Sainte Françoise romaine : vision de l’enfer

SAINTE FRANCOISE ROMAINE

 

 Résultats de recherche d'images pour « sainte françoise romaine »

 

  1. SAINTE FRANCOISE ROMAINE : TRAITE DE L’ENFER DE SATAN ET DE SES ANGES.

 

Quand il arrivait que sainte Françoise Romaine se sente très affaiblie, elle allait se reposer dans sa chambre (qui est tout en haut de sa maison), où elle s’appliquait à la prière et à la contemplation, et c’était presque l’heure des vêpres. Et comme ensuite elle répondait par obéissance aux interrogations de son Directeur spirituel, elle se trouva en extase par la volonté divine et fut amenée à voir l’enfer. En arrivant au seuil de l’enfer, elle vit un si grand abîme, si terrible que, quand la sainte en faisait part à son directeur spirituel, elle ressentait une grande peine et une grande douleur. Cependant, en fille de l’obéïssance, elle commença d’abord à dire, avec une crainte sainte et filiale, qu’elle s’en remettait, pour cette vision et toutes celles qui lui seraient montrées, au discernement de notre sainte mère l’église.

 

Ainsi, elle racontait qu’au seuil de l’enfer elle voyait une inscription qui disait : « Voici l’enfer, sans espoir ni répit, où l’on ne trouve aucun repos. » La sainte voyait, entendait et ressentait des choses effroyables et la crainte (si grande qu’elle en était inimaginable) qu’elle ressentait la fit sortir d’elle-même. Alors, près d’elle, elle sentit (bien qu’elle ne pût le voir) un allié qui exhortait la sainte à se montrer courageuse et à ne douter  de rien.

L’entrée de ce lieu indicible était au début assez grande mais, au milieu, elle était plus vaste et il y avait tant de ténèbres et d’obscurité qu’on ne peut les décrire avec des mots humains.

 

L’enfer était constitué de trois régions : le haut, le milieu où les peines étaient plus grandes, le bas avec des peines diverses et beaucoup plus lourdes. Il y avait un très grand espace entre chaque région et cet espace était plein de ténèbres très profondes et de tourments sans fin. Il y avait aussi un énorme dragon qui occupait ces trois régions ; la tête  était en haut, le corps au milieu et la queue en bas.

En haut, sa tête était très grosse, comme on l’a dit, mais près de l’entrée  elle était moyenne, voire petite. Il avait la gueule ouverte la langue sortie ; il s’en exhalait des flammes très hautes et très chaudes qui n’éclairaient pas mais qui brûlaient. Il s’échappait aussi de cette gueule indescriptible une puanteur si grande qu’elle est inimaginable et, par les yeux, les oreilles, les naseaux, des flammes noires brûlantes et pestilentielles.

 

L’humble servante de Dieu entendait aussi des hurlements et des voix perçantes, des blasphèmes, et de grands pleurs dus à une souffrance intolérable et tant de lamentations et de cris de torture que, en racontant tout cela à son directeur spirituel, la sainte était abattue et torturée d’une manière incroyable.

 

En voyant et en entendant tout cela, la sainte était tellement tourmentée, tant par les clameurs que par la grande chaleur  et la puanteur, qu’elle semblait perdre toutes ces forces.

Mais l’allié que nous avons évoqué, qui était aux côtés de la sainte, bien qu’invisible d’elle, la confortait pour qu’elle n’ait pas peur. Il s’agissait en fait, comme il lui révélé par la suite, de l’ange Raphaël ; jusque-là, elle ne voyait pas cet archange, glorieux serviteur (dont on a parlé plus haut) qui lui fut donné par la divine Providence pour l’escorter.

 

Elle vit aussi Satan dans un tourbillon terrible, qui siégeait sur une sorte de poutre, au milieu de l’enfer, mais sa tête atteignait le haut et ses pieds le bas, si bien qu’il occupait ces trois régions en même temps. Il avait aussi les pieds désunis, ainsi que les mains, une en haut, l’autre en bas, mais pas en croix cependant. Sa tête était également couronnée d’une couronne fait de bois de cerf. Ces bois étaient constitués d’une multitude de bois plus petits d’où sortaient de grandes flammes. Sa face, inimaginable, était terrifiante, et de toutes parts il projetait des flammes fétides et ardentes. Il avait d’ailleurs le cou, les mains, les pieds et la taille attachés avec des chaînes ardentes, de telle façon que tout son corps était encerclé de ces chaînes ardentes.

