Benoît XVI

Benoît XVI évoque son pontificat, sa renonciation et ses relations avec son successeur

Dans l’esprit d’obéissance

Celui qui s’est décrit dès son élection comme « humble serviteur dans la vigne du Seigneur », était « conscient de (ses) limites » mais convaincu « que l’Eglise est guidée par le Seigneur » : « J’ai accepté (l’élection à la papauté, ndlr) dans l’esprit d’obéissance, affirme-t-il, comme j’ai toujours cherché à le faire dans ma vie ».

Dans les difficultés « plus ou moins grandes du pontificat », raconte le pape allemand, « je me rendais compte que je ne pouvais pas faire seul tout ce que je devais faire et ainsi j’étais contraint à me remettre dans les mains de Dieu, à me confier à Jésus » et à « la Mère de Dieu, la mère de l’espérance qui était un soutien sûr ». Autres soutiens célestes de Benoît XVI : « mes compagnons de voyage d’une vie : saint Augustin et saint Bonaventure, mes maîtres de l’esprit, mais aussi saint Benoît dont la devise ‘nulla anteporre a Cristo’ (ne rien préférer au Christ) m’est devenue toujours plus familière et saint François, le pauvre d’Assise ».

« Chaque jour, se souvient-il, je recevais de nombreuses lettres non seulement des grands de la Terre, mais aussi de personnes humbles et simples » qui exprimaient leur proximité. Soutien qui a continué après sa renonciation : « Je ne peux qu’être reconnaissant au Seigneur et à tous ceux qui m’ont exprimé et me manifestent encore leur affection. »

Benoît XVI formule aussi une recommandation pour les « situations de crise » : « La meilleure attitude est de se mettre devant Dieu avec le désir de retrouver la foi pour pouvoir poursuivre sur le chemin de la vie. »

La renonciation, pour les JMJ

Le pape émérite explique aussi sa décision de renoncer au Siège de Pierre : « J’avais à cœur de mener à terme l’Année de la foi et d’écrire l’encyclique sur la foi qui devait conclure le parcours initié avec Deus caritas est. (…) En 2013, cependant, il y avait de nombreux engagements que je ne pensais plus pouvoir mener à terme. »

Il évoque en particulier la Journée mondiale de la jeunesse qui devait se dérouler à l’été 2013 à Rio de Janeiro au Brésil : « Après l’expérience du voyage au Mexique et à Cuba, je ne me sentais plus en mesure de réaliser un voyage si exigeant ». En effet, explique-t-il, « j’ai expérimenté (…) les limites de ma résistance physique. Je me suis rendu compte que je n’étais plus en mesure d’affronter à l’avenir des vols transocéaniques en raison du décalage horaire ».

Or pour les JMJ, souligne Benoît XVI, « la présence physique du pape était indispensable (…). Une circonstance pour laquelle la renonciation était pour moi un devoir ».

Quant au choix de rester au monastère Mater Ecclesiae dans les jardins du petit Etat, il rappelle que Jean-Paul II avait décidé que cette maison soit « un lieu de prière contemplative, comme une source d’eau vive au Vatican ». Puisque le triennat des Visitandines arrivait à son terme, il décida de s’y retirer « pour continuer à (sa) façon le service de la prière ».

Communion profonde avec François

Enfin, le pape émérite évoque ses relations avec son successeur, faisant état d’« un sentiment de communion profonde et d’amitié ». « L’obéissance à mon successeur n’a jamais été remise en question », ajoute-t-il.

« Au moment de son élection, confie Benoît XVI, j’éprouvai comme beaucoup un sentiment spontané de gratitude envers la Providence. Après deux pontifes provenant de l’Europe centrale, le Seigneur tournait pour ainsi dire le regard vers l’Eglise universelle et nous invitait à une communion plus large, plus catholique. »

« Personnellement, poursuit-il, je suis resté profondément touché, dès le premier moment, de l’extraordinaire disponibilité humaine du pape François à mon égard. Tout de suite après son élection il a cherché à me joindre au téléphone. N’ayant pas réussi, il me téléphona encore une fois immédiatement après la rencontre avec l’Eglise universelle depuis le balcon de Saint-Pierre et me parla avec une grande cordialité. »

Evoquant « un rapport magnifiquement paternel-fraternel », le pape émérite énumère les attentions du pape argentin pour lui : « Souvent m’arrivent ici des petits cadeaux, des lettres écrites personnellement. Avant d’entreprendre des grands voyages, le pape ne manque jamais de me rendre visite ». Benoît XVI, qui vit la « bienveillance humaine » du pape François comme « une grâce particulière de ce dernier stade de (sa) vie », assure de ses prières pour son successeur.

L’ouvrage Servitore di Dio e dell’umanità. La biografia di Benedetto XVI, d’Elio Guerriero, directeur de la revue théologique Communio, est aussi préfacé par le pape François. Ce dernier rend hommage au « courage » et à la « détermination » de Benoît XVI face aux situations difficiles.

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