Amoris Lætitia : le “non possumus” de 45 théologiens

francois non possumus

Amoris Lætitia : le “non possumus” de 45 théologiens

Le blogue de L’Homme nouveau reproduit entièrement la partie principale d’un document adressé à tous les membres du Sacré Collège :

« La publication de l’exhortation post-synodale Amoris lætitia a entraîné beaucoup de discussions et de réactions, notamment en raison de certains passages que certains ont estimé incompatibles avec l’enseignement antérieur sur le mariage. Une information digne de foi avait fait connaître que 45 théologiens et personnalités avaient adressé au Doyen du Sacré Collège, le cardinal Sodano, et à tous les cardinaux et patriarches de l’Église, un document concernant l’exhortation apostolique Amoris lætitia. Considérant la confusion causée dans l’Église par l’Exhortation, en raison de son désaccord apparent avec un certain nombre d’enseignements sur la foi et la morale, ces signataires s’étaient sentis obligés en conscience de dire publiquement aux autorités hiérarchiques que cette situation posait un grave danger pour les âmes (cf. saint Thomas, sur le devoir pour les inférieurs de corriger leurs supérieurs publiquement quand il y a un danger imminent pour la foi, Somme de Théologie, IIa IIæ q 33 a 4, et Canon 212, § 3).

Ce document n’était pas destiné à être rendu public. Il s’adressait légitimement aux autorités de l’Église en leur demandant d’intervenir.

Ce texte, qui n’était donc pas une lettre ouverte, a cependant fait l’objet d’une fuite dans le journal australien The Australian. Plusieurs sites et publications en ont parlé par la suite, le publiant en tout ou en partie.

Pour le public français, il a semblé bon de le faire connaître pour qu’un jugement puisse s’effectuer à partir d’une vision non tronquée du texte et des signataires. Ces derniers ont organisé leur texte en citant les passages de l’exhortation qu’ils mettent en cause, puis en indiquant le degré d’erreur et en citant les références des textes du magistère antérieur sur lesquels ils s’appuient. Prenant acte du fait que l’Exhortation ne se présente pas comme un texte ayant autorité magistérielle, les théologiens signataires estiment que l’on trouve dans l’Exhortation 11 propositions qu’ils qualifient d’hérétiques et 8 propositions qu’ils estiment fausses et scandaleuses, à tout le moins tels que les termes de l’Exhortation peuvent être compris par un lecteur moyen, prout sonant, selon l’expression technique, c’est-à-dire sans tordre le sens des mots. Le but des signataires était de demander à ces hauts prélats d’exhorter le Pape à remédier à cette situation en condamnant par un acte juridique ces propositions, dans le sens où elles apparaissent à tous ».

Bien entendu, les signataires n’ont pas la naïveté de croire que le Pape François va revenir sur un texte auquel il accorde tant d’importance.

Mais ils entendent poser une borne pour l’avenir. Sachant que de très nombreux prélats avaient manifesté leur opposition, lors des deux synodes de 2014 et 2015, aux propos qui sont devenus la matière de l’exhortation apostolique Amoris lætitia, et que certains ont commencé, après la publication du texte, à manifester leur mécontentement (le denier en date étant le cardinal Carlo Caffarra, archevêque émérite de Bologne : on le trouvera ici sur RéinformationTV).

Les 45 entendent donc poser une borne pour l’avenir : une part non négligeable de l’Église du Christ exprime par leur bouche qu’elle ne « reçoit pas », selon l’expression technique, ce texte, qui n’a aucun des caractères de l’infaillibilité.

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