Celles-ci étaient rattachées  toutes les régions de l’enfer, c’est-à-dire le haut, le milieu et le bas, mais l’une de ces chaînes reliait le dragon susdit à Lucifer ou Satan déjà cité.

 

L’humble servante du Seigneur vit aussi comment les démons, qui sont dans le monde pour induire en tentation, conduisaient les âmes en enfer. Tandis qu’ils les conduisaient en provoquant une immense terreur, qu’ils les insultaient et les tournaient en dérision, ils disaient de telles horreurs qu’on peut difficilement les raconter, au point que cette âme dévouée à Dieu et pleine de compassion ressentait une douleur à peine croyable et, en racontant cela, elle était complètement abattue. Elle voyait, de plus, les démons tirer chacun de leur côté les âmes, d’une manière si effroyable qu’on ne peut l’imaginer, et disloquer ces malheureuses . Et, dans la plus grande terreur, ils les conduisaient en enfer en leur infligeant leur mépris, des visions horribles, des tourments et des angoisses indescriptibles.

 

Après avoir conduit les malheureuses âmes au seuil de l’enfer, les démons projetaient l’une d’entre elles la tête la première dans la gueule du dragon, qui était toujours ouverte comme il est dit plus haut. Elle était  subitement avalée par la gueule du dragon, qui était toujours ouverte comme il est dit plus haut. Elle était subitement avalée par la gueule du dragon et elle en ressortait tout  aussi subitement, puis des démons particuliers, spécialement désignés pour cela, la présentaient au prince. Après cette présentation qui se faisait dans la plus grande terreur, les flammes qui sortaient du prince de toutes parts la torturaient aussitôt. Ce prince jugeait d’ailleurs l’âme qu’on lui présentait, et les démons désignés la portaient à l’endroit qui lui était assigné en fonction des péchés qu’elle avait commis. Ils portaient l’âme défaite en lui infligeant une telle terreur et de tels outrages que, en racontant cela, la sainte avait toujours les larmes aux yeux en raison  de sa très grande compassion.

 

D’autre part, quand elle était en extase (d’après ce qui est écrit dans une des visions de la sainte qui traite de la création des anges et de leurs différences), sainte Françoise, âme dévouée à Dieu, raconta à son confesseur comment on lui montra ces anges qui devaient chuter et ceux qui devaient demeurer dans l’amour divin. Et ainsi, on lui révéla que, dans chaque chœur d’anges, le tiers tomba ; d’où il faut comprendre que toute la multitude des anges, le tiers chuta.

 

La partie principale de ce tiers se trouve en enfer mais un tiers de ce tiers est dans les airs et le dernier tiers se tient à nos côtés, dans ce monde ; ce dernier groupe est introduit en nous.

 

Il y en a quelques uns, parmi ces esprits, qui nous tentent, selon ce qui est dit ci-dessous ; en ce qui concerne leurs différences, il faut savoir que ces misérables esprits qui ont suivi Lucifer à cause de leur propre fourberie, librement et de manière absolue, sont enfermés en enfer, d’où ils ne sortent jamais, si ce n’est quand, par permission divine, il doit arriver dans le monde une grande catastrophe provoquée par les péchés des hommes. Ces démons-là sont très mauvais et néfastes, et ils représentent le tiers de ce tiers qui chuta de tous les chœurs d’anges. Mais ceux de ces misérables esprits qui sont dans les airs et ceux qui sont parmi nous dans ce monde représentent les deux tiers du groupe qui chuta ; et il y en a qui ne choisirent aucun camp entre Dieu et Lucifer, car ils se turent : ils font aussi partie des deux tiers.

 

La dévouée servante du Christ dit aussi qu’en enfer, il y a trois princes ordonnés, soumis à Lucifer dans se chaînes ; ces princes sont au-dessus des autres démons de par la volonté divine,  de même que,  dans la gloire, il a y trois anges glorieux au sommet de trois hiérarchies, comme il est dit plus haut. De même que ces 3 princes glorieux des anges sortent des trois chœurs suprêmes, où ils sont les plus nobles et les plus éminents, de même les princes infernaux, misérables et mauvais, sont plus mauvais que les autres qui sont tombés des mêmes chœurs. Mais le prince et le chef de tous les diables, c’est Lucifer dans ses chaînes, qui faisait partie de l’ordre séraphique ; désormais, il a été ordonné par la justice divine, en ce qui concerne le vice d’orgueil, maître, bourreau, coordinateur de tous les démons et de tous les damnés.

