Le bilan Bergoglien s’alourdit


Le vaticaniste
Antonio Socci

Le bilan Bergoglien s’alourdit

Serait-il déjà au passif ?

L’«Aumônier d’Obama» a perdu son mentor ! 

Un pontificat désastreux, qui est à son crépuscule
(comme l’ère Obama/Clinton)
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Hier, le « New York Times » a parlé de la « course contre la montre » du pape Bergoglio pour transformer définitivement l’Église en un club « progressiste » comme cela plaît aux radical-chic.

Pour y réussir – selon le NYT – il devrait créer un nombre de cardinaux bergogliens en mesure d’élire un successeur à son image et ressemblance. Mais la tâche est ardue. Le Consistoire d’hier ne suffit pas.

Dans les milieux catholiques il y a désormais le sentiment que ce pontificat a fini dans une impasse, le contexte politique dans lequel il est né (la présidence Obama/Clinton) ayant disparu.

Le Consistoire d’hier, la fin de l’Année Sainte (aujourd’hui) et le 80e anniversaire de Bergoglio (le 17 Décembre) disent que c’est la saison des bilans pour ce pape, considéré (à mots couverts) comme décevant par les modernistes qui rêvaient de révolution, et jugé catastrophique par les catholiques orthodoxes (entre autre, les statistiques parlent le déclin de la pratique religieuse).

Voyons les différents points.

FLOP
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Le « Jubilé de François » a été un flop, et pas seulement pour les hôteliers romains. Le peuple chrétien l’a déserté ou l’a vécu sans conviction.

La visite du pape à Lund le 31 Octobre, pour commémorer le 500e anniversaire du schisme de Luther, qui avait été annoncée comme un tournant historique avec la perspective de l' »intercommunion » entre catholiques et protestants, s’est transformée en une parade qui n’est pas allée au-delà des déclarations d’intention habituelles (avec le sentiment désagréable de nombreux catholiques d’une légitimation morale de Luther).

Les thèmes sur lesquels Bergoglio a fait trembler l’Église pendant deux ans – c’est-à-dire l’Eucharistie et les unions non sacramentelles – l’ont conduit à la défaite en deux Synodes.

Il a ensuite pris sa revanche en signant un document post-synodal, Amoris laetitia, qui prétend changer la doctrine bimillénaire de l’Église sans le dire explicitement, mais en faisant passer la « révolution » dans la pratique comme « pastorale » au cas par cas.

Un renversement de fait, qui a été considéré comme dévastateur par de nombreux fidèles et évêques, au point que quelques cardinaux – représentifs de nombreux autres cardinaux et évêques – ont mis noir sur blance leurs « Dubia », les faisant connaître à tous, après que le Pape ait refusé de répondre et de clarifier des points ambigus et générateurs de conflits .

Sa position est à présent une position d’extrême faiblesse, car la tâche du Successeur de Pierre est précisément de dire la parole définitive et claire, en défense de la doctrine catholique.

S’il refuse de le faire, et même alimente lui-même la confusion doctrinale pastorale et le chaos dans l’Église, il se délégitime tout seul.

Au point que le cardinal américain Raymond L. Burke – l’un des signataires des « Dubia » – a déclaré publiquement au « National Catholic Register » que «s’il n’y a pas de réponse aux questions sur les points controversés, alors je dirais que se poserait la question d’adopter un acte formel de correction d’une grave erreur». En effet, «dans la tradition de l’Eglise, il est possible de corriger le Pontife romain» , même si «c’est une circonstance très rare».

Hier, un tweet du vaticaniste américain Edward Pentin a rapporté qu’une source de Sainte Marthe donne Bergoglio comme « bouillant de rage » envers les quatre cardinaux.

L’insoutenabilité de sa position provient du fait qu’aux « Dubia » des cardinaux – auquel, canoniquement, on doit répondre par oui ou par non – il ne peut répondre ni l’un ni l’autre, parce que soit il renierait sa révolution (et ce serait une capitulation) soit il admettrait publiquement qu’il a rompu avec la doctrine catholique, se délégitimant en tant que pape.

Bergoglio est allé jusqu’à supprimer, dans le consistoire d’hier, la traditionnelle réunion avec les cardinaux, pour qu’ils ne puissent pas glisser d’éventuelles questions sur les « Dubia » posées devant tout le monde.

LA DÉFAITE
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Mais le plus grand échec du pape Bergoglio, c’est son échec politique, étant donné que trois thèmes politiques ultraprogressisties caractérisent son pontificat: ouvrir toutes grandes les portes à l’émigration de masse, l’écocatastrophisme et les ouvertures acritiques à l’Islam .

