Lettre ouverte au Pape François

Bonjour Pape François,

Avec tout le respect que j’ai pour vous, mais pas pour bon nombre de vos idées, je vous écris pour vous dire que je ne suis pas d’accord avec cette Eglise que vous souhaitez. Je n’aurais jamais cru qu’un pape puisse me conduire à envisager une telle rupture, mais vous avez réussi cette prouesse.

Depuis votre élection, que vous devez en grande partie à l’obscur “groupe Saint-Gall”, je vous ai observé. Longtemps, je vous ai laissé le bénéfice du doute. Mais aujourd’hui, Saint Père, je ne peux plus reconnaître en vous Celui que vous représentez. En comparant vos discours avec ce qui est rapporté dans l’Ecriture par les Apôtres, je ne peux que constater que ce n’est plus l’Evangile décrit par celle-ci que vous nous présentez. Un exemple : vous parlez “des” vraies religions, dont les fondements (doctrines) reposent selon vous sur la capacité de l’homme à se transcender vers l’absolu. En disant cela, vous laissez clairement entendre que la vérité est plurielle. Eh bien, il m’est impossible de souscrire à une telle affirmation sans renier purement et simplement que le Christ est, comme Il le dit, “la” vérité et le seul chemin qui conduit au Père et à la vie éternelle.

Croyez-vous, comme saint Paul, que le cœur de l’Evangile est le fait que Jésus est mort et ressuscité pour nous sauver du péché et de la damnation éternelle et que, par conséquent, notre salut est en Lui seul ? Croyez-vous, comme lui, que celui qui annoncerait autre chose est anathème (Epître aux Galates, 1, 7-9) ? Etes-vous fidèle à l’appel de notre Rédempteur qui nous exhorte, non pas à dialoguer en vue d’établir une religion mondiale, mais d’essayer de convertir ceux qui ne Le connaissent pas ou qui Le refusent ? A entendre vos propos syncrétistes et relativistes et à voir vos agissements, pour moi, la réponse est non.

Quand vous dites à un athée (le journaliste Scalfari) que vous ne “voulez pas” essayer de le convertir, je ne puis reconnaître le langage d’un Saint Pierre. Et quand vous ajoutez que le prosélytisme (qui n’est jamais que le zèle déployé par un nouveau converti en vue que les autres puissent découvrir le trésor qu’il a lui-même découvert), est une idiotie, je me dis que vous condamnez les Apôtres et les premiers chrétiens qui ont payé de leur sang leur fidélité à Jésus-Christ. Non, ce n’est pas en affirmant que “Dieu n’est pas catholique, qu’un tel Dieu n’existe pas” que vous allez regonfler le moral de vos troupes et que vous inciterez les autres à se convertir. Car si, comme vous l’affirmez, Dieu n’est pas catholique, quelles raisons aurions-nous de l’être nous-mêmes ? Pensez-vous réellement que notre Rédempteur (ou les Apôtres) aurait pu dire : “Dieu n’est pas chrétien” ? Que générez-vous en tenant de tels propos sinon le doute et la confusion ? Qui amènerez-vous à la foi chrétienne à travers ce genre d’affirmation ? J’estime que vos sous-entendus sont désastreux à l’égard du peuple des croyants et des “périphéries” auxquels, d’ailleurs, vous n’annoncez jamais la prédication apostolique.

Pape François, un jour, dans cet au-delà dont vous ne nous parlez pratiquement jamais, vous devrez répondre à Celui qui va vous demander : “Qu’as-tu fait avec ce que tu as reçu ? As-tu fidèlement veillé à l’intégrité de la foi ? As-tu prêché à temps et à contretemps la conversion en vue du salut éternel des âmes ou t’es-tu seulement consacré au bonheur temporel des individus ? Vous me direz : “Dieu est miséricorde, Il ne juge pas”. Si, Il juge ! Toute la Bible le clame et le Credo l’affirme aussi ! Ne vous en déplaise, pour Jésus et pour ses disciples, il n’y a pas “des” vraies religions ; il n’y en a qu’une seule et celles qui ne sont pas chrétiennes, ils les appellent des idoles ! Dès lors, votre religion irénique n’ayant pas sa place dans la Bible, il serait peut-être temps que nous vous bousculions – comme vous nous avez demandé de le faire – pour vous engager à réviser votre idéologie et à cesser de la lire avec les lunettes de cet autre Evangile que vous essayer d’imposer.

Oui, que vous essayez d’imposer ! Car, au vu de la manière brutale avec laquelle vous avez d’un seul coup limogé les 27 collaborateurs du Cardinal Sarah pour les remplacer par vos perroquets, au vu des nominations à la pourpre cardinalice d’archevêques proches de la “mafia de Saint-Gall” (le terme “mafia” est utilisé avec vantardise par le Cardinal Danneels qui en faisait partie), vous signifiez au monde entier votre volonté de rompre avec cette Tradition chère à vos deux prédécesseurs et à des évêques courageux comme le sont par exemple, le Cardinal Sarah ou Monseigneur Léonard.

Saint Père, qui êtes-vous vraiment ? Sur quel rivage conduisez-vous la barque de Pierre ? Vous me faites peur. J’en viens de plus en plus souvent à penser que vous êtes au service d’autre chose que de la seule foi catholique. Et ce n’est pas le fait que vous arrivez à vous agenouillez devant les migrants mais jamais devant votre Seigneur présent dans l’hostie consacrée, qui va me rassurer. Ce n’est pas non plus votre présence en Suède pour fêter les 500 ans du schisme de Luther et votre absence à la procession de la Fête-Dieu ainsi qu’à celle du Congrès eucharistique qui a rassemblé tous les évêques d’Italie, qui contribuera à me faire croire que vous êtes dans la bonne voie.
En écrivant cette lettre, je me sens dans une peau bien étrange : celle d’un simple laïc qui est obligé de supplier le Successeur de Saint Pierre, les évêques et les prêtres, d’être fidèles à la foi apostolique et catholique. Dès lors, je rêve du jour où, plutôt que de vous apitoyer sur le réchauffement climatique, vous aurez enfin à cœur de vous intéresser au refroidissement de la foi ; je rêve du jour où les médias et le monde ne vous applaudiront plus, parce que vous aurez consenti à revenir à ce à quoi le Christ vous appelle : l’annonce de cette Vérité qui est le seul chemin vers le ciel et vers Dieu, notre Père.

Ce jour viendra-t-il ? Je n’en sais rien et, pour ne rien vous cacher, j’en doute de plus en plus fort. Puisse néanmoins Notre Seigneur et Notre-Dame faire en sorte qu’il advienne.

Jean-Pierre Snyers

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