 

Et plus l’ange était noble, plus le diable est mauvais. Le premier de ces trois princes, qui s’appelle Asmodée, s’occupe du vice ignoble de la chair ; il faisait partie du chœur des chérubins. Le deuxième prince, qui s’appelle Mammon, s’occupe du vice de l’avarice ; il faisait partie du chœur des Trônes. Le troisième prince, qui s’appelle Belbébuth, faisait partie du chœur des dominations ; il s’occupe du vice de l’idolâtrie, c’est-à-dire des devins et des sorciers, et il est le chef de toutes les ténèbres et de toutes les régions ténébreuses de l’enfer, lui qu’on a chargé  d’étendre les ténèbres sur la raison des créatures.

 

Et, comme Lucifer, ces trois princes  ne sortent jamais de l’enfer, mais ils envoient d’autres démons de l’enfer quand il faut qu’un très grand mal  se produise dans le monde, avec la permission de Dieu, surtout quand les démons qui sont dans les airs ou ceux qui sont parmi nous ne suffisent pas à faire ce mal.

 

Alors, pour cette raison, sortent de l’enfer pour commettre ce mal les démons les plus mauvais et les plus fourbes, avec cependant la permission divine et pas autrement.

Parmi ces esprits malins qui sont en enfer et qui représentent le tiers de ceux qui sont tombés  de tous les chœurs, ceux qui ont suivi Lucifer à cause  de leur propre fourberie sont pour une part en bas de l’enfer, pour une part au milieu et pour une autre part en haut.

 

Mais ceux qui se trouvent en bas de l’enfer faisaient partie de la hiérarchie suprême, c’est-à-dire celles des Chérubins, des Séraphins et des Trônes. Ils se tiennent, comme on l’a dit, dans les profondeurs de l’enfer et ils sont torturés en démons très mauvais. Ils sont désignés pour torturer les malheureuses âmes qui ont commis des péchés majeurs et ils sont soumis à Lucifer, qui est le chef et le prince pour le vice d’orgueil, comme il est dit plus haut, et qui chuta du chœur séraphique.

 

Si les démons susdits sortent parfois de l’enfer  surtout pour les raisons évoquées plus haut, ils le font aussi pour les raisons évoquées plus haut, ils le font aussi pour le vice d’orgueil. Les autres misérables démons, parmi ceux qui suivirent Lucifer à cause de leur fourberie et qui faisaient partie de la 2ème hiérarchie (c’est-à-dire celles des Dominations, des Principautés et des Puissances), se trouvent au milieu de l’enfer ;  ils y sont torturés et ils torturent les malheureuses âmes  qui se tiennent là et qui sont principalement soumises à Lucifer. Ils ont pour prince Asmodée, qui faisait partie du chœur des Chérubins, et qui est le chef et le prince en ce qui concerne le vice ignoble de la chair. Les derniers démons misérables, de ceux qui suivirent  aussi Lucifer à cause de leur fourberie, faisaient partie de la dernière hiérarchie, c’est-à-dire la hiérarchie des vertus  des Anges et des Archanges, et ils se trouvent en haut de l’enfer pour être torturés et torturer les âmes qui se tiennent là et qui sont principalement soumises à Lucifer ; ils ont pour prince le démon appelé Mammon, qui faisait partie du chœur des Trônes, et qui est chargé en particulier du vice de l’avarice. Ainsi, les démons lui sont soumis quand, par hasard, ils sortent de l’enfer et qu’ils tentent les hommes ; ils les tentent avec tellement de stratagèmes divers que c’est presque impossible de l’imaginer.

 

L’autre prince nommé Belzébuth, qui faisait partie du chœur des Dominations est, de par la justice divine, le chef et le prince désigné pour régner sur les ténèbres et les régions ténébreuses, au point que tous les démons (qui sont innombrables) ne peuvent eux-mêmes se mettre en ordre.

