Culture gay” dans les séminaires

Diarmuid Martin

“Culture gay” dans les séminaires : le Primat d’Irlande réagit

Le site italien La Nuova Bussola a publié, le 4 août, un article particulièrement instructif de Riccardo Cascioli consacré aux décisions courageuses de Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin et Primat d’Irlande, pour protéger les séminaristes des dangers de la “culture gay” présente dans le séminaire national de Maynooth. Ces dangers ne sont pas, certes, réservés à l’Irlande comme l’ont démontré nombre de précédents : États-Unis, France… mais il est grand temps de “faire le ménage” dans l’Église universelle.

L’archevêque de Dublin a pris ses responsabilités. Aux autres, à tous les autres, de prendre les leurs. Voici de larges extraits de l’article de Riccardo Cascioli, traduits par nos soins.

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C’est une bombe qui frappe l’Église irlandaise, mais qui devrait avoir le mérite d’ouvrir les yeux de l’Église catholique tout entière, rien de moins.

Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin, vient en effet de retirer ses séminaristes du séminaire national de Maynooth, initiative spectaculaire provoquée par l’ambiance homosexuelle qui règne dans cette institution. Cette décision devrait provoquer un séisme. Mgr Martin est l’un des quatre membres de la commission épiscopale de tutelle de ce séminaire, symbole de l’Église irlandaise. Le séminaire de Maynooth (Maynooth College) a été fondé en 1795, et construit pour accueillir plus de 500 étudiants. La crise postconciliaire et les scandales de pédophilie qui ont secoué l’Irlande ont provoqué une chute spectaculaire des vocations. Une soixantaine d’étudiants devaient rejoindre le séminaire en septembre. Mais ce chiffre pourrait être encore plus bas. En plus des trois séminaristes du diocèse de Dublin qui iront étudier au Collège irlandais de Rome, des indiscrétions font mention en effet de six autres séminaristes qui auraient décidé de quitter l’institution suite aux pressions homosexuelles reçues.

La décision de Mgr Martin a été provoquée par la certitude qu’il a acquise de la présence d’une “culture homosexuelle” largement implantée dans le séminaire, dont témoigne en particulier l’utilisation par beaucoup de séminaristes de l’application Grindr, l’application internet la plus répandue au monde pour les discussions et rencontres homosexuelles. Il aurait reçu des lettres anonymes d’étudiants décrivant la situation et qui auraient été victimes d’agressions. Face aux informations reçues et aux sollicitations, Mgr Martin dénonce l’inaction des responsables du séminaire à qui il avait proposé lui-même d’envoyer des personnes qualifiées pour vérifier le contenu des accusations. Sa conclusion est claire : « Il règne à Maynooth un climat malsain, inadapté pour les étudiants ». Désormais, les séminaristes de Dublin iront étudier à Rome.

Certains disent que c’est tomber de Charybde en Scylla. Même si le Collège irlandais a été “nettoyé” il y a cinq ans, grâce au remplacement de tous les responsables à la suite d’une visite canonique qui avait constaté des agressions homosexuelles, il n’en demeure pas moins qu’à l’ombre du Vatican, l’homosexualité parmi les prêtres et les séminaristes ne relève pas seulement de la blague. En tout cas, le nouveau recteur du Collège irlandais est un ex collaborateur de Mgr Martin auquel celui-ci pense pouvoir se fier.

Pour qui connaît l’Église en Irlande, la décision de Diarmuid Martin n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Des bruits courent sur Maynooth depuis des décennies (certain l’ont même rebaptisé Gaynooth !). Mais ce ne sont pas seulement des rumeurs. Il y eut, dans les années 80, la dénonciation par le père Gerard McGinnity, alors doyen de Maynooth, auprès des sept évêques responsables, de cas d’abus sexuels de jeunes candidats au sacerdoce par Mgr Micheàl Ledwith, le doyen de l’époque. Une enquête avait été diligentée, mais les accusations n’avaient pu être prouvées. Le Père McGinnity fut contraint à la démission, et envoyé en exil dans une minuscule paroisse du nord du pays, tandis que Mgr Ledwith poursuivait sa carrière comme président du collège jusqu’à sa démission subite en 1994. On devait apprendre en 2002, que Ledwith avait obtenu un arrangement juridique à l’amiable avec un ex séminariste qui l’accusait d’abus sexuels [Il a été ensuite réduit à l’état laïc et a formellement quitté l’Église – note du traducteur].

