La Présence du Christ dans l’Eucharistie est-elle Réelle ?

La Présence du Christ dans l’Eucharistie est-elle Réelle ? Réponse…Père Nicolas Buttet*

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La présence du Christ

dans l’Eucharistie…

Est-elle réelle ?

Oui, la présence du Christ dans l’Eucharistie est bien réelle : c’est par amour qu’il a inventé de se donner en dépassant les lois de la physique, par la transsubstantiation. Notre foi grandit dans la lutte qu’il peut y avoir entre ce que l’on perçoit sensiblement et ce que l’on croit spirituellement.

1-Le Christ a dit à ses apôtres « Faites ceci en mémoire de moi ». Il nous a donné pour tout le temps de l’Église le moyen de rester en contact avec son sacrifice. Le soir du Jeudi-Saint, il anticipait l’acte qu’il allait poser le lendemain en versant jusqu’à la dernière goutte de son sang sur la Croix, en toute liberté il s’offrait au Père pour nous. L’Eucharistie nous donne à chaque messe le moyen de rejoindre ce don extraordinaire, nous le revivons auprès de lui.

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La folie de son amour, c’est le sacrifice de la messe

Ce n’est pas seulement un souvenir pour nous émouvoir, c’est un fait : Jésus vient s’offrir à nouveau pour nous sur l’autel comme il le fit sur la croix. Au moment où le prêtre prononce les paroles « ceci est mon corps livré pour vous – ceci est la coupe de mon sang versé pour vous » s’opère le grand acte qui nous sauve. Car ce n’est pas le prêtre qui prononce ces paroles, mais c’est le Christ, par la bouche du prêtre.

À ce moment précis de la messe, c’est comme si deux millénaires d’histoire étaient balayés et que nous étions contemporains de Marie et de Jean au pied de la croix. De sorte que chacun et chacune peut vraiment faire l’expérience existentielle de la folie de l’amour de Dieu pour nous. Il livre sa chair, il verse son sang. Il a versé tout son sang, rien que pour moi. À ce moment-là, nous touchons ce grand mystère.

 

Par ce fait que la croix et l’autel sont contemporains nous sommes véritablement en contact immédiat avec le Christ

Nous ne faisons pas un voyage dans le temps, mais nous sommes réellement et spirituellement présents au pied de la croix, au pied du Golgotha, avec Marie et Jean et on voit la folie de l’amour de Dieu pour nous et ce pardon qui va jaillir de son cœur par le sang qui coule comme un flot de miséricorde pour laver les péchés du monde et inonder le cœur des hommes de l’amour du Père.

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C’est un « mémorial » et non un nouveau sacrifice, comme si celui de jadis était insuffisant et qu’il fallait y rajouter quelque chose

C’est le même Christ rendu présent parmi nous et qui se donne avec les dispositions d’oblation qui étaient les siennes le soir du Jeudi Saint. On appelle cela un « mémorial », non en ce sens qu’il nous aiderait seulement à nous  souvenir de ce qu’il a fait pour nous, mais parce que s’actualise en lui l’évènement initial : nous faisons mémoire devant Dieu de ce qu’ il a opéré jadis et nous savons qu’alors il le réalise, selon sa promesse.

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  • Ce corps est réellement donné pour nous, ce sang est réellement versé pour nous, pour notre salut, bien sûr, et pour que nous le recevions en nourriture. Et, en attendant, le corps et le sang de Jésus, son vrai corps et son vrai sang, sont là devant nous, puisqu’il nous l’a dit. Il est là, totalement présent avec son corps, son âme et sa divinité.
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L’engagement du Seigneur est si total qu’il va jusqu’à nous donner réellement son corps et son sang, non en figure, mais en réalité

Il ne se contente pas de dire : « je t’aime », mais il le prouve, il se donne à nous concrètement, charnellement, dans l’Eucharistie. C’est ce que l’on appelle la présence « réelle » parce qu’elle prend l’apparence d’une chose (res). Elle est la seule de ce type. Jésus est présent au milieu de nous de bien des façons : par sa parole, par nos frères, dans la liturgie etc… Mais il n’y a que là que la présence atteint cette densité et ce réalisme. Ce que nous voyons comme une chose posée au milieu des autres choses est en réalité une personne vivante. Il prend le risque de se cacher dans une apparence si déconcertante pour que notre rencontre avec lui se fasse dans la foi.

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Que voit-on, quand on est un spectateur extérieur et qu’on ne croit pas ? Presque rien ! Et pourtant il est là !

Saint Thomas d’Aquin nous dit que sur la croix sa divinité était cachée, mais que tout le monde pouvait voir son humanité, eh bien, là, même son humanité est voilée. C’est le mystère de la foi par excellence.

 

Sa joie, ses délices, c’est de demeurer parmi les enfants des hommes et c’est son désir le plus cher

Il est venu il y a 2000 ans en prenant chair de la Vierge Marie, il a vécu avec nous, il a souffert, il est mort, il est ressuscité, il est monté au ciel. Et alors, il a voulu remplir cette promesse de demeurer avec nous jusqu’à la fin des temps et en même temps, nous manifester le plus grand amour. Il a donc inventé cette chose absolument prodigieuse pour que l’on n’oublie jamais la folie de son amour et pour qu’il reste avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps, que l’on puisse le rencontrer personnellement, corporellement aujourd’hui, sous tous les cieux, dans tous les temps de l’histoire des hommes.

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L’Église appelle ce grand miracle la transsubstantiation

C’est un mot savant pour nous dire que toute la réalité du pain et toute la réalité du vin sont changées dans le Corps et le Sang adorables du Christ, Jésus ne s’ajoute pas à une réalité existante, il en prend la place. Il ne se fait pas pain, le pain cède la place à Jésus, même si les apparences demeurent. Car le Seigneur n’a pas permis que le vin dans le calice perde ses propriétés alcooliques ou que le pain ne comporte plus de gluten, sans quoi nous n’aurions plus besoin de la foi : le miracle serait constatable par n’importe qui.

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Nous prenons au pied de la lettre la parole du Christ « ceci est mon corps »

On ne dit pas « ce pain est mon corps », ce qui serait faux théologiquement ;  ni « ce pain contient mon corps », ni « ce pain représente (ou symbolise) mon corps ». Non. C’est très difficile à exprimer, ceci est un neutre, une chose encore indistincte, car, tant que l’on n’a pas dit le « est », c’est encore du pain, et dès que l’on a dit le « est », cela devient le Corps du Christ. Donc  « Ceci, ce que vous voyez là, cette chose que l’on ne peut pas qualifier parce que cela va vite changer, est véritablement mon corps ». Et tout d’un coup, quand les paroles sont dites, c’est le Corps du Christ ; alors il faut se prosterner et adorer.

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  • Cette présence défie nos sens, qui ne voient jamais que du pain et du vin inchangés, elle défie les lois de la physique, mais, pourtant, Il est là, totalement donné. Seuls les enfants et les saints ont accès à ce mystère de foi que gardent précieusement toutes les Églises apostoliques depuis 2.000 ans.
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4-S’il a voulu que cette présence dure plus d’un instant et que l’on puisse ensuite la garder après la communion, c’est pour que nous puissions rassasier nos yeux et notre cœur de sa douce présence, que nous puissions savoir quel est celui auquel nous communions.

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