 

Ce Belzébuth est là pour être torturé  par les ténèbres et pour y torturer aussi les malheureuses âmes, non seulement celles qui sont dans les ténèbres, mais aussi celles qui sont  dans leur corps et qui sont assujetties aux incantations, aux maléfices et aux sortilèges des démons.

 

Ces artifices produisent beaucoup de ténèbres dans l’esprit des hommes et les éloignent de la vérité, quand ils y consentent ; ils tentent les malheureuses  âmes qui sont dans leur chair, contre la foi catholique sainte et immaculée, grâce à des sortilèges et des incantations, avec tant de stratagèmes différents qu’on ne peut le croire ni même l’imaginer.

 

Ce Belzébuth, avec les autres princes  décrits plus haut et leurs serviteurs, tente les malheureuses âmes qui sont dans leur chair, avec tant de stratagèmes puissants et de tromperies que, d’après les dires de la sainte servante du Christ qui voyait ces stratagèmes et ces artifices, on peut vraiment dire heureuse et sainte l’âme qui échappe à leur malignité et qui n’est atteinte par aucun de leurs stratagèmes.

 

Et, de même que c’est par la volonté divine que ces misérables démons qui péchèrent à cause de leur fourberie sont plongés en enfer, c’est la même volonté divine qui mit dans les airs ceux qui restaient muets et se taisaient quand Lucifer s’écartait du Seigneur  et qui reçurent une région neutre entre Lucifer et le Seigneur.

 

Ainsi, la justice divine ordonne ensemble ceux qui faisaient partie de la hiérarchie suprême  et ceux qui appartenaient à la seconde et à la troisième, mais entre eux il n’y a aucun ordre. De même, les démons qui sont parmi nous dans le monde, comme il est dit plus haut de ceux qui sont dans les airs, sont ordonnés ensemble par l’opération de la justice divine, mais entre eux il n’y a aucun ordre.

 

De plus, les esprits malins qui sont dans les airs, comme la dévouée servante du Christ l’a dit, ne tentent pas les âmes qui se trouvent dans une chair mortelle, en aucune manière, si ce n’est que, très souvent, ils provoquent de la grêle, des tempêtes, du brouillard, du vent pour affaiblir les âmes qui sont dans leur chair, les faire tourner comme des girouettes et leur faire peur ; ainsi, ils les font se détacher de la foi et manquer de confiance en la Providence divine.

 

En ce qui concerne ces âmes déjà affaiblies par les esprits malins aériens, comme on l’a dit, les démons qui sont parmi nous les font tomber dans le péché d’orgueil, elles qui sont dans leur chair, avec plus de facilité et de rapidité parce qu’ils les trouvent déjà affaiblies par les esprits qui sont dans les airs.

 

Ceux qui tombèrent de la deuxième hiérarchie et qui sont soumis au démon Asmodée, qui est le chef chargé, avec tous ses serviteurs qui sont parmi nous dans ce monde, du péché ignoble de la chair,  trouvent les âmes, comme il est dit ci-dessus, déjà affaiblies par les esprits qui sont dans les airs  et tentées par le vice d’orgueil, et il les font d’autant plus rapidement tomber et s’enferrer dans le péché de chair. Mais ceux qui se trouvent parmi nous dans le monde et sont soumis à Mammon, prince du vice d’avarice, et qui faisaient partie de la dernière hiérarchie, trouvent les malheureuses âmes affaiblies et enferrées dans le péché d’orgueil et le péché de chair, c’est pourquoi ils les font tomber plus vite encore dans le péché d’avarice.

 

Aussi, Belzébuth, prince des ténèbres, fait plus rapidement les ténèbres dans ces âmes déjà affaiblies et portées vers des péchés majeurs, et les éloigne de la vérité ; ainsi, ces malheureuses âmes qui ne résistent pas à un péché tombent dans un autre. Et, bien que lesdits princes des démons aient,avec leurs serviteurs, des tâches séparées en ce qui concerne les différents vices, comme il est dit plus haut, cependant pour faire le mal, ils s’entendent très bien entre eux  et s’aident l’un l’autre pour faire périr les malheureuses âmes.

 

Car, après être tombée  dans un vice et ne pas s’en être écarté rapidement, l’âme défait est plus encliné  à succomber à d’autres vices.

