le démon se transformera en ange de lumière

D’autres fois le démon se transformera en ange de lumière; il simulera mon langage et ma manière de parler, afin de prendre empire sur une âme, et puis, il lui glissera l’erreur et le mensonge, sources de tout péché

Soeur Marie Lataste (1822-1847) Signes auxquels on reconnaît l’esprit de Dieu dans les visions ou les révélations

Le Sauveur Jésus m’a dit un jour :

On craint que ce ne soit pas ma parole que vous entendez. Afin de détromper ou de rassurer ceux qui vous dirigent, je veux vous indiquer la différence qui existe entre une personne trompée par le démon ou égarée par son imagination et celles qui sont conduites par l’Esprit de Dieu.

Faites connaître mon enseignement à ce sujet, et qu’on vous juge après sans crainte de se tromper.

Ma fille, à quels signes reconnaît-on le principe des choses extraordinaires qui se passent dans une âme vertueuse? Je vais vous l’indiquer.

Si le démon ou l’imagination sont le principe de ces merveilles en cette personne, elle demeurera encore vertueuse, au moins extérieurement. Mais examinez sa conduite et sa manière d’agir; vous y découvrirez promptement un orgueil secret, une certaine fierté, un attachement à tout ce qu’elle éprouve et très peu de docilité.

Elle sera sans douceur, mansuétude, humilité et simplicité. Si elle obéit, elle obéira par orgueil. Si l’orgueil ne trouve pas de soutien dans son obéissance, elle n’obéira pas.
Elle parlera beaucoup à tout le monde et avec plaisir de ce qu’elle éprouve; ou bien elle le cachera et n’en dira rien, pas même à son directeur; elle usera de détours et de ruses, elle manquera de droiture, de simplicité.

Ces signes sont infaillibles; une personne orgueilleuse, insubordonnée, hypocrite et fausse n’est point une personne conduite par l’Esprit de Dieu, mais par les penchants de sa nature corrompue.

Celles, au contraire, qui sont dirigées par l’Esprit de Dieu sont humbles, soumises et unies à Dieu, indifférentes à toutes choses, sans volonté propre et obéissant en tout, sans chercher ou demander raison des ordres qu’elles reçoivent.

Elles ne parlent à personne de ce qu’elles éprouvent. Elles restent dans l’oubli et le silence de leur cœur; elles en parlent pourtant à leurs directeurs, et c’est là le premier mouvement que j’inspire à leur âme.

Les unes en parlent facilement, mais toujours avec cette humilité qui est le signe distinctif de mon esprit et de mon cœur; les autres n’en parlent qu’avec peine, elles en parlent néanmoins et gagnent plus de mérite en surmontant leur peine à parler de ce qui se passe entre elles et moi.

Naturellement le directeur de ces personnes cherchera à les éprouver. Il leur fera même subir des épreuves très pénibles et très difficiles. Elles supporteront tout sans se plaindre et avec une patience admirable, parce qu’elles auront toujours mon exemple sous leurs yeux. Rien ne les rebutera, elles se soumettront à tout.

Elles feront aujourd’hui ce qu’on leur commandera et ne le feront plus demain si on le leur défend. Elles agiront moins par elles-mêmes que d’après la volonté de leur directeur. Elles auront foi à sa parole comme à ma propre parole et ne se fieront nullement sur elles.

À ces signes on reconnaîtra l’esprit de Satan ou mon esprit en ces personnes, les mouvements de mes grâces les plus signalées.

Quelquefois, c’est mon esprit qui travaille une âme comme un laboureur le champ de sa famille; mais le démon veut y semer l’ivraie de son esprit et étouffer le bien que j’ai fait à cette âme.

Le démon, ma fille, n’agit pas de la même manière vis-à-vis de toutes sortes de personnes. Il consulte le caractère, l’inclination, la force ou la faiblesse de chacun; il considère l’état des âmes, leur amour pour moi ou leur peu d’affection, et puis il commence habilement son œuvre.

Il voit une personne pieuse comblée d’une de ces grâces si admirables et si admirées parmi les saints. Que fait le démon? Il essaye de la porter à la vanité, de lui faire comprendre qu’elle doit être quelque chose puisqu’elle a reçu de pareilles grâces.

S’il est repoussé, il ne se décourage point, il revient à la charge et il l’importune si fort que, si cette âme n’y apporte prompt remède et ne court à moi dans ces circonstances, le souffle du démon sera en elle comme un levain qui la fera fermenter dans la révolte contre son Sauveur par l’orgueil le plus coupable et le plus criminel.

Une autre personne reçoit les mêmes faveurs. Que fera le démon? Il lui inspirera de les tenir cachées, de n’en parler à personne. Ainsi il troublera sa paix et son repos et la détournera, par ces inquiétudes, de Dieu et de la vertu.

Que fera le démon vis-à-vis d’une autre personne ainsi favorisée? Il la poussera à en parler facilement, elle en entretiendra ses amis. Ils divulgueront cette nouvelle, qui relèvera l’estime que l’on a d’elle. Elle s’en apercevra et recevra sans s’en douter le germe d’orgueil que le démon lui glissera aussitôt dans l’âme. Elle se croira élevée au-dessus des autres. Pauvre âme! L’orgueil l’aura abaissée plus bas que terre et séparée de Dieu.

D’autres fois le démon se transformera en ange de lumière; il simulera mon langage et ma manière de parler, afin de prendre empire sur une âme, et puis, il lui glissera l’erreur et le mensonge, sources de tout péché.

Enfin, ma fille, quand une personne est vertueuse et qu’elle éprouve les bienfaits de ma grâce, sans pourtant participer à mes grâces que je n’accorde que par un effet tout particulier de ma bonté, le démon se sert de toutes les dispositions qui sont en elle pour la perdre.

Si son imagination est vive et son tempérament pétulant, il la frappera par certaines visions, lui persuadant qu’elle a des révélations, et elle le croira si fort qu’il n’y aura point moyen de la dissuader. Il se servira de sa négligence, de son imprudence, de sa trop grande familiarité, en un mot de tout ce qui peut être défectueux en elle pour l’entraîner à sa perte et à sa ruine.

Toutes ces personnes doivent dire à leur directeur ce qui se passe en elles, sans cela elles tombent infailliblement dans les pièges de leur plus grand ennemi.

Le directeur connaîtra si elles sont dans la bonne voie d’après leur obéissance et leur soumission à ses avis et à ses conseils. Si elles n’écoutent point la voix de leur directeur, elles ne sont point conduites par mon esprit.

Si elles cachent ce qui leur est dit, et si celui qui leur parle les oblige à ne rien dire à leur confesseur, elles ne sont point conduites par mon esprit, ce n’est pas ma voix qu’elles entendent; car je n’ai jamais défendu de parler de ce que je disais, d’en parler du moins à ceux qui dirigent les âmes que je me plais à enseigner.

Écrivez ces mots, ma fille, ils seront utiles à beaucoup d’âmes illusionnées et trompées par l’esprit de mensonge, quand elles les auront lus.

Écrivez-les et celui qui vous dirige verra bien clairement quel est le principe qui les a dictés. Il y verra un caractère de franchise et de vérité qui n’appartiennent point à Satan, mais seulement à la vérité incarnée, à Dieu lui-même. Qu’il vous juge et qu’il dise franchement à son tour ce qu’il pense de vous et de celui qui vous parle.

Allez en paix, ma fille, votre directeur sait bien que c’est moi qui vous parle. Depuis longtemps il aurait mis fin aux épreuves qu’il vous impose. C’est au souffle de mon esprit qu’il les continue et que son directeur l’engage à les continuer.


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