En plus des défaites politiques que le pape a récoltées dans son Amérique du Sud (par exemple en Argentine et en Colombie), c’est surtout la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine qui représente une défaite pour lui.

Avant tout parce que Trump a une ligne opposée à la sienne (et à celle d’Obama) sur l’émigration, l’écocatastrophisme et l’Islam.

Ensuite parce que Bergoglio, au cours de son voyage en Amérique, avait explicitement attaqué Trump avec un très dur anathème « ad personam« , tout à fait inhabituel et invasif.

Le fait que Trump ait ensuite gagné, et que le vote catholique ait été déterminant, a fait dire à certains spécialistes que les catholiques américains avaient désavoué François .

Du reste, immédiatement après la présidentielle, les évêques américains ont voté pour élire la nouvelle direction de leur Conférence des évêques. C’était «comme un référendum sur le Pape François», a dit le vaticaniste John Allen , et les noms préférés de Bergoglio ont fait naufrage. D’autres ont été élus.

L’ère Trump conduit au crépuscule géopolitique du bergoglisme.
Ce n’est pas un hasard si c’est surtout Obama (et le cirque médiatique libéral) qui a mythifié le Pape argentin, lequel avait renversé les priorités de ses prédécesseurs (Benoît XVI et Jean-Paul II), faisant sien l' »Agenda Obama » et se transformant ainsi en une sorte d’aumônier planétaire de l' »obamisme ».

L’ÉTRANGE « RENONCIATION »

Il est également significatif qu’aujourd’hui, on recommence à parler des circonstances étranges qui ont conduit à la « renonciation » mystérieuse de Benoît XVI.

Ces derniers jours, le professeur Germano Dottori, professeur d’Études Stratégiques à l’Université Luiss de Rome et conseiller scientifique de Limes [revue de géopolitique de gauche], a accordé une intéressante interview à l’agence catholique Zenit.

Il était interrogé, entre autre, sur les documents issus de WikiLeaks qui «révèlent des aspects cachés d’Hillary Clinton et de son staf», par exemple «une lettre de 2012» (à l’époque de Benoît XVI) qui «révèle une certaine attention à l’Eglise catholique» [en réalité, il s’agit probablement des mails dont nous avons parlé ici: Vers un Printemps catholique?].

Dottori a répondu : «Des documents montrant une forte volonté du staf d’Hillary de provoquer une révolte au sein de l’Eglise, pour affaiblir sa hiérarchie, sont sortis. Ils se seraient servis d’associations et de groupes de pression créés par la base, suivant un schéma éprouvé dans les révolutions de couleur. Nous n’en sommes pas encore au flagrant délit, mais nous en sommes proches. Bien que je n’ai aucune preuve, j’ai toujours pensé que Benoît XVI a été conduit à l’abdication par un machinations complexe ourdie par ceux qui avaient intérêt à bloquer la réconciliation avec l’orthodoxie russe, pilier religieux d’un projet de convergence progressive entre l’Europe continentale et Moscou».
Aujourd’hui – à l’ère Trump – cette perspective redevient très actuelle aussi pour l’Église (en plus de l’être pour l’Europe). Et la rencontre de François avec le patriarche Kirill aurait été une première étape si François ne s’était pas immédiatement empressé de « redimensionner » ce qu’il avait signé.

Il est presque impossible, mais ce serait un tournant extraordinaire, que Bergoglio jette à présent l’Agenda Obama (et l’Agenda Scalfari) pour faire sien l’Agenda Ratzinger, en acceptant la main (fraternelle et corrective) que Benoît XVI lui a maintes fois tendue pour éviter les déviations doctrinales et une implosion de l’Eglise.

Quels sont les autres routes dont dispose le pape Bergoglio? Ces jours-ci circule même la rumeur sourde d’un « gros coup »: la convocation d’un concile .

Mais cela semble absurde et ce serait difficile à réaliser, aussi pour des raisons pratiques (et l’âge du pape).

D’autres spéculent sur une démission sur le coup des 80 ans (dans un mois), ce qui expliquerait ce consistoire fait en Novembre (en vue du Conclave).

Plus probablement ce pontificat va se traîner, s’usant lui-même et l’Eglise avec, dans le chaos et les comités politiques sur les émigrants, jour après jour. Créant encore de nouveaux cardinaux bergogliens pour consolider son pouvoir .

Antonio Socci

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