 

La sainte servante du Christ dit aussi que la justice divine ordonna ces misérables démons en enfer, de la même manière que le sont les anges dans la sainte gloire. Car Lucifer règne en enfer. De même que les anges glorieux sont ordonnés, dans la gloire, en trois hiérarchie et neuf chœurs, et dans chaque chœur, en neuf degrés, avec la tête de chaque hiérarchie, de chaque cœur et de chaque degré, un ange, comme il a été dit  plus haut dans les visions ; de même, en enfer, les démons sont ordonnés par la justice divine, bien qu’entre eux, comme on l’a dit, il n’y ait absolument pas d’ordre. De même que les anges glorieux obéissent aux préceptes divins,  chacun dans son ordre, de même les misérables esprits malins, chacun à sa place, obéissent aux préceptes  de Lucifer, sous l’action de la justice divine. Il faut comprendre cela tant de ceux qui sont en enfer que de ceux qui sont dans les airs ou encore de ceux qui sont dans le monde parmi nous. Et ces préceptes, Lucifer les donne à un seul ou à plusieurs démons des trois hiérarchies principales, et celui ou ceux qui ont été instruits selon la volonté de Lucifer instruisent ceux qui président les chœurs instruisent ceux qui président les chœurs, et, de même, ceux qui président les chœurs instruisent ceux  qui sont dans les degrés, et ceux qui sont dans les degrés instruisent à leur tour leurs serviteurs,  de toute cette instruction de la tentation a lieu en un clin d’œil. Mais aucun d’eux n’oserait tenter une âme sans les préceptes de Lucifer et ne pourrait soumettre des âmes à la tentation si notre Dieu saint et très bon ne l’agréait et ne le permettait. Autrement, les âmes seraient trop pitoyables si les démons pouvaient tenter à volonté ces malheureuses âmes qui se trouvent leur chair.

 

En outre, Lucifer voit aussi tous les démons qui sont en enfer, dans les airs et parmi nous dans ce monde, et tous se voient mutuellement sans aucun obstacle, et chacun d’entre eux comprend la volonté de Lucifer, sous l’effet de la justice divine et de sa résolution. Mais les misérables démons qui sont dans les airs, c’est-à-dire dans l’espace intermédiaire entre ciel et terre,  subissent les plus grandes peines et, en général,  se frappent les uns les autres. Ils subissent les plus grandes tortures quand ils voient le bien  que font les hommes bons dans ce monde et tous les autres démons sont aussi torturés, à quelque degré que ce soit,  pour la même raison. Bien que les démons aériens susdits ne perçoivent pas le feu infernal, cependant, à l’intérieur d’eux, ce feu leur inflige de grandes souffrances. Il en advient de même aux démons qui sont parmi nous dans le monde, mais les esprits malins qui sont pour toujours en enfer se trouvent continuellement dans le feu éternel et en sont torturés.

 

Ceux qui sont dans les airs et ceux qui sont parmi nous dans ce monde, et qui faisaient partie de la première ou de la deuxième hiérarchie, sont plus torturés que les autres, de même que ceux de la première et de la seconde hiérarchie qui sont en enfer sont plus torturés parce qu’ils sont plus mauvais que les autres.

 

Quand il y avait dans les airs des tempêtes très fortes  déclenchées par les esprits malins aériens (tempêtes que d’ailleurs elle connaissait bien), sainte Françoise, servante toute dévouée à Dieu, recourait à des cierges bénits qu’elle allumait et aspergeait sa maison d’eau bénite, affirmant que c’était le meilleur remède contre ce genre de tempêtes. L’humble servante du Christ disait aussi que les misérables démons qui sont parmi nous dans ce monde sont ceux qui chutèrent du dernier

Chœur angélique et qui ont été introduits en nous quand nous sommes  dans le sein de notre mère. Et, de même, ces anges qui, introduits en nous, sont destinés à nous escorter, font tous partie du dernier chœur et du dernier degré de ce chœur. Mais les démons qui ont été introduits en nous nous tourmentent sans cesse pour nous faire périr.

Et leurs stratagèmes sont si nombreux et si puissants, il y a tant d’astuces, de malignités, de subtilités dont ils usent pour tenter les âmes qui se trouvent dans leur chair que, d’après les dires de la sainte servante du Christ, heureuse est l’âme qui peut échapper à tant de tentations et à tant de filets tendus par les esprits malins. Car la malheureuse âme, par un moyen ou un autre, est toujours enjôlée et séduit par les démons, à moins qu’elle ne soit extrêmement forte et énergique.