Maynooth est revenu au centre de l’actualité en 2010, lorsque le pape Benoît XVI a ordonné une visite canonique dans tous les séminaires d’Irlande suite aux gravissimes scandales de pédophilie. Par ailleurs, sur le bureau des autorités judiciaires, il y avait aussi la plainte d’un ex séminariste ayant plainte pour graves abus sexuels de la part du directeur spirituel, entre 2007 et 2009. Dans tous les cas, le rapport sur cette visite canonique n’a jamais été publié, mais en 2001, des bruits avaient couru sur une fermeture immédiate du Collège et du transfert de tous les séminaristes à Rome. Rien ne se fit, mais il est inévitable que le projet revienne à la surface aujourd’hui.

L’initiative n’appartient qu’à Rome car, en Irlande, Mgr Martin est isolé, et pas seulement sur la question du séminaire. Parmi les évêques « garants » de Maynooth, tous ont pris position en faveur des responsables du collège, comme les autres évêques du pays. Un seul autre ordinaire s’apprêterait à retirer ses propres séminaristes.

De toute façon, ce nouveau scandale irlandais replace au centre de l’attention – grâce au courage de l’évêque de Dublin –le grave problème de l’homosexualité dans le clergé, et pas seulement en Irlande. Il nous oblige à nous rappeler de cette vérité dérangeante devenue aujourd’hui un tabou, à savoir que le soi-disant « scandale de la pédophilie » dans l’Église concerne bien davantage l’homosexualité que la pédophilie proprement dite.

Je voudrais rappeler à ce sujet l’interview donnée à La Bussola par le psychothérapeute Gérard Van den Aardweg à propos des deux rapports du John Jay College of Criminal Justice (JJR) de 2004 et 2011, où il commentait la recherche entreprise aux États-Unis sur ces phénomènes. Il expliquait : « 82 % de tous les actes commis entre 1950 et 2002 avaient pour cible des personnes de sexe masculin. 12 % étaient âgées de moins de 11 (âge supposé de la puberté), le reste, 70 %, entre 11 et 17 ans. Ceci veut dire que la grande majorité des cas concerne l’homosexualité “ordinaire”. De manière générale, les pédophiles ne s’intéressent pas à des enfants du même sexe, et pas davantage les hétérosexuels. En outre, il est indéniable qu’une bonne partie des hommes ayant des orientations homosexuelles sont attirés par les adolescents et les préadolescents ». Puis, commentant, la diminution drastique des cas de pédophilie après les années 80, Van den Aardweg notait que la tendance homosexuelle n’avait pas diminué parmi les prêtres, mais que « l’âge des partenaires sexuels des séminaristes et des prêtres augmente au fur et à mesure que le comportement homosexuel est de plus en plus toléré ouvertement et normalisé ».

Il n’est donc pas surprenant que l’on puisse parler aujourd’hui d’un véritable lobby gay, consolidé au cours des années passées, et qui a acquis des positions importantes aux sommets de l’Église, au point d’influencer y compris le dernier Synode sur la Famille, et qui, sous prétexte d’accueil vise clairement à changer de facto la doctrine catholique sur le thème de la sexualité.

L’attitude très accommodante de nombreux évêques (y compris italiens) ne peut donc pas surprendre sur la question de la reconnaissance des unions entre personnes de même sexe. La défense de la famille naturelle (fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme) n’est plus qu’une feuille de vigne. Revendiquer la différence entre famille naturelle et union homosexuelle ne sert plus ainsi à défendre le mariage, mais à légitimer ces unions homosexuelles dont la reconnaissance par l’État est clairement contraire au magistère de l’Église. […]

Une dernière remarque à propos du rapport entre tolérance et promotion affichée des comportements homosexuels et les déviations par rapport au Magistère. Maynooth College est connu non seulement pour la “culture gay” qui y règne, mais aussi pour ses tendances libérales en matière de théologie, surtout morale. On ne compte plus de nombre de cas de séminaristes qui ont été “virés” depuis des années pour leur supposée “rigidité doctrinale”, c’est-à-dire parce qu’ils étaient fidèle à ce que l’Église enseigne depuis deux mille ans. Ceci arrive, hélas, aussi dans tant de séminaires et de congrégations religieux, autre indice de la situation actuelle de l’Église. Des vocations authentiques au sacerdoce sont détruites par des prédateurs sexuels ou des docteurs du relativisme théologique qui règnent en maîtres dans les séminaires et ailleurs. Il est scandaleux que, d’une part, on se plaigne de la chute des vocations, et que, de l’autre, on détruise ceux qui y sont appelés.

En ce sens, l’initiative de Mgr Diarmuid Martin devrait être considérée comme un cri d’alarme pour que quelqu’un intervienne à Rome afin de rendre à leur véritable vocation tant de séminaires – pas seulement Maynooth […].

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