurer et rassembler un troupeau qui se sent perdu dans un magma de confusions.

Pour aller plus loin, comparaison entre Familiaris consortio et Amoris laetita

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