 

De plus, d’après les dires de la sainte petite servante de Dieu, quand il y a des âmes solides qui, au lieu de se laisser dominer par les tentations des démons leur résistent énergiquement, de sorte que les esprits malins susdits (qui faisaient partie du dernier chœur et de son dernier degré) ne peuvent les vaincre à cause de leur fermeté et de leur constance en le Seigneur,  alors, un ou plusieurs autres démons,  plus astucieux et plus fourbes, viennent en renfort et apprennent aux démons  qui ont été introduits en nous à tenter et malmener les âmes solides qui résistent, en exerçant sur elles les plus grandes pressions,  ce qui arrivait à sainte Françoise, l’humble servante du Christ, qui était continuellement tentée et malmenée, non seulement par le démon mauvais introduit en elle, mais encore par ceux qui ont chu du chœur séraphique et qui sont dans les airs, et par ceux qui sont parmi nous : ainsi, ce n’était pas un mais plusieurs démons qui la tentaient et la malmenaient continuellement.

 

La servante du Christ connaissait et savait, avec l’aide de la grâce divine, de quel chœur chaque démon avait chuté. Les démons qui ont chu de la première hiérarchie apprennent aux autres esprits introduits en nous la manière de  tenter et de malmener les âmes. Et ces démons font de même entre eux, avec la permission divine, de sorte que chaque âme a principalement un esprit malin introduit en elle pour la tenter et la malmener. Cet esprit malin se tient toujours à sa gauche, mais s’il ne suffit pas à faire tomber l’âme dans une quelconque faute, et s’il est vaincu par l’âme qui résiste vigoureusement, d’autres démons, plus fourbes et plus mauvais, lui viennent en aide. Or, quand ils viennent, ils font toujours face à l’âme vigoureuse qui résiste énergiquement.

Quelques-uns de ces démons se tiennent derrière l’âme, en traîtres, ce qui frappa beaucoup, à maintes reprises, la sainte servante du Christ.

Celui qui se tient derrière fait des gestes et des signes à celui qui se tient devant et à celui qui a été introduit dans l’âme. L’humble servante du Christ voyait et comprenait tout cela avec ses sens de façon naturelle, elle voyait les esprits malins sous plusieurs apparences (d’après ce qui est dit plus haut dans le traité sur les conflits entre les esprits malins) et voyait aussi à quel point ces démons se comprennent mutuellement par l’esprit.

 

En second lieu, cette âme aimée de Dieu vit dans une vision sanctifiante que la malheureuse âme éprouvée qui n’a pas  remporté la victoire sur les esprits malins pendant sa vie,  après être  sortie de son corps,  est conduite en enfer avec une grande violence et une grande fureur par le démon qui avait été introduit en elle. Les autres démons qui sont parmi nous dans le monde, comme il est dit plus haut, poursuivent cette malheureuse âme en la torturant durement et en la mettant en lambeaux avec un grande rage, jusqu’au moment où ils la jettent en enfer, d’après ce qui est écrit plus haut dans le chapitre sur l’enfer.

 

Ensuite, le démon qui avait été introduit dans l’âme manifestait, avec les autres démons qui s’étaient associés à lui pour torturer l’âme, sa grande joie et son allégresse. On jetait la malheureuse âme défaite en enfer, la tête la première et les démons désignés pour cela par la justice divine jetaient la malheureuse âme dans la gueule du dragon ;  une fois sortie  de son ventre, d’autres démons députés pour cela par la justice divine la présentaient à Lucifer. Les démons la portaient ensuite dans un endroit qui lui était dévolu en fonction de l’importance et du nombre des péchés qu’elle avait commis pendant sa vie ;  beaucoup d’âmes étaient présentées à Lucifer, bien qu’elles n’eussent pas commis de péchés graves, parce qu’elles avaient fini leur vie sans confession ni pénitence, comme il est écrit plus haut.

 

Mais l’ange glorieux qui est introduit dans l’âme pendant sa vie se tient toujours à sa droite. Une fois que la malheureuse âme qui doit être  damnée à cause de ses péchés sort de son corps,  l’ange l’accompagne jusqu’à ce qu’elle soit jetée jusqu’à ce qu’elle soit jetée  en enfer, comme il est dit plus haut, et une fois l’âme partie, l’ange descend dans un lieu qui lui est attribué dans la sainte gloire. Mais quand, par l’opération de la grâce divine, l’âme est envoyée au purgatoire, le démon qui avait été introduit en elle s’arrête aux portes du purgatoire, le démon qui avait été introduit en elle s’arrête aux portes du purgatoire ; si, cependant, l’âme se trouve en bas du purgatoire, le démon y est torturé durement selon les préceptes de Lucifer, parce qu’il n’a pu conduire l’âme à des peines infinies, et cette torture est distincte et séparée des autres tourments généraux préparés pour ce démon. L’âme, bien qu’elle se trouve dans le purgatoire, en bas, subit cependant des peines particulières parce qu’elle voit de façon effrayante son démon et qu’elle essuie des insultes de la part de ce démon qui lui explique qu’elle subit ces peines à cause de l’offense fait à son créateur et de son adhésion aux suggestions du démon.

 

Et une fois que l’âme est sortie du bas du purgatoire, le démon susdit reste avec les autres démons qui sont dans le monde parmi nous ;  il est la risée des autres démons parce que, à cause de son inertie et de sa négligence, ils ont perdu l’âme.

 

Les démons introduits dans les âmes qui les terrassent et les déjouent, avec l’aide de la grâce divine, ne sont plus introduits dans d’autres âmes mais, bien que misérables et déconfits, ils commettent le mal qu’ils peuvent et parfois,  pour confondre les âmes, prennent l’apparence d’animaux sauvages, avec la permission divine. Il arrive aussi qu’ils prennent possession de corps d’hommes et de femmes vivants et affirment de façon mensongère être les esprits de défunts. Au contraire, les démons qui ont gagné les âmes avec lesquelles ils étaient unis (en étant  introduits en elle) après avoir conduit ces malheureuses âmes en enfer, restent dans ce monde parmi nous comme combattants victorieux et aguerris, puis ils sont introduits dans d’autres âmes ; Les démons susdits deviennent plus fourbes, plus habiles et plus mauvais, qu’ils ne l’avaient été auparavant avec des âmes damnées à qui ils avaient été unis comme il est dit  plus haut, en étant introduis en elles. Et parce qu’ils ont une plus grande pratique pour tenter ces malheureuses âmes, ils connaissent ensuite mieux qu’auparavant les moyens de tromper les âmes et de les encourager à mourir, à cause de leur grande expérience et aussi des ruses que les autres démons plus perfides et plus forts (qui faisaient partie d’un autre chœur) leur avaient apprises  quand eux-mêmes n’avaient pu dominer ces âmes qui leur résistaient énergiquement, comme il est dit plus haut ; L’âme toute dévouée à Dieu dit aussi que tout démon introduit dans une âme  pour la tenter ne peut tenter qu’elle seule et n’essaie pas de soumettre à la tentation d’autres âmes, mais il met toutes ses forces à tenter et à dévoyer l’âme dans laquelle il se trouve, sans ce soucier des autres. Mais quand la malheureuse âme se laisse dominer par le démon, celui-ci la tente et la persuade  de faire des choses  indues contre son prochain, de telle sorte qu’au moment propice elle arrive à faire pécher son prochain et à en faire un objet de scandale ; de cette manière, le démon tente et met à mal d’autres âmes.

 

En outre, l’humble servante du Christ dit que les autres démons qui faisaient partie du dernier chœur sont semblables à ces démons introduits dans les âmes ; ils se tiennent parmi nous dans le monde, il ne tente pas les âmes mais ils torturent les démons  introduits dans les âmes dont les tentations et les suggestions n’ont pu vaincre ces âmes, et cela procède de la justice divine.

 

Car à chaque fois qu’un démon introduit dans une âme tente  cette âme  et ne peut la dominer ni l’inciter à pécher, ce démon est particulièrement torturé, en plus des autres tortures générales.

 

Cette sainte choisie par Dieu et très aimée de Lui dit aussi à son Père Spirituel qui lui demandait (en invoquant l’obéïssance) si elle reconnaissait les démons et les différenciait les uns des autres, tant ceux qui chutèrent du dernier chœur que ceux des autres chœurs, qu’elle reconnaissait les esprits malins à leur fourberie, à leur perfidie et à leur malignité très différentes de celles des autres esprits, car elle voyait  et elle comprenait tout cela en regardant les démons, les tentations, et les assauts qu’ils infligeaient souvent en grand nombre à la sainte et à d’autres personnes.

 

DE LA NECESSITE DE PRONONCER LE NOM DE JESUS :

 

Ensuite, la sainte humble servante du Christ dit que, quand ceux qui sont dans ce monde prononcent le nom très saint de Jésus avec dévotion, tous les démons, tant ceux de l’enfer, que ceux qui se trouvent dans les airs ou parmi nous dans ce monde, sont contraints de s’agenouiller, non de leur propre volonté  mais bien malgré eux. C’est pourquoi il arriva plusieurs fois que, tandis que le Père spirituel de la petite servante aimée de Dieu parlait avec elle de spiritualité, elle vint à prononcer le nom très saint de Jésus. Plusieurs démons que la sainte voyait sous diverses apparences embrassaient terre avec une grande révérence et plus la personne qui prononce le nom très saint de Jésus vit dans une grande perfection en exerçant une grande charité, plus la peine et les tourments qu’éprouvent les misérables démons sont grands.

Aussi, quand de malheureux pêcheurs blasphèment ce nom très saint ou le prononcent à mauvais escient, comme les démons sont contraints de manifester la révérence susdite, ils s’inclinent, bien que ce soit malgré eux, mais ils ne sont pas aussi aflligés que quand on loue et bénit le nom de Jésus. Mais, évidemment, quand on blasphème ce nom très saint, les démons sont en liesse et se réjouissent de ce péché de blasphème et ainsi, à part égales, ils sont réjouis et aflligés parce qu’ils sont obligés de révérer ce nom très saint, comme il est dit. Et quand on prononce le nom de Dieu, du Saint Esprit, de la très sainte Trinité ou le nom de la très glorieuse Vierge Marie ou encore le nom du Christ, les misérables démons ne montrent pas la même révérence qu’à l’invocation du nom de Jésus ; néanmoins, à l’appel des noms susdits, ils sont saisis d’effroi et complètement épouvantés. Et, à chaque fois que l’on prononce le nom très saint de Jésus, soit à mauvais escient, soit par blasphème, soit par parjure, tous les esprits glorieux qui se trouvent dans la partie angélique ou humaine s’agenouillent avec une grande révérence, non avec cette joie remarquable qu’ils éprouvent quand on le loue et qu’on le bénit,  mais cependant avec la plus grande révérence à cause de la crainte très sainte que ce nom très saint inspire et de sa noblesse.

 

Puisqu’ils sont dans la béatitude, ils ne peuvent s’affliger de rien, mais il ne se réjouissent pas autant quand le nom de Jésus est blasphémé ou prononcé à mauvais escient que quand il est loué et béni, surtout par des personnes dignes de le faire et agréable à Dieu. De la même manière, quand on prononce les autres noms de Dieu et de la Vierge glorieuse, les esprits glorieux, tant angéliques qu’humains, en rendent gloire dans leur patrie, selon les mérites de ceux qui prononcent ces noms saints. Et, pour cette raison, à chaque fois que la sainte ou une autre personne en sa présence prononçait le nom très saint de Jésus, l’ange glorieux que la sainte voyait continuellement, comme il est dit plus haut, dans un tourbillon d’allégresse et avec un aspect réjoui, s’inclinait avec révérence, avec tant de bienveillance que la sainte servante du Christ, en le voyant, sentait l’amour divin l’enflammer toute entière. Puis la sainte petite servante du Christ dit à propos des âmes endurcies par le péché mortel pendant leur vie, que les esprits malins pèsent sur elles et les dominent par des stratagèmes divers  et en prenant diverses apparences suivant l’importance et le nombre de leurs péchés. Mais quand lesdites âmes manifestent leur contrition et se confessent de leurs péchés, les démons ne les dominent plus ni ne pèsent sur elles, mais ils les entourent de près  pour les tenter afin d’entrer en elles, coûte que coûte par leurs suggestions, et, par leurs tentations, ils leur donnent les plus grandes angoisses. Cependant, après s’être bien confessées, ces âmes ne peuvent plus être mises à mal par les esprits malins, parce que ceux-ci se trouvent affaiblis.

 

